‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 128 sur 231 · OL. c.xiii, 2J l\ satrapie de l'inde .j · texte numérisé non relu

OL. c.xiii, 2J l\ satrapie de l'inde .j

aussi une ambassade et des présents'. Abisarès lui-même, le prince de Kascbmir, envoya à Taxila une ambassade composée des principaux nobles de son royaume et conduite par son frère; celui-ci apportait en présent des joyaux^ de l'ivoire, de riches tissus et des objets précieux de toute espèce, se portait garant de la fidèle soumission du prince son frère et démentait formellement la protection secrète qu'on l'accusait d'avoir accordée aux Assacéniens.

Il est impossible de distinguer nettement de quelle manière furent alors organisées les affaires de la région comprise entre les deux fleuves; en tous cas, les agrandissements de territoire se firent en prenant sur la satrapie citérieure, et d'autre part tous les princes acceptèrent! a suzeraineté d'Alexandre ; Taxile obtint peut-être le principat parmi les rajahs en deçà de l'Hydaspe; du moins on ne parle dorénavant de lui que comme allié d'Alexandre. On laissa dans sa résidence une garnison macédonienne, ainsi que les hommes impropres au service, et la « satrapie indienne » fut confiée à Philippe, fils de Machatas, dont la haute naissance elle dévouement à Alexandre, dévouement attesté par tant de preuves, répondaient à l'importance de ce poste. En dehors de sa province, qui comprenait tout le territoire situé à droite de l'Indus, cet officier avait encore la surveillance sur toutes les troupes laissées en arrière dans les royaumes de Taxile et des autres princes-.

L'adhésion chaleureuse que le prince de Taxila avait témoignée au roi avait peut-être sa raison d'être dans l'inimitié qui existait entre lui et son puissant voisin, le prince Porus, de

1) Arrien (V, 8, 3) l'appelle vo[xâp-/r, ;; c'est un litre qu'il donne aussi (V, 11, 3) aux princes qui ont fourni un contingent de 5,000 Indiens.

-) Il semble qu'on peut combiner de cette façon les allégations divergentes qui concernent la satrapie de Philippe. Arrien (IV, 2, 5), se supposant placé avec Alexandre sur THydaspe, appelle Philippe le satrape de l'Inde au-dt'Ui de l'Indus, c'est-à-dire de la contrée qui se trouve du côté de la Bactriane ; ailleurs (IV, 14, 6), il ajoute à sa province le pays des Malles. Quant à l'expression dont il se sert dans un autre endroit [Ind., 18), elle est trop générale pour qu'on en puisse déduire l'étendue de la satrapie de l'Inde supérieure. Ce Philippe, fils de Machatas, était de la famille des princes d'Elymiotide, le frère d'Harpale le Trésorier, le neveu du vieil Harpalos dont le fils, Calas, avait reçu la satrapie d'Asie-Mineure. D'après l'arbre généalogique de sa maison, il pouvait être né vers 385.

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ranciomic raco dos Paurava, qui i\v, raiitro côté du llcMive voisin, (le Tllydaspc^ n\i^n<iil sur j)lus de cent villes; il était de plus à la lèle d'inipoilanles forces inilitain.'s et avait pour alliés plusieurs princes voisins, parliculièrenientcelui de Ivasclimir. Ce prince et ses alliés, qui avaient pour ennemi, du côté de rindus, le prince de Taxila, avaient également pour adversaires, du côté opposé, les peuples libres habitant les contreforts de rilimalaya dans les enlre-deux des rivières au delà de l'Acésine et les basses régions du Pandjab. L'inimitié de ces (( peuples sans roi » [Arattas) envers les princes, — parmi lesquels le Paurava, qui régnait entre Tllydaspe et l'Acésine, était le plus puissant, — paralysait la résistance du riche et populeux Pandjab contre l'invasion des Occidentaux.

De Taxila, Alexandre avait envoyé des hérauts à Porus, pour lui ordonner de venir à sa rencontre aux frontières de sa principauté et de lui rendre hommage. Porus avait fait répondre qu'il irait attendre le roi aux confins de son royaume, les armes à la main; en même temps, il avait appelé ses alliés aux armes et demandé au prince Abisarès de lui envoyer promptement les troupes auxiliaires qu'il lui avait promises, malgré les assurances de soumission qu'il avait récemment données à Alexandre ; puis il s'était avancé lui-même sur le fleuve qui formait la frontière de son royaume et avait établi son camp sur la rive gauche, bien résolu à barrer à tout prix le passage à l'ennemi. A cette nouvelle, Alexandre renvoya le stratège Gœnos en arrière, vers Tlndus, avec l'ordre de scier les bateaux qui composaient la flotte d'eau douce, pour pouvoir les transporter par terre, et de les amener sur des chariots aussi vite que possible aux bords de l'Hydaspe. En même temps, après les sacrifices et les tournois habituels, l'armée partit de Taxila; elle était renforcée par cinq mille hommes des troupes indiennes de Taxile et des princes voisins ; les éléphants dont Alexandre s'était emparé comme butin dans ITnde, ou qu'il avait reçus en présent, restèrent en arrière*,

') Polyaenos (IV, 3, 26) est seul à dire qu'Alexandre avait des éléphants dans son armée : Q. Curce, en désaccord avec ce qu'il dit lui-même ailleurs (VI, 6, 36), raconte que, durant cette marche, le prince indien Gamaxus et Barsaëntès, l'ex-satrape d'Arachosie, qui s'était réfugié chez lui, furent

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