OL. cxiii, 2] siège de iviassaga o
De Nysa, le roi s'avança vers Test, en traversant le cours rapide du Gouraeos, jusqu'au pays des Assacéniens, qui se retirèrent à son approche dans leurs villes fortifiées. Parmi ces villes, la plus importante était Massaga^, et le prince du pays espérait pouvoir s'y maintenir. Alexandre se dirigea contre elle et posa son camp sous ses murs. Les ennemis, confiants dans leurs forces, opérèrent immédiatement une sortie; les Macédoniens, par une fausse retraite, les attirèrent jusqu'à une demi-lieue des portes, et les Indiens les poursuivirent à la hâte et sans ordre, en poussant de grands cris de victoire. Tout à coup les Macédoniens se retournent et s'avancent au pas de charge sur les Indiens, Tinfanterie légère en avant, suivie par le roi qui marche à la tête des phalanges. Après un combat qui ne dura que peu de temps, les Indiens, qui avaient fait des pertes considérables, prirent la fuite; Alexandre les poursuivit de près, avec l'intention d'entrer dans la ville avec eux, mais son espoir fut trompé. Il s'approcha alors des murailles, afin de déterminer le point à attaquer pour le lendemain ; mais à ce moment, un trait, lancé des créneaux delà ville, l'atteignit et il revint au camp avec une légère 'blessure au pied. Le lendemain matin, les machines commencèrent à fonctionner, et
envie de rivaliser avec les conquêtes de Dionysos. Comme les habitants ont bien des fois changé dans toute cette région, il est impossible d'établir avec quelque certitude des déterminations ethnologiques. Peut-être pourrait-on identifier le peuple des Nyséens, qu'Arrien {Ind. 2) désigne comme n'étant pas de sang indien, au vieux peuple indigène des Kaffres : du moins, tout ce que l'ambassade anglaise à Kaboul a appris sur leur compte (Elphinsto.xe, Kabid, II, 321) concorde avec les descriptions de Q. Curce et d'Arrien (V, 1) : encore aujourd'hui ces tribus mènent une vie. dionysiaque; leurs fifres et tambourins, leurs banquets et promenades aux flambeaux, le cHmat européen et la nature européenne de la contrée, tout cela a bien pu réellement produire sur l'entourage d'Alexandre une impression qui explique ce conte dionysiaque et lui donne la valeur d'un trait de mœurs. Le souvenir que ces peuplades gardent d'Alexandre et de ses Macédoniens, dont ils se prétendent les descendants, est sinon exact, du moins curieux.
1) Il est impossible maintenant de préciser plus exactement la position de Massaga. Cunningham {Geogr. I, p. 82) plac? cette localité à Mangora ou Manglora, sur les bords du Souat. Pour ce qui est des noms de Dœdala et d'Acadira, que Q. Curce cite entre Nysa et Massaga, tout ce qu'on peut dire de la situation des dits endroits, c'est que le même Q. Curce fait encore franchir le Choaspe à l'armée entre ces villes et Massaga, ce qui est une erreur manifeste.
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hiriilol nnc liri'cho lui, pr;ili(|ii(''(' ; l(»s Mac^donioiis clicrchî'nMit à Cl» jHolilcr pour p(''iiélr<'r cliins la ville; mais la couragouso et vigilaiil(! rcsislance de l'ciinomi les força enlin vers 1(; soir à S(i replier. Le jour suivant, Tassaul fut renouvelé avec vigueur, sous la protection iFunc tour de bois qui, par ses projecliles, tenait les assièges éloignés d'uiuiparlie des murailles; cependant il fui impossible de faire un s(;ul pas en avant. La nuit fut employée en préparatifs; on lit approcber des murailles de nouveaux béliers, de nouvelles tortues, et enfin ime nouvelle tour mouvante dont le pont volant devait amener les soldais direclement sur les créneaux. Le matin, les pbalanges s'avancèrent, tandis que le roi lui-même introduisait les bypaspistesdansla lour, en leurrappelantque c'était ainsi qu'ils s'étaient emparés de Tyr. Tous les soldats brûlaient du désir de combattre et de prendre cette ville qui leur résistait depuis déjà trop longtemps. Le pont volant fut abattu; les Macédoniens se précipitèrent dessus ; chacun voulait être le premier; mais le pont, surchargé, se rompit et les plus braves furent précipités dans le vide. A cette vue, les Indiens poussèrent de grands cris; du haut des créneaux, ils lancèrent sur les Macédoniens des pierres, des poutres, toutes sortes de projectiles; puis ils s'élancèrent hors des portes, en rase campagne, pour mettre à profit la confusion des assiégeants. Partout les Macédoniens se retirèrent ; c'est à peine si la phalange d'Alcétas, à laquelle le roi en avait donné Tordre, put arriver à sauver les mourants de la fureur des ennemis et à les porter dans le camp. Tout cela ne fit qu'augmenter l'exaspération et la soif de combat que ressentaient les Macédoniens; le jour suivant, la tour fut de nouveau approchée des murs, et le pont volant s'abattit de nouveau; toutefois les Indiens furent encore heureux dans leur résistance, bien que leurs rangs allassent s'éclaircissant et que le danger devînt pour eux toujours plus grand. Leur prince fut alors atteint par un trait de catapulte qui le tua raide. Cette circonstance porta enfin les assiégés à nouer des négociations pour se rendre à la merci du vainqueur.
Alexandre, appréciant avec équité la valeur de ses ennemis, se prêta volontiers à faire cesser une lutte qu'on n'aurait pu terminer sans une grande effusion de sang. Il exigea que j^