‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 129 sur 231 · OL. c.xiii^ 2] MAUcnE vkrs l'iiydasi'k o2o · texte numérisé non relu

OL. c.xiii^ 2] MAUcnE vkrs l'iiydasi'k o2o

parce que les chevaux macédoniens n'étaient pas habitués à leur vue et parce qu'ils n'auraient d'aiUours été que gênants, eu égard à la manière particulière dont les Macédoniens conduisaient leur attaque.

Pendant la marche commencèrent les premières averses des pluies tropicales; les torrents roulaient avec plus de fracas; les chemins devenaient plus difficiles; defréquents orages, accompagnés d'ouragans, retardaient souvent la marche. On s'approchait des frontières méridionales de la principauté de Taxila ; sur ce point, un défilé long et assez étroit conduisait sur le territoire de Spitacès, parent et allié de Porus, et ce passage était barré par les troupes de ce prince, qui occupaient les hauteurs des deux côtés. Les ennemis, surpris par une manœuvre hardie de cavalerie, exécutée par Alexandre en personne, furent chassés de leur position et tellement pressés qu'ils ne purent gagner la rase campagne qu'après avoir éprouvé une perte considérable. Spitacès lui-même, sans penser à défendre davantage sa principauté, se hâta de rejoindre Porus avec le reste de ses troupes K

Deux jours après environ, Alexandre atteignit la rive de l'Hydaspe, qui avait alors une largeur de près de douze cents pas "; sur la rive opposée, on apercevait le camp du prince Porus qui se déployait au loin et toute l'armée qui s'était avancée en ordre de bataille, précédée par trois cents éléphants de guerre semblables aux tours d'une forteresse ; on remarqua que Ton avait détaché de chaque côté des corps importants, pour fortifier la ligne des postes tout le long de la

amenés enchaînés au roi ; que les trente éléphants du prince furent livrés au roi, lequel en fit cadeau au prince Taxile : et Arrien (III, 25, 14) rapporte que Barsaëntès s'était enfui dans Tlnde, h 'Ivôo'j; toÙ; eut Tocoe to-j 'IvôoO ■7roTa[xoO, qu'il fut Hvré par les Indiens et mis à mort à cause de sa participation au meurtre de Darius : il relate le fait de manière à faire croire que Barsaëntès a été exécuté dès l'hiver de 330/329.

*) PoLY.EN., IV, 3, 21. C'est peut-être le défilé dont parle Elphinstone (I, p. 129) et le même chemin creux de Hambatou par où passa Baber. Du reste, dans les Mcmoires du sultan (p. 255), on reconnaît généralement la route prise par Alexandre.

-) CuRT., VIII, 13, 8. Le courant n'avait pas encore toute sa largeur, car il n'y atteint qu'au mois d'août : dès le mois de juillet, Macartney lui a trouvé une largeur deprès de 3,000 pas. Cf. ElphinstOiNe, I, p. 551."

;;2(l Mi.wM'iu; SI u i/ii\i>\sim: |III, l\

rive, cl s|u'M'iîil('in(Mil i»om- surveiller liîpelii nombre (TeiKlroits que le ileuve grossi laissait cncon; guuables. AUîxandre rccouiiul rimpossihilité do passeï* la riviùro sous les yeux de l'cMinemi, el il clahlil son camp sur la rivo droite, en face des Indiens. Au moyen de mouvements niililaires multipliés, il commen(;a à fatiguer Taltention de rennemi et à faire en sorte qu'il ne put savoir sur (juel point on avait Tinlenlion de passer; eu même temps, il envoya un autre détachement de son armée reconnaître de tous les côtés la rive voisine, puis un autre pour mettre à contribution le territoire de Spitacès, complètement dépourvu de défenseurs, et il fil apporter de tous côtés une grande quantité d'approvisionnements, comme s'il avait Tintention de rester encore longtemps dans cet endroit; il sut même répandre jusque dans le camp ennemi le bruit qu'il tenait pour impossible de traverser le fleuve en cette époque, et qu'il voulait attendre la fin des pluies pour tenter Tattaque en passant la rivière lorsque les eaux auraient baissé. Mais en même temps les mouvements perpétuels de la cavalerie macédonienne, les allées et venues de bateaux tout remplis d'bommes, les marches répétées des phalanges qui, mal gré les torrents de pluie, restaient souvent pendant des heures entières sous les armes et comme prêtes au combat, tenaient le prince Porus dans la crainte continuelle d'une attaque soudaine. Deux îles situées au milieu du fleuve donnèrent lieu à de petits combats ; il semblait qu'elles dussent être d'une importance décisive dès qu'on en viendrait à une bataille sérieuse.

Pendant ce temps, Alexandre apprit qu'Abisarès de Kaschmir, malgré les assurances plusieurs fois renouvelées de sa soumission, non seulement entretenait des relations secrètes avec Porus, mais encore s'approchait déjà avec toutes ses forces pour rejoindre son allié *. Dès le principe même, il

^) Ce quArrien (V, 20, 5) dit en passant, à savoir qu'Abisarès avait voulu avant la bataille se joindre à Poros (aùtoc c-ùv Ilwpw xâT-eGOai) se retrouve indiqué, avec des variantes, chez Q. Curce et Diodore dans les préliminaires de la bataille. Diodore (XV, 87) dit qu'Alexandre se décida à livrer bataille en apprenant qu'Embisarès était en marche pour rejoindre Poros el n'était plus qu'à 400 stades : Q. Curce (VIII, 14, 1), que Poros, informé que des

Page 1