OL. cxiii, 1] messages aux princes
traversa ccUc belle contrée, riche en fleurs et en fruits, et se dirigea d'abord sur Nicaea '. Les sacrifices qu'il offrit à Athêna marquèrent, suivant sa coutume, U commencement d'une nouvelle campagne.
L'armée s'approcha des frontières des Paropamisades, qui devaient se trouvera l'endroit où finit la plaine supérieure du Cophène. Le fleuve, déjà large, entre ici dans la vallée rocheuse qui forme comme une porte pour pénétrer dans le pays de l'Indus. Sur sa rive sud, il est accompagné par les contreforts du haut Sefid-Kouh, qui, depuis Dâka jusqu'à la forteresse d'Ali-Mesdjid et à Bjamroud, un peu avant Peschâvar, forment, sur la rive droite du fleuve, les défilés de Khaïbar, longs de sept milles ; tandis que, sur la rive gauche, de nombreuses et importantes ramifications se détachent de la haute chaîne de l'Himalaya occidental comme des barres transversales venant du nord, et atteignent presque jusqu'à la rive. Le Choaspe (Kameh ou Kounar) et, plus loin à l'est, le Goura^os (Pandjkora), tous deux accompagnés d'un grand nombre d'affluents et de vallées qui viennent y aboutir, forment les nombreux cantons alpestres de ce « pays en deçà de l'Indus », dont les habitants sont compris sous le nom générique d'Açvaka, bien que chaque district, la plupart du temps gouverné par un prince particulier, porte un nom qui lui est propre. Dans la vallée du Cophène même habitent les Astacéniens, qui sont peut-être ainsi nommés parce qu'ils habitent à l'ouest [asta) de l'Indus.
Alexandre avait envoyé de Nicsea aux princes indiens qui régnaient sur le Cophène inférieur et sur la rive de l'Indus des hérauts, les invitant à se rendre près de sa personne pour lui présenter leurs hommages. C'est alors que vinrent le prince de Taxila et beaucoup de rajahs des pays en deçà de l'Indus, avec tout le faste des princes indiens, montés sur des
^) Dans la Notice sur les colonies {Appendice du t. III), j'ai fait remarquer que Nicsea n'était pas l'ancienne capitale de la région, Kaboura (ou Orthospana), et Lassen (II, p. 125) s'est rallié à cette opinion. Si Kaboura (Caboul) a été visitée par Alexandre, c'a été sur le trajet qu'il fit en allant d'Arachosie au Paropamisos, au commencement de 329. Si Begrana n'était pas trop près d'Alexandrie, ce serait là qu'on pourrait chercher Niccea.
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<''N'|»li;iiils pairs de liclics oincnirnls (;l iiwc uimî siiih; l)iillanlc. Ils apporlciiMiL au loi do riches pi'éscnls cl lui ollVirciil leurs (dépliaiils, (jui élaieiil au nnuibredci viuql-cinq et pou- Aai( ni servir à lous les usages. Alexandre leur déclara qu'il ospéi-ail paciliei' loul le terriloirc jusqu'à Tliidus dans le cours de Télé, (ju il léconipensei'ail les j>riiices (jui élaient venus à lui et saurailconlraindre à l'idjéissance ceux qui ne se seraient pas soumis. Son intention, leur dit-il, était de passer l'hiver sur les bords de Tlndus et de châtier, au printemps suivant, les ennemis de son allié le prince de Taxila. Il partagea alors toulos ses forces en deux armées, dont Tune, sous la conduite de Perdiccas el d'IIéphestion, devait descendre la rive droite du (iOphène jusqu'à Tlndus, tandis que lui-même voulait s'avancer avec l'autre par la région, beaucoup plus difficile, qui s'étend au nord du tleuve et qui était habitée par des populations guerrières. Il voulait, par ce double mouvement, rendre impossible une résistance commune de la part des tribus au nord et au sud du Cophène en les attaquant simultanément, et les empêcher de se prêter mutuellement secours; en même temps qu'il s'avancerait par les vallées transversales du nord, on forcerait les défilés du sud, et, en s'avançantpar ces défiléSj on prendrait en flanc les tribus du nord contre lesquelles se portaient les colonnes du roi; enfin, on se réunirait dans la plaine située entre Peschâvar et Attok. Une fois maîtresse des routes et des défilés placés derrière elle, l'armée pourrait se mettre en marche pour passer l'Indus ^
Héphestion et Perdiccas s'avancèrent donc, avec les phalanges (le Gorgias, de Cditos, de Méléagre, la moitié de la
*) Les auteurs ne disent pas, mais la force des choses montre que la marche sur deux colonnes au nord et au sud du Cophène avait le but indiqué dans le texte. Le roi laissa de côté les défilés de Kouroum au sud du Sefid-Kouh, parce qu'ils auraient décentré son mouvement. Strabon (XV, p. 697) motive autrement les opérations d'Alexandre : « Il avait été informé que la région des montagnes, celle du nord, était la plus habitable et la plus fertile, au lieu que celle du sud, ici dépourvue d'eau, là exposée au débordement des fleuves, était partout brûlée du soleil et faite pour les animaux plutôt que pour les hommes. En conséquence, il se dirigea d'abord vers le pays qu'on lui avait vanté, comptant bien aussi que les fleuves qu'il lui fallait traverser seraient plus commodes à franchir près de leur source. »