‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 116 sur 231 · OL. cxiii, 1] préparatifs d'alexandre · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 1] préparatifs d'alexandre

qui, lorsque les Macédoniens avaient quitté l'Arachosie pour marcher en avant, était allé trouver Bessos en Bactriane, puis, lorsque Fentreprise du satrape eut misérablement échoué, s'était tourné vers le vainqueur et depuis lors le servait avec un fidèle dévouement *. Au moyen de ces relations, Alexandre pouvait s'instruire suffisamment de tout ce qui se rapportait à rinde, de la nature du sol et de ses habitants, pour déterminer avec quelque précision la marche de son entreprise, ainsi que les préparatifs et les forces qu elle exigeait.

Dans les dispositions qu'il avait prises au cours de la dernière année, on ne peut méconnaître une appréciation exacte des difficultés qui l'attendaient. L'armée disponible, qui depuis l'anéantissement de la puissance des Perses n'avait pas besoin d'être fort importante pour soumettre séparément les satrapies, ne constituait pas, avec l'effectif qu'elle avait eu en Bactriane durant les deux dernières années, une force suffisante pour lutter contre les Etats de l'Inde, lesquels possédaient une nombreuse population et des forces militaires considérables. Sans doute, grâce aux milliers de recrues incessamment acheminées sur l'Asie, — Macédoniens tenus probablement au service militaire-, mercenaires thraces, agrianes, hellènes, alléchés par le butin et la gloire, — le premier effectif de 33,000 combattants, avec lequel Alexandre avait commencé son expédition en 334, avait dû doubler dans Fespace de six ans % et cela malgré les pertes dues aux efforts

*) Arrian., IV, 30, 4. L'expression d'Arrien : r,\j-o'^'-Ar;/.t'. i~ Ba-/.-:pa r.y.-A Br,(T(7ov, indique que le domaine de Sisicottos se trouvait dansTIude appartenante la satrapie de Bactriane (au nord du fleuve Cophène). C'est à lui que pensait l'auteur suivi par Q. Curce (VII, 4, 6), lorsque Bessos promet à ses complices venturos... etindos.

-) C'est l'idée que suggère le y.aTa)>é^a'. d'Arrien (I, 24, 2) — r, <7-:oa-:'.à xaTaÀeyÔeîaa (I, 29, 4).

3) Il est impossible, avec la façon sommaire dont Arrien le plus souvent note ces détails, de calculer la somme de renforts incorporés ù l'armée depuis 333. Les renseignements fournis par Diodore et Q. Curce d'après Clitarque sont plus abondants, mais suspects. Suivant eux, l'armée a reçu :

. . cavaliers 2.100 ^ ^ 1.000

à Suse

fantassins

en Médie. , . .

en Drangiane . .

en Bactriane . .

Vf)8 i/aumi^m: d'ai.kx amhu: |lll, ',\

incossanis, luw marches à travers des montagnes couvertes (le nei{;<' cl des déstii'ts, aux iiilliicnccs du climal (?t à l;i mauvaise hygiène d'une existence qui connaissait aussi souvent les privations (|ue l'excessive abondance. Mais, d'autre ])art, le roi avait renvoyé dans l(;urs foyers les alliés hellènes et thessaliens; il avait aussi laissé des troupes en grand nombre conmie g*arnison des pays occupés et des principales places d'armes. Le territoire bactrien, à lui seul, occupait un corps de 10,000 fantassins et de 3,. "iOO cavaliers \ et Alexandrie d'Arachosie, Ecbatane, Babylone, rËgyptc, etc., ne devaient pas absorber moins de forces militaires, bien que, très probablement, les satrapies de l'Ouest tirassent le complément de leur garnison, non pas de la grande armée, mais bien d'Europe. Pour la campagne de l'Inde, le roi avait renforcé son armée à l'aide des populations guerrières des pays de l'Ariane et de rOxus -. L'équipement de la flotte de l'Indus montrera bientôt qu'il se trouvait aussi dans l'armée un nombre considérable de Phéniciens, des \Cvpriotes et des Égyptiens '. D'après un renseignement qui mérite confiance, l'armée, au moment de son départ pour l'Inde, comptait 120,000 combattants \

On voit donc que cette armée, si elle était encore, au point de vue de l'organisation % une armée gréco-macédonienne,

*) C'est le chiffre donné par Arrien (IV, 22, 3).

2) Arrien (V, U, 3) mentionne des cavaliers d'Arachosie et des Paropamisades, plus (V, 12, 2) des cavaliers bactriens, sogdiens, scythes, et des Dahes qui servent comme archers à cheval. Le chilTre de 30,000, donné par Q. Curce (VIII, 5, 1), doit provenir d'une confusion avec la levée déjeunes garçons qui sont incorporés en 324 à Farmée (Arrian., VII, 6, 3).

^} A R RI AN., Ind., 18.

*} T,6r) yàp "/.a-, ocooexa [i.'jpiaôe<; aura) \La.Y^i\j.ot. tiitovzo <7'jv oTç àizo Oa^dccrc/jç xe a'JTo; àvTiYays xa'i auOtç o\ Iti'. cruXXoyriV a'JTÔ) cripaTir,; 71&[;.90£vt£; f,xov £-/ovt£ç, •:xavToîa eOvsa papêap'.xà aiJ.a oi ayovta xa\ TCûcaav \c,ir,y couAi^fJ-Éva (ArriaN., Ind.^ 19). Q. Curce (VIII, 5, 4) donne également ce chiffre de J 20,000 au commencement de la campagne de l'Inde. Plularque [Alex., 64) compte, lors de l'embarquement sur Tlndus, 120,000 hommes de pied et 15,000 cavaliers.

") On rencontre, cités par leur nom, durant cette expédition de l'Inde, les régiments suivants : d'abord les anciens, celui de Cœnos (Arrian,, IV, 25, 6;, de Polysperchon (IV, 25, 6), de Méléagre (IV, 22, 7) ; celui de Cratère est mentionné pour la dernière fois dans la dernière expédition de Bactriane (IV, 22, 1) et ou bien est resté en Bactriane ou bien, par suite de la promotion de Cratère cà un grade plus élevé, a été donné à un autre stratège; puis viennent les régiments déjà nommés durant l'expédition de Bactriane :

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