‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 125 sur 231 · OL. cxiiT, 2] li<: fort d'aounos o · texte numérisé non relu

OL. cxiiT, 2] li<: fort d'aounos o

forme de cette montagne escarpée se trouvait cette étonnante forteresse, dont les murs renfermaient des jardins, des sources et un bois, de sorte qu'elle pouvait entretenir des milliers d'hommes pendant une année entière. Un grand nombre d'indiens du pays plat s'y étaient réfugiés, pleins de confiance dans la sûreté de ce trône imposant dont un grand nombre de récits, partout colportés, vantaient la position imprenable \ Il n'en était que plus nécessaire pour le roi de s'en emparer, car il pouvait compter sur l'impression morale que ne manquerait pas de faire sur ses troupes et sur les Indiens une heureuse entreprise contre Aornos ; il devait surtout songer que ce point important pouvait, tant qu'il serait aux mains des ennemis, provoquer des mouvements dangereux sur ses derrières et leur fournir un appui. Maintenant que la contrée environnante était soumise et que^ par la forte position prise sur l'Indus, il était devenu possible d'approvisionner l'armée assiég-eante tant que pourrait durer le siège, Alexandre commença l'exécution de son entreprise, aussi téméraire que périlleuse.

Sa volonté inébranlable de prendre cette forteresse était la seule chose qui put faire espérer un heureux succès. Il renvoya Cratère à Embolima, sur l'Indus; puis il prit avec lui seulement les Agrianes, les archers, le régiment de Cœnos et des fantassins légers choisis dans les autres régiments, deux cents cavaliers des hétaïres et cent archers à cheval, et établit son camp, avec ce corps, au pied du rocher. Un seul chemin conduisait au sommet, et il avait été si adroitement tracé qu'il pouvait être, sur chaque point, facilement et parfaitement défendu. A ce moment, des gens qui habitaient le voisinage vinrent trouver le roi, firent leur soumission et s'olFrirent aie

la forteresse était sur une Trétpa r,? xàc p-'Z^a; 6 'Iv6b; OiioppHi 7i)r,cr'.ov -wv 7ir,Ywv (Strâb., XV, p. 688) — radlces ejiis Indus amnis subit (Clrt., VIII, M, 7) — xa\ To U.ÈV Tîpbç {X£(7y;[xopîav {^.£po; aOTr,; Tipoaéx/.'j^cv 6 'Ivôo: (DiODOR., X^ II, 85). Par conséquent, Strabon a puisé ici dans Clitarque.

^) C'est là, au dire des Macédoniens, que s'étaient arrêtées les victoires d'Héraclès : même Arrien (IV, 30, 4) dit : r, Tilrpa r, xCo 'IIpaxAôî: a-nopo^ yvioiivrr,, et donne son appréciation sur cette légende (V, 3). Les auteurs qui suivent la tradition de Clitarque (et le passage de Diodore [I, 19] doit venir aussi de Clitarque) s'imaginent qu'Alexandre n'avait pas d'autre dessein que de surpasser les exploits d'Héraclès : il y avait longtemps qu'il avait lait mieux.

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('(uidiiiic sur iiii poinl du rorlicr d'oii il jKHiiTait atta(|uer la forUM'(»ss(^ (^t la prciidi'c sans diriicnllé. IHoIriiiéc, lils d(î Lagos, Jr <;ar(l(' du corps, lui cliarqc do g^ravir la hauteur avec les Agrianes, le reste des troupes légères, les hypaspisles d'élite et les Indiens. Par un sentier rude et dit'(icil(;, il arriva au lieu désigné, sans avoir été remarqué par les Barbares ; il s'y retrancha à l'aide de palissades; puis il lit briller le feu qui était le signal convenu. Dès que le roi l'eut apen^u, il résolut de donner l'assaut le lendemain, espérant que Ptolémée attaquerait en même temps du haut de la montagne *. Cependant il était impossible à ceux qui attaquaient d'en bas d'arriver au moindre succès, et les Indiens, complètement rassurés de ce côté, se tournèrent avec d'autant plus de hardiesse contre les hauteurs occupées par Ptolémée, de sorte que ce fut seulement au prix des plus grands efl'orts que le Lagide parvint ti se maintenir derrière ses retranchements. Ses archers et ses Agrianes avaient fort maltraité l'ennemi, qui se retira dans sa forteresse à la tombée de la nuit.

Par cette malheureuse tentative, Alexandre s'était convaincu qu'il était impossible d'arriver à son but en restant dans la plaine. Il envoya donc à Ptolémée, pendant la nuit et par un homme qui connaissait le pays, un ordre écrit pour l'informer qu'il tenterait le lendemain un assaut, sur un point aussi rapproché que possible du lieu où lui-même se trouvait, et qu'au moment où les assiégés se précipiteraient hors de la forteresse contre les assaillants, il devrait descendre de ses hauteurs, tomber sur les derrières de l'ennemi et tenter d'effectuer à tout prix sa jonction avec le roi. Il fut fait ainsi. Le lendemain,

^) La montagne de Rani-Gat se termine au sommet par une plate-forme de 1,200 pieds de long sur 800 pieds de large : au nord, à l'ouest, au sud, le bord supérieur est un peu incliné vers le dedans, et au milieu, il y a encore une saillie du fond rocheux mesurant 500 pieds de long sur 400 de large : c'est sur ce ressaut que se trouvent les ruines d'un ancien fort. Entre le fort et le bord de la plate-forme, au nord et à l'ouest, il y a une dépression, comme qui dirait le fossé de la citadelle, de 200 pieds de largeur sur 100 à 150 pieds de profondeur ; elle est moins large et moins profonde sur la face sud, où aboutit le chemin frayé pour la montée. La paroi du côté de l'est, par où la montagne se rattache, au moyen d'une croupe plate, à une chaîne assez éloignée, monte verticalement jusqu'à la forteresse.

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