OL. cxiii, 2] porus dk oANDARiTioii
avaient pénétré dans le royaume de Porus ; l'autre, nommée Nicœa \ fut bâtie à environ deux milles plus loin en aval, sur le champ de bataille même. Alexandre laissa son armée se reposer trente jours dans cette belle et riche contrée; les solennités en Fhonneur de ceux qui étaient tombés dans le combat, les sacrifices d'actions de grâces, accompagnés de joutes de toutes sortes, le premier établissement des deux nouvelles villes, suffirent pleinement à remplir ce laps de temps.
Le roi s'occupa lui-même des dispositions multiples qui devaient assurer les effets de sa victoire. Il importait avant tout de régler les relations politiques avec le prince Abisarès, qui, malgré les traités jurés, avait eu l'intention de prendre part au combat contre Alexandre. Vers ce même temps, Sisicottos, commandant d'Aornos, fit parvenir la nouvelle que les Assacéniens avaient massacré le prince nommé par Alexandre et s'étaient révoltés. Les relations précédentes de ces peuples avec Abisarës et la félonie manifeste de ce prince ne rendaient que trop vraisemblable qu'il avait été pour quelque chose dans cette dangereuse agitation. Les satrapes Tyriaspe, sur le Paropamisos, et Philippe, dans la satrapie de l'Inde, reçurent l'ordre de s'avancer avec leurs armées pour réduire les rebelles. Vers le même temps arriva une ambassade du prince Porus de Gandaritide^ du « lâche Porus », comme l'appelaient les Grecs, qui semblait vouloir se faire un mérite de ne pas avoir soutenu contre Alexandre le prince, son parent et son protecteur, et qui croyait l'occasion favorable pour se débarrasser de ses obligations envers son vieux parent en se soumettant à Alexandre. Quel ne dut pas être l'étonnement des ambassadeurs quand ils virent ce même prince, qu'ils s'étaient attendus à trouver dans les liens elles chaînes aux pieds de son vainqueur, entouré des plus grands honneurs et assis aux côtés d'Alexandre, dans la possession complète de son royaume i Ce ne dut pas être une
') D'après Strabon (XV, p. 698), Q. Curce (IX, 1, G) et Diodore (XVJt, 89), ces villes se trouvaient des deux côtés du fleuve. Arrien {PeripL, p. 25 cd. Hudson) et le scholiasle d'Aristophane {Nub. 23) appellent Alexandrie • la vjjle de Bucéphale.
;)i4 Ai.r.xANDiu: i:i' mmsauks [111, 3
iv[H»iis(' l)i»'ii favorahlc (jur le mi inaj^nanimc los chargea (II' purlcr à Jcur inaUrc. Les lioinnia^t'S <jin' les ambassades (les Irihus libres voisines ajujorlî'rciit en même temps (|ne de riches présents i'nrcnl i'cmmis dune manière plus amicale; ces Irihus se soumirent volontiers k un roi sous la puissance ducjuel le plus puissant prince de la région des Cinq-Fleuves avait dû plier.
Il était d'autant plus nécessaire de soumettre par la force des armes celles (jui hésitaient encore. De plus, Ahisarès, malgré sa défection manifeste et comptant peut-être sur la position de sa principauté, que des hauteurs protégeaient, n'avait envoyé aucun présent et même n'avait rien fait pour se disculper auprès d'Alexandre. Une expédition dans la région des montagnes devait tout à la fois soumettre les tribus montagnardes et rappeler au prince félon et son devoir et le péril où il se trouvait. Après un repos de trente jours, Alexandre quitta la rive de lllydaspe, laissant derrière lui Cratère et la plus grande partie de l'armée pour achever la construction des deux villes. Accompagné des princes ïaxile et Porus, avec la moitié de la cavalerie macédonienne, Télite de chaque division de l'infanterie, la plus grande partie des troupes légères, auxquelles Phratapherne, le satrape de Parthie et d'IIyrcanie, venait d'adjoindre les Thraccs qu'on lui avait laissés, Alexandre se dirigea vers le nord-est contre les Clauses ou Glaucanices, comme les appelaient les Grecs, qui habitaient les contreforts boisés au haut de la plaine. C'était un mouvement qui ouvrait en même temps à travers les montagnes la route de Kaschmir. Alors enfin, Ahisarès se hâta par un prompt revirement de mériter le pardon du roi ; par une ambassade à la tête de laquelle était son frère, il se soumit, lui et son pays, à la merci du roi, et témoigna de sa soumission par le don de quarante éléphants. Alexandre se défiait de ces belles paroles ; il donna l'ordre qu'Abisarès parut aussitôt devant lui en personne, ajoutant qu'autrement il irait lui-même le trouver à la tète dune armée macédonienne ^ Puis il conti-
^) On ne voit pas bien si les Tcap' 'AXiEavopoy ÈxticIjlsOIvtîç Tcplcros'.; Tipoç 'Aotaâpr.v mentionnés par Arrien (V, 29, 4) ont été envoyés au prince a ce moment ou seulement plus tard.