‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 124 sur 231 · OL. cxiii, 2] astès de peucéla o · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 2] astès de peucéla o

paraît-il, agrandi son pays aii\' dépens de ses voisins et s'étaiti même implanté solidement au sud du Cophène ; Sangaeos, qui s'était retiré près de Taxile en qualité de fugitif, avait été dépouillé par lui de sa puissance; lorsque les hérauts d'Alexandre avaient convoqué à Nicsea les princes de Tlnde, Astès n'avait pas plus obéiqu'Assacénos. Mais l'heureux progrès des armes macédoniennes, l'approche du roi, la mort d'Assacénos, poussèrent le prince de Peucéla à abandonner son pays d'origine et à chercher un refuge sur son nouveau territoire, au sud du Cophène, afin de ne pas se trouver, en personne du moins, en face du grand roi et de sa terrible armée. Dans ce pays, et retranché dans une forteresse construite sur un rocher, il espérait pouvoir tenir tête à l'armée macédonienne du sud. Cependant Héphestion s'étant avancé, avait pris position devant la place et s'en était emparé après un siège de trente jom^s; Astès lui-même avait trouvé la mort dans l'assaut, et Sangseos, qui se trouvait près de Taxile, fut mis en possession de la ville avec l'agrément d'Alexandre. Peucéla ^ elle-même, sans chef et sans défenseurs, se soumit volontairement, dès qu'Alexandre s'avança du pays des Assacéniens, qui était voisin, et elle reçut une garnison macédonienne. Son exemple fut suivi par les autres villes moins importantes jusqu'à rindus, et le roi atteignit le fleuve, en descendant vers Embolima, à quelques milles au-dessus de l'embouchure du Cophène \

La région des Paropamisades jusqu'à l'Indus fut ainsi soumise dans le cours de l'été, au moyen d'une série de combats sérieux et pénibles. Sur la rive sud du Cophène, où la vallée

tes (Arrian., IV, 22, 8), probablement du nom des 'AffTaxr.vot (Arriax., Ind., I, 1).

1) Sur la situation de ces deux localités, les textes ne nous donnent pas de renseignements précis; cependant le nom d'Orobatis, que reçut le fort occupé par les Macédoniens, joint à cette circonstance, qu'il devait être sur la rive sud du Cophène, paraît indiquer le col que franchit la route juste en face de l'Indus (voy. Elphinstoxe, I, p. 117). Pour la forteresse d'Astès, je ne trouve pas d'endroit précis ; ce devait être le fort de Timroud ou plutôt Yamroud (Baber, p. 127), à sept lieues au sud-ouest de Peschawer, à l'entrée orientale des défilés de Kheiber (voy. Forster, II, p. 53).

-) D'après CuNNiNGHAM, EmboHma répond à Ambar-Ohincl.

;ili i.A sAiiui'ii; i)K i/iM)i: (,iii':iuKi:ui!: |III, '.\

lliivialc csl huMilùl Icrnice ]».*ir dos nioiiUif'ncs désorics, llôplii'slioii avail prispossossion du pjiys, cl lus chàtoaiix-lnrls d'Astës ainsi qu'Orahalis, donl il s'olail emparé el où il avait place des garnisons macédoniennes, devinrenl des points d'ajj- J

pui assurant la possession de la rive sud. Au nord, les bassins 1

du (ihoaspe, du Goura*os et du Souaslos furent successivement traversés, ainsi que les territoires des Aspasiens, des Goura'cns, des Assacéniens et des Peucélaotes; les Barbares du Cboaspe supérieur et du Goura^os furent refoulés dans les montagnes ; enfin la sécurité fut assurée dans la vallée des Gou- I ra^ens par les places fortes d' Andaca et d'Arigaion , dans le terri- ^ toirc des AssacéniensparMassaga, Ora etBazira^ et enfin sur la rive ouest de Flndus par Peucéla. Dès lors, ce pays, bien que; restant en grande partie sous des princes particuliers ', demeura désormais dépendant des Macédoniens, et reçut, sous le nom dinde citérieurc, un satrape particulier.

Dans le voisinage de l'Indus, les Indiens n'occupaient plus qu'une seule forteresse, située sur une montagne ; les Macédoniens la nommaient Aonios^ comme si le vol des oiseaux n'eût pu l'atteindre. A environ cinq milles du confluent du Cophènc et de Flndus, les montagnes du nord-ouest projettent comme dernier contrefort un rocher isolé qui^ d'après les données des anciens, aurait environ quatre milles de tour à la base et une hauteur de cinq mille pieds ^ Sur la plate-

') On cite entre autres Acouphis à Nysa, Sang-œos au sud du Cophène, Copha?os et Assagète, l'hyparque des Assacéniens (Arriax., IV, 28, 6), et il faut y ajouter tous ceux qui se sont trouvés à Nicœa : Taxile lui-même semble avoir reçu quelque territoire à l'ouest de l'Indus. Arrien mentionne comme satrape de la satrapie de l'Inde le même Nicanor qui était déjà stratège au Paropamisos : c'est peut-être une erreur ; en tout cas, plus tard, il n'y a plus que Philippe qui porte ce titre. Il doit y avoir une inexactitude analogue dans un passage (V, 20, 10) où Arrien appelle le satrape des Assacéniens H'.atXo'j (suivant un ms. ; un autre ms. donne Sktixo-j : le S'-tixottou des éditions est une conjecture fondée sur un autre passage [IV, 30, 4]).

2) L'identité de cette Aornos et du fort de Rani-Gat (Pierre-du-Roi) a été reconnue dès 1848 et justifiée depuis par Cun.ningham [The ancknt Gcogr., I, p. 59. Survey, II, p. 107). Le rocher a « 2 milles anglais de longueur, et 1/2 mille de largeur » ; sa hauteur est, suivant l'estimation de Cunningham, de 1,200 pieds au-dessus de la plaine. Le géographe anglais suppose que le nom d" Aornos est une forme grécisée du nom local Varnl (O-j'apvo-.), le même qui se retrouve au fond de l'Aornos de Bactriane. D'après Strabou,

Page 1