‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 120 sur 231 · OL. cxiii, 2] la capitale des aspastens · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 2] la capitale des aspastens

les créneaux furent escaladés ; les ennemis ne tinrent pas pied plus longtemps et cherchèrent à s'échapper hors des murs de la ville, par les montagnes; un grand nombre furent massacrés ; les Macédoniens, exaspérés par la blessure du roi, n'épargnèrent personne, et la ville elle-même fut rasée \

Ce premier et rapide succès ne manqua pas de produire l'effet qu'on en espérait. Une deuxième ville, Andaca, se rendit aussitôt, et Cratère y fut laissé avec l'infanterie pesante, afin de forcer les autres villes des environs à se soumettre, et avec Tordre de traverser ensuite les montagnes, pour gagner Arigaeon, dans la vallée du Gourseos (Pandjkora)". Alexandre se dirigea de sa personne avec le reste des troupes du côté du nord-est, vers l'Euaspla, afin d'atteindre aussi vite que possible la ville où il espérait pouvoir s'emparer du prince du pays ^ Dès le second jour, il atteignit la ville, mais déjà la nouvelle de son arrivée l'avait précédé; la ville était en flammes et les routes qui conduisaient aux montagnes étaient couvertes de fuyards. Un massacre épouvantable commença alors ; mais le prince lui-même, avec sa garde nombreuse et bien armée, avait atteint déjà des hauteurs où l'on ne pouvait l'atteindre. Ptolémée, qui, au milieu de la confusion, avait reconnu le cortège du prince et l'avait vivement poursuivi, mit pied à terre aussitôt que la pente devint trop raide pour ses chevaux, et, à la tête du petit nombre d'hypaspistesqui étaient autour de lui, il continua la poursuite des fuyards avec toute la rapidité possible. Le prince, faisant alors subitement volte-face avec son escorte, se précipita sur les Macédoniens, se jeta lui-même sur Ptolémée et lui porta un coup de lance dans la poitrine.

*) Arrien (IV, 23) ne donne pas le nom de la ville ; il dit seulement tioX'.ç

-) Sur la position d' Andaca et d'Arigœon, ainsi que sur le Gouraeos (Pandjkora) qui se réunit avec le Souastos (Souat), voy. Lassen, II-, p. 131. CuNNiiNGHAM, The (uicieut geography^ I, p. 82.

^) Arrien (IV, 24, 1) dit : eut tov uoTajjLov xov EùâauXa : le ms. A de G. Mùller [Colhertinus) porte : xov EùauoXsw?; le B, EùacrTiôXEO); : s'il n'y avait pas là de nom de ville, le upo? tt,v tiômv qui vient après, sans nom à la suite, indique une. lacune. Lassen (IP, p. 130) considère l'Euaspla comme l'amuent oriental du Kounar, celui qui se jette dans ce fleuve à Gouyour.

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IMdIcMKM», sîinv('' |i;ii" sa ciiii'assc, mvoya ;ni piiiicc nu coiij» de lance à li\i\<'is les lianclics cl h' jcla nionraiil sin' h' soi. La cluilc (lu juiiicc (ir-cida (le la \iclnii-c; lanilis (|nc Irs .Macédoniens poin'suivaioiil cl niassaci aiciiL l<;s cnin'inis, iu Laj^ide conimoni^a à dc[K)uillor li^ cadavre de s(;s armes. Les Aspasiensh» vironi du haiil des montaj^nes, et, rem])lis d'une fureur sauvayc^ ils se précipilèrenl jwnn' sauver au moins le corps d(i leur prince. Alexandre, pendant ce tem})s, était aussi arrivé; un combat acharné s'ensuivit et ce ne fut qu'avec peine que les Macédoniens conservèrent le cadavre; mais enfin, après une lutte sanglante, les barbares se retirèrent privés de leur chef dans les profondeurs des montagnes.

Ne voulant pas s'avancer davantage dans ces hautes montagnes, Alexandre se dirigea vers l'Euaspla, qu'il remonta vers l'est, afin d'atteindre la ville d'Arigîeon * en traversant les défilés des montagnes, qui mènent ici à la vallée du Gourœos. Il trouva la cité incendiée et abandonnée; les habitants s'étaient enfuis dans les montag^nes. L'importance de cette localité, qui commande la route du Ghoaspe, décida le roi à charger Cratère, lequel arrivait du sud, de faire reconsti^uire la ville, en même temps qu'il donnait l'ordre d'y établir tous les Macédoniens impropres au service ainsi que tous les habitants de la contrée qui se déclarèrent prêts à le faire. De cette manière, les deux défilés qui conduisent au Choaspe furent au pouvoir d'Alexandre, au moyen des garnisons d'Andaca et d'Arigaion. Cependant, il semblait nécessaire de faire sentir la supériorité des armes macédoniennes aux vaillants indigènes qui habitaient lesalpes au nord de la ville, et qui possédaient dans les montagnes une position menaçante. Alexandre s'avança donc d'Arigœon contre la région des alpes et dressa son camp le soir même au pied des montagnes. Ptolémée,

^) Lassex (IP, p. 131) a démontré que la ville de Gorydala ou Gorys(?), comme l'appelle Strabon dans un passage corrompu (XV, p. 697). n'est pas dans les régions élevées des montagnes, comme je le supposais jadis, mais tout près de l'endroit où le Gourœos se jette dans le Cophène. Ritter croyait retrouver Arigaeon dans Bajor, sur le fleuve du même nom : mon opinion, adoptée par Lassex (IP, p. 213) est que cette localité, se trouvait sur le Gourœos (Pandjkora),

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