OL. cxiii, 1] l'armée du xNOrd
cavalerie macédonienne et loiiie la cavalerie mercenaire, en descendant le cours du Cophène, sur la rive droite, qu'habitaient les Gandaréniens, pendant que les princes indiens qui avaient rendu hommage au roi s'en retournaient avec eux dans leur pays. Ils avaient reçu Tordre d'occuper toutes les places importantes et de les soumettre par la force, au cas où elles refuseraient de se rendre ; puis de commencer, aussitôt qu'ils seraient arrivés sur les bords de l'Indus, le pont sur lequel Alexandre avait l'intention de passer pour s'avancer dans l'intérieur de l'Inde K
Alexandre lui-même, avec les hypaspistes, l'autre moitié de la cavalerie, le plus grand nombre des phalanges % les archers, les Agrianes et les acontistes à cheval, traversa le Cophène et se dirigea vers l'est par les défilés de Djèllalabâd. Le Choès ou Choaspe^, qui prend sa source dans les glaciers du Pouschti-Kour, du côté des hauts sommets, se jette ici dans le Cophène, après avoir formé vers le haut, le long des puissantes assises du Khond, une vallée sauvage dont l'autre côté est fermée parla chaîne de montagnes, à peine moins élevées, qui sépare cette vallée de celle du Gouraeos. C'était un terrain extrêmement difficile pour les mouvements militaires. Le
^) Des quatre routes par lesquelles on descend de Caboul à Flndus (voy. Baber, p. 140), il n'y a que celle de Lamghanat qui aille en suivant le Caboul jusqu'au confluent de cette rivière avec l'Indus, soit qu'on passe par le défilé de Kheiber sur la rive sud du Caboul (Elphinstone, Kabid, II, 54, trad. Rûhs), soit qu'on pre'fère le passage infiniment plus difficile de Karrapa sur la rive nord. La campagne d'Alexandre dans les montagnes de la rive gauche du Caboul ne saurait être encore éclaircie convenablement, avec les notions incomplètes que nous avons sur ces régions : on n'a aucune base notamment pour fixer la place des villes et forteresses mentionnées sur le cours du fleuve. Il n'y a qu'un seul point qui ait été fixé avec certitude par le général Cunxlngham, c'est la situation du fort Aornos, la montagne plate de Rani-gat, et, d'après la description que fait le D*" Bellew des ruines laissées sur cette « Pierre-du-Roi », on peut y reconnaître une reconstruction d'architecture hellénistique.
-) Ttov Treî^cTaîptov y.a).o"j[JL£vwv Ta; Toc^e'.ç (Arriax., IV, 23, 1), ce qui ne veut pas dire que les régiments de Méléagre, de Clitos, de Gorgias, ne fussent pas des TisrlTaipo-.. Quel était à l'époque l'effectif des pézétaeres, c'est ce qu'il est impossible de préciser.
3) Le nom de Choès {'^^ôrtç) se trouve dans Arrien (IV, 23, 2) ; Strabon (XV, p. 697) et Aristote(il/ea'or.,I, p.350a. 24) disent le Choaspe(Xoà(77:r,;).
*;0V I.K l'AVS Dl'S ASPASIENS [III, 3
jH'iiplt' (les Asjwisicns' y avait ses liahilalions, sos forteresses el ses nombreux lroui»eaii.\ ; la cajûlale se troiivail sur le (Ihoaspe, à quelques jours de niarcluî vers le nord, el ollraiL de riuiporlance, à cause de la roule des monlagiies qui ]>asse à cùlé (dans la vallée de (liîilral) el se dirii^e en francliissanl la chaîne vers les sources de l'Oxus^. Dès qu'Alexandre eul traversé le (ihoaspe el allcinl les fronlitires sud du pays des Aspasiens, en suivant la vallée qui se rétrécit peu à peu, les habitants s'enfuirent en partie dans les montagnes et en partie dans les places fortes, résolus à résister aux Macédoniens. Alexandre hâta d'autant plus sa marche en avant; accompagné de toute la cavalerie et de huit cents hypaspistcs, auxquels on donna également des chevaux, il s'avança et parvint bientôt à la première ville des Aspasiens. Cette ville était munie d'une double muraille et avait, au pied des remparts, des forces considérables pour les défendre. Le roi, aussitôt arrivé, commença l'attaque; après un combat acharné, où Alexandre lui-même reçut une blessure à l'épaule et où les gardes du corps Ptolémée et Léonnatos furent aussi blessés à ses côtés, les Barbares durent se retirer derrière les murailles de leur cité. L'approche de la nuit, l'épuisement des troupes, la blessure du roi empêchèrent de continuer le combat; les Macédoniens établirent leur camp tout près des murs. Le lendemain matin commença l'assaut; la muraille fut escaladée et prise; c'est alors seulement qu'on aperçut le second mur, qui était plus fort que le premier et gardé arsec le plus grand soin. Cependant le gros de l'armée avait suivi les premiers assaillants ; un nouvel assaut fut aussitôt donné ; tandis que les archers envoyaient de tous les côtés leurs traits contre les postes établis sur les murs, les échelles furent placées; bientôt çà et là
^) Sur ce nom d'Açvaka, traduit exactement par 'luuàatoi ou transformé par assonance en 'A(7(7ay.r,vot, voy. Lassen, II, p. 129, Dans Arrien (IV, 23, 1), ces noms sont employés pour désigner des tribus distinctes : e; Tr,v 'A(77racrîwv xa\ Foupaîtov «/aipav xai 'Acr<7axr,v(«)v. Nous sommes obligés de suivre Arrien.
2) C'est la route par laquelle un des agents du major Montgommery est allé en 1861 de Jellalabad à Yarkand, en remontant la vallée de Chitral jusqu'au bord méridional du plateau de Pamir.