‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 121 sur 231 · OL. cxnr, 2] défaite des aspasiexs o · texte numérisé non relu

OL. cxnr, 2] défaite des aspasiexs o

envoyé on reconnaissance, rapporta la nouvelle qu'il y avait un i^rand nombre de feux sur les hauteurs et qu'on devait en conclure que l'ennemi avait une supériorité "numérique considérable. L'attaque fut immédiatement résolue. Une partie de l'armée conserva sa position au pied des montagnes^ et le roi, avec le reste des troupes, commença à gravir les hauteurs; aussitôt qu'il fut parvenu en vue des feux ennemis, il donna l'ordre à Léonnatos et à Ptolémée de tourner à droite et à gauche les positions des Indiens, afin de partager leurs forces en les attaquant de trois côtés à la fois, et il s'avança lui-même contre les hauteurs oii se tenait la plus grande masse des Barbares. A peine ceux-ci eurent-ils aperçu les Macédoniens qui s'avançaient, que. confiants dansleurnombre, ils se précipitèrent sur Alexandre, et il s'ensuivit un combat acharné. Pendant le combat, Ptolémée montait de son côté, mais, comme de ce côté les Barbares ne descendirent pas, il fut obligé de commencer la lutte sur un terrain inégal. Enfin, au prix d'efforts extraordinaires, il parvint à gravir la pente ; les ennemis, qui combattaient avec un grand courage, se retirèrent du côté des hauteurs que le Macédonien avait laissées inoccupées afin de ne pas pousser les Indiens à une résistance désespérée en les investissant complètement. Léonnatos avait également obligé les ennemis à plier, et Alexandre poursuivait déjà le corps principal du centre après l'avoir battu. Ln affreux carnage acheva cette victoire péniblement remportée : 40,000 hommes furent faits prisonniers; d'immenses troupeaux de bœufs, qui formaient la richesse de ces montagnards, tombèrent aux mains des vainqueurs: Ptolémée rapporte que le nombre des tètes de bétail montait à plus de 230;, 000 et qu'Alexandre choisit les plus beaux de ces animaux pour les envover en Macédoine, où ils devaient servir au labourase ^ Cependant on avait reçu la nouvelle que, dansle bassin limitrophe, celui du Souastos^, les Assacéniens se préparaient en toute hâte, qu'ils avaient fait venir des mercenaires de l'autre côté de l'Indus et avaient déjà réuni des troupes au nombre de

') Arbi\n,, IV, 25. Encore aujourd'hui, on laboure clans ces pays avec des taureaux (Lassen. II-, p. 131.)

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:M),()00 fanlassins, 20,000 cliovanx (;l Irento olt-plianls. Pour all(Mi)(lr<' Iciii- pays, le roi drvail desccndn^ crabord la vallée du Ciouiteus, iloiivc [uolond cl rapide, doul il avait suuniis le bassin supérieur. Il s'avan(;a rapidement avec une partie de ses troupes, landis (pic ('ralère, aveC le reste d(;s boninies et les lourdes niacbines, (juitlait Ari^a;on et niarcbait lentement sur ses traces. Les sentiers des montagnes et les nuits froides rendaient la marcbe pénible, mais la vallée où l'on descendait n'en parut que plus riante et plus ricbe : autour de soi Ton apercevait des vignobles, des bocages d'amandiers et de lauriers, de paisibles villages construits sur la pente des montagnes et d'innombrables troupeaux paissant sur les alpes. On raconte que les personnages les plus nobles du pays, ayant Acoupbis à leur tôle, vinrent trouver le roi dans cette vallée, cl que, lorsqu'on entrant dans sa tente ils le virent assis dans tout Féclat de ses armes, appuyé sur sa lance et la tête couverte d'un casque élevé, ils furent saisis d'étonnement et se prosternèrent. Le roi les invita à se relever et à parler. Ils annoncèrent que leur place forte se nommait Nysa; qu'ils étaient venus de l'Occident dans ce pays ; que depuis ce temps ils avaient vécu indépendants et heureux, sous une aristocratie de trente nobles. Alors Alexandre leur déclara qu'il leur laisserait leur liberté et leur indépendance, qu'Acouphis aurait la préséance parmi les nobles du pays, et qu'enfin ils devaient envoyer quelques centaines de cavaliers à l'armée du roi. Telle doit être à peu près la vérité sur un fait qu'on raconta ensuite en l'ornant des circonstances les plus merveilleuses. Les Nyséens prétendaient être les descendants directs des compagnons de Dionysos, dont la mythologie grecque étendait déjà les expéditions jusqu'à l'Inde; les preux Macédoniens, si loin de leur patrie, se sentirent comme chez eux et entourés des souvenirs du pays \

^) Arriax., V, 1 sqq. Ind. 2. Curt., VIII, 10, 13. Justin., XII, 7. Strab., XV, p. 687. Après les travaux si connus du colonel Ton, de Bohle.x, de RiTTER, etc. (cf. Lassen, P, p. 518. 11'^, p. 135), j'ai cru ne pas devoir m'étendre sur ces contes plus que ne l'exige l'enchaînement pragmatique des laits. Ce qui est sûr, c'est que, si Alexandre se plaisait à voir cette fière conviction répandue dans son armée, ce n'était pas chez lui pure vanité et

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