OL. cxiii, I] l'ai\mée d'alexaxdre i
ne Tétait plus au point de vue matériel ; et le fait même que la prochaine campagne fut accomplie avec cette armée permet de tirer des conclusions certaines sur la forte discipline, sur Fadministration et Torganisation des troupes, sur l'autorité des chefs, et principalement sur l'esprit militaire et la haute capacité du corps des officiers; toutes choses dont les documents de ce temps ne disent, il est vrai, à peu près rien, et qui sont pourtant des plus nécessaires pour apprécier la valeur historique et militaire d'Alexandre. L'armée, qui recevait une telle quantité d'éléments étrangers dans le cadre d'une solide organisation [macédonienne et se les assimilait, devenait un noyau et, s'il est permis de s'exprimer ainsi, une école d'adaptation hellénistique qui, en même temps qu'elle naissait dé la nature même du nouvel empire^ pouvait seule en rendre la formation possible. Quand on voit Alexandre, ainsi qu'il l'a-
celui de Philotas (IV, 24, i), d'Alcétas (IV, 22, 7), d'Attale (IV, 2-4, 1), cle Gorgias (IV, 22, 7), de Clitos, probablement Glitos le Blanc (IV, 22, 7), de Balacros (IV, 24, 10) : enfin les régiments de Philippe (IV, 24, dO), de Pithon (VI, 6, 1), d'Antigène (V, 16, 3. VI, 17, 3). Comme Antigène est cité à plusieurs reprises au temps des Diadoques comme commandant d'hypaspistes, il résulte de l'expression d'Arrien (V, 16, 3) : tûv Tzt^Siv Tr,v cpaXayya ^sXeuxw xoCi 'AvTtyévsi xai Taupwvt, que le régiment d'Antigène n'était pas composé d'infanterie pesante et n'était point, par conséquent, une phalange proprement dite. Philippe, fils de Machatas, est déjà nommé satrape dans rinde avant la bataille de l'Hydaspo, et, si c'est ce même Philippe qui était le stratège de cett-e lâhc, elle a dû être donnée à un autre, peutêtre à Pithon, fils de Crateuas (tûv Trs^eracpwv xaXoupilvcûV T^^v IIsiOwvo; xà^iv, (Arrian., VI, 6, 1). Le régiment de Pithon pourrait donc être le même que celui de Philippe. — Quant à la cavalerie macédonienne des hétœres, ses cadres s'étaient élargis peu à peu depuis 330. On nous dit qu'une moitié [o\ yjfjLtaeîç) de la cavalerie marchait avec Héphestion et Perdiccas, et l'autre moitié avec le roi (Arrian., IV, 23, 1), et, dans un autre endroit, Arrien rapporte que le roi avait avec lui xtbv ctitcIwv to àyY]{j,a xa\ xîov aXXœv ixalpwv £ç xÉTaapaç (j-aXcata i7i7rap-/taî (IV, 24, 1). Par conséquent, la cavalerie comprenait huit hipparchies, sans compter Varjcrna. Sur ces huit hipparchies, on trouve cités en passant cinq noms d'hipparques, à savoir : Héphestion, Perdiccas, Démétrios (V, 12, 2), Clitos (Vf, 6, 4), Cratère (V, H, 3). Vagcma est sous les ordres de Cœnos (V, 16, 3). On peut se faire une idée de l'effectif dés hipparchies par ce qui se passe à la bataille de rilydaspe, où quatre de ces corps, avec les cavaliers sogdiens, bactriens, Scythes, et les 1,000 archers dahes à cheval (V, 16, 4) forment 5,000 hommes (V, 14, 1). Naturellement, le fait qu'il a péri dans cette bataille 20 héteeres contre 200 Barbares (V, 18, 4) ne peut servir de règle pour apprécier l'effectif de tel ou tel corps.
.100 DÉPAUr l)i: F-\ IIACTUIANK [III, '.\
v.'iil l'ail cil I]i;y[>le, dans les coiilrrrs do la Syj'i(!, dans Tlran cl a IJacIriane, laisser aussi dans l'Inde des milliers de ses soldais, comme garnison li. comme ciloyens des nouvelles cités, on devine le molif pour lequel il adniil \\n si ^rand nombre d'Asiali(iu«'s dans son armée, et c'est là, plus que tout le reste, une preuve de la lof^ique hardie de sa pensée et de la confiance qu'il avait dans la justesse et la puissance de son plan: Aussi comprend-on qu'il ne se soit pas laissé dévoyer par l'opposilion que tentait de lui faire l'orgueil macédonien et lo libéralisme hellénicjue. Avec le prestige impérieux attaché à sa personne, il était certain de faire plier malgré tout à sa volonté les fiertés et les timidités qu'il pourrait encore rencontrer.
Vers la fin du printemps de 327, Alexandre quitta la Bactrianc. Les passages des montagnes qui avaient donné tant de peine deux ans auparavant étaient maintenant débarrassés de leur neige, et on avait trouvé d'cibondantes provisions. En suivant une route plus courte *, on atteignit en dix jours de marche la ville d'Alexandrie, située sur le versant méridional de la chaîne.
Le roi ne trouva pas cette ville dans l'état qu'il espérait; Niloxénos, qui n'avait pas rempli sa charge de commandant avec la prudence et la fermeté nécessaires,, fut destitué ; le Perse Proéxès perdit également sa place de satrape des Paropamisades. La population de la ville fut augmentée d'individus racolés dans le voisinage; les hommes de l'armée qui étaient inutiles au service restèrent aussi dans cette cité. Nicanor, qui faisait partie des hétaeres ^, obtint le commandement de la garnison et de la ville, avec ordre d'en continuer la construction. Tyriaspe fut nommé satrape de ce pays ^. Alexandre
1) Arrîen (IV, 22) dit : « en dix jours ; » Strabon (XVII, p. 697) : « par d'autres chemins plus courts : » il est impossible de décider s'il s'agit du col de Kipchak ou de celui de Bazarak ou de quelque autre.
2) Ce Nicanor n'est ni celui de Stagire, qui proclama aux Jeux olympiques de 324 le retour des bannis (Harpocrat., s. v. Dinarch., I, § 81), ni le parent de Parménion, mais probablement le père du Balacros qui était à ce moment gouverneur de Cilicie.
^) Le fait que le Caboul est désigné comme frontière de la satrapie (£C7t3 £u\ Tov Ka)cpr,va uoxafi-ov . Arrtan., IV, 22,5) fait supposer que la région au sud du fleuve fut attribuée à la satrapie « en deçà de l'Indus », ou plus probablement à l'Arachosie.