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ville fiit rendue, que les mercenaires indiens fussent incorporés dans l'armée macédonienne et que la famille princière lui fut livrée ^ Les conditions furent acceptées; la mère et la lîUe du prince vinrent dans le camp du roi ; les mercenaires indiens sortirent en armes et allèrent camper à quelque distance de l'armée à laquelle ils devaient désormais être unis. Mais, pleins de mépris pour les étrangers et ne pouvant supporter la pensée d'être obligés de combattre avec eux leurs propres compatriotes, ils prirent la malheureure résolution de s'échapper pendant la nuit et de se retirer au delà de Tlndus. Alexandre en fut averti, et, persuadé que les pourparlers seraient inutiles et les hésitations dangereuses, il les fit cerner et massacrer pendant la nuit. C'est ainsi qu'il se rendit maître des postes importants du territoire des Assacéniens".
Massaga prise, l'occupation de ce pays dépourvu de maître paraissait facile. Après ces événements, Alexandre envoya vers le sud quelques troupes, sous les ordres de Cœnos, vers la forteresse de Bazira, convaincu qu'à la nouvelle de la chute de Massaga elle se rendrait. Une autre division, conduite par Alcétas, se dirigea au nord, contre la forteresse d'Ora ^, avec ordre de bloquer la ville jusqu'à l'arrivée du principal corps d'armée. Mais de fâcheuses nouvelles ne tardèrent pas à
1) L'auteur suivi par Q. Cure- (MIT, 10, 22) et par Justin (XII, 7) donne pour conclusion à ce siège de Massaga une histoire d'amour entre Alexandre et la reine-mère {nupcr Assacano, cujks regnum fuerat, dcfimcto): il met la crédulité de ses lecteurs à une rude épreuve quand il prétend que Thonorable dame, par la séduction de ses charmes, vainquit son vainqueur et lui donna un fils du nom d'Alexandre. Après la lacune qui se trouve dans Diodore (XYll, 83-8 i), il est fait mention de la reine, qui admire la magnanimité d'Alexandre : puis, après une lacune plus courte, vient (XVII, 84) un récit dans lequel on reconnaît à peu près la tournure du combat de Massaga, tel que le rapporte Arrien. Quant on entend dire que les Indiens ont été frappés de terreur par la tour ambulante d'Alexandre, on trouve l'assertion doublement absurde, attendu que ces auteurs ne se lassent pas de citer des choses infiniment plus étonnantes comme tout à fait ordinaires dans l'Inde.
2) ARmAx., IV, 26-27.
^) C'est d'après la direction qu'il faut marquer l'emplacement cte ces deux villes. Ora était plus à portée du domaine d'Abisarès, Bazira non loin de TAornos et de l'embouchure du Cophène. Abisarès ne vint pas en personne au secours de la place : mais il décida les Indiens des montagnes voisines à la soutenir.
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arriver de ces deux côtés : Alcétas avait éprouvé des portes vn repoussant une sortie dos Orites, et Cœnos, hion loin de trouver Bazira disposée à se rendre, avait de la peine à se mainfonir devaiil la ville. Déjà le roi voulait se niettic en marche pour rejoindre Co'nos quand il apprit la nouvelle qu'Ora avait fait alliance avec le prince Abisarès (de Kaschmir) ' et avait reçu par son inlermédiairc un renfort considérable de troupes recrutées parmi les montagnards du Nord. En conséquence, il envoya à Cœnos Tordre d'établir un camp retranché devant Bazira, pour couper les relations de la place, puis de venir le rejoindre avec le reste de ses troupes. Il marcha lui-même en toute haie vers Ora ; la ville, quoique forte et bravement défendue, ne put tenir; elle fut prise d'assaut; un riche butin, parmi lequel se trouvaient quelques éléphants, tomba aux mains des Macédoniens. Cependant Cœnos 'avait commencé à exécuter l'ordre qu'il avait reçu de se retirer de devant Bazira; dès que les Indiens remarquèrent ce mouvement, ils se ruèrent par les portes et se jetèrent sur les Macédoniens; il s'ensuivit un combat acharné dans lequel les Indiens furent enfin contraints de se replier. Bientôt la nouvelle se répandit qu'Ora elle-même était tombée au pouvoir des Macédoniens, et les Bazirites, désespérant de pouvoir tenir dans leur place forte, abandonnèrent la ville sur le minuit, et se retirèrent dans la forteresse d'Aornos, construite sur un rocher près del'Indus et non loin des frontières sud du territoire des Assacéniens.
Par la possession de ces trois places de Massaga, d'Ora et de Bazira, Alexandre était maître de la contrée montagneuse qui s'étend au nord du Cophène, et au sud de laquelle se trouvait le territoire du prince Astès de Peucéla ^ Ce prince avait,
^) On voit, par les légations qu'il envoie à Alexandre, qu'Abisarès était le prince de Kaschmir : son alliance avec Porus contre Alexandre, d'une part, et avec les peuples habitant à l'ouest de l'Indus, d'autre part, n'est possible que de Kaschmir : ajoutez à cela que, d'après Wilso.n, les anciennes annales déKaschrnir appellent la partie méridionale de la contrée Abhisdram (Lassen, Penta iwtam.,p. 18. Ind. Alterth., IP, p. 138).
2) La IIsuxsXatbTtç d'Arrien (IV, 28, 6) est Poushkalavati sur le Souat, au-dessous de son confluent avec le Gourseos (Pandjkora), à peu près deux lieues avant l'endroit où il se jette dans le Cophène. Le fleuve s'appelle As-