‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 126 sur 231 · OL. cxiii^ 2] sifcoE d'aornos o · texte numérisé non relu

OL. cxiii^ 2] sifcoE d'aornos o

à la première lueur du jour, Alexandre était au pied de la montagne, du côté où Plolémée était monté. Bientôt les Indiens accoururent sur ce point pour défendre les étroits sentiers, et on combattit avec acharnement jusqu'à midi, heure à laquelle les ennemis commencèrent à plier un peu. De son côté, Ptolémée faisait ce qu'il pouvait ; vers le soir, les sentiers étaient gravis et les deux divisions de l'armée réunies. La retraite des ennemis, qui s'accélérait à chaque instant, et le courage de ses vaillants soldats échauffé par le succès portèrent le roi à poursuivre les Indiens en déroute, espérant peutêtre s'introduire de force dans la place à la faveur de la confusion; mais il ne put y réussir, et, pour un assaut, l'espace était trop étroit.

Il se retira sur les hauteurs où Ptolémée avait élevé des retranchements, et qui, plus basses que la forteresse \ en étaient séparées par un ravin large et profond. 11 s'agissait de surmonter les désavantages topographiques de cette position et de construire une levée qui traversât le ravin, de manière à approcher au moins de la place assez près pour que les projectiles atteignissent les murailles. On se mit au travail le lendemain matin ; le roi était partout, pour louer, pour encourager, pour mettre même la main à Tceuvre ; on travaillait avec la plus vive émulation ; les arbres coupés roulaient dans l'abîme ; des quartiers de rocs s'entassaient par-dessus; puis venait une couche de terre: dès la fm du premier jour, on avait comblé le ravin sur une étendue de deux cents pas. Les Indiens, qui d'abord ne trouvaient pas assez de railleries contre la folle témérité de l'entreprise, cherchèrent dès le lendemain à déranger le travail; mais bientôt la levée fut assez avancée pour que les frondeurs et les machines pussent de sa hauteur s'opposer à leurs attaques. Le sixième jour, la levée atteignait presque le sommet d'une élévation qui était de niveau avec la forteresse et que l'ennemi occupait. Défendre ce sommet ou le conquérir devait avoir une influence décisive sur le sort de la place. Un bataillon de Macédoniens

1) C'est ce qui résulte de rUousôov d'Arrieo (IV, 30, 1). Il est singulier de voir un peu avant (IV, 29, 7) jusqu'à des (xr.'/ava-: en batterie pour lancer des projectiles contre la forteresse.

CAPrri'I.MION I» AOUNOS

(ri'lilc lui (Miviiyr pour s'cîii (îinp.'uci"; mic liillc «'Ifroyahlc* «•nniincnra ; Alcxaiidn', liii-inr'ino accoiinit à la l(He (U\ ses ^ai'dos (lu corps, cl, a[H'(;s les plus ;^rands ellorts, la hauteur lui t'inpoiicc. A ce rouj), cl voyant 1(; progrès contimiol de la levée (|U(' rien ne pouvait jiius empêcher, les Indiims désespérèrent de pouvoir longtemps résister à un (Mmemi que n'arrêtaient ni les rochers, ni les ahîmes, qui prouvait au monde étonné ([ue la volonté et la force humaine était capahie de surmonter la dernière barrière élevée par la nature elle-même dans ses gigantesques ouvrages, et de la transformer en moyen d'atteindre son but. Ils envoyèrent à Alexandre un héraut pour lui oiïrir la reddition de la place à des conditions favorables ; mais ils ne voulaient que gagner du temps jusqu'à la nuit, afin de quitter alors la forteresse par des chemins cachés et de se disperser dans le pays plat. Alexandre s'aperçut de leur dessein ; il retira ses postes et laissa les ennemis commencer tranquillement leur retraite. Choisissant alors sept cents hypaspistes, il gravit le rocher au milieu du silence de la nuit et commença à escalader les murailles abandonnées; lui-même arriva en haut le premier. Dès que ses soldats, qui montaient par différents points, l'eurent rejoint, ils se précipitèrent tous en poussant de grands cris de guerre sur les ennemis, qui n'étaient préparés que pour la fuite; un grand nombre furent massacrés ; les autres furent précipités dans Fabime, et le lendemain matin l'armée pénétra dans la place, au son des trompettes. De nombreux sacrifices d'actions de grâces célébrèrent cette heureuse fin d'une entreprise que seules l'audace d'Alexandre et la bravoure de ses troupes pouvaient accomplir. Les fortifications de la citadelle elle-même furent augmentées par de nouveaux ouvrages *; une garnison

*) Clwningham {Survey, V [1875], p. 55) donne quelques détails sur Rani-gat : il nous apprend notamment que, du haut de la montagne, on voit dans la direction de l'ouest jusqu'à Hashtnagar sur le Souat, et que le D"^ Bellew, qui l'a visitée à plusieurs reprises, insiste particulièrement sur le soin avec lequel les énormes blocs de la construction sont taillés et appareillés : u The are the same pointed arches and underground passages, the same sort of quadrilaterals whit chambers, the statuary and sculptures also represent the same figures and scènes in the same materials, but the gênerai aspect of thèse ruins is verv différent from that of the others, the neadness and

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