‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 132 sur 231 · OL. cxiii, 3] les clauses · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 3] les clauses

nua à gravir les montagnes. Les Clauses se soumirent ; leur populeuse contrée fut placée sous l'autorité de Porus*: ce territoire comptait trente-sept villes^ dont aucune n'avait moins de cinq mille habitants et dont plusieurs en avaient plus de dix mille, et de plus un grand nombre de bourgs et de villages. Les forêts de ces environs offraient en abondance ce qu'Alexandre désirait ; il fit couper du bois en grande quantité et le fit descendre par le fleuve jusqu'à Bucépbale et à Nicsea. C'est là que, sous les yeux de Cratère, devait être construite la grande flotte d'eau douce sur laquelle le roi avait l'intension de descendre vers l'Indus et la mer, lorsqu'il aurait assujetti ^Inde^

L'armée s'avança en descendant à l'est vers l'Acésine^. Alexandre avait reçu la nouvelle que le prince Porus de Candaritide*, inquiet à cause des rapports qui s'étaient établis entre Alexandre et son grand-oncle, et jugeant impossible

1) Arrian., V, 20, 6. Le pays des Clauses est dans la direction indiquée par Lassex [Pentap., p. 26} : on le traverse en passant par le défilé de Bember.

2) Strab., XV, p. 698. DiODOR., XVII, 89. Sur rexcellent bois que fournit la région pour les constructions navales, voy. Burnes et le rapport de Gérard (dans YAsiatic Journal, déc. 1832, p. 364) : ce sont principalement des cèdres, comme le dit Diodore (ibid.).

^) Alexandre, trouvant que le nom indigène deceî[euve{Kshan(h'ahhaga) devenait en grec Sandrophagos, c'est-à-dire quelque chose comme a le mangeur d'hommes » ou même le « mangeur d'Alexandre », lui donna, pour éviter le mauvais présage, le nom de « guérisseur ('Axsaîvr,;). » Cf. A. W. VON ScHLEGEL, hul. BïbL, II, 297. L'endroit où il le franchit, d'après la description que fait Ptolémée de ses rives abruptes et des roches qui encombrent son lit, ne peut pas se trouver sur la grande route d'Attok à Lahore, route que du reste Alexandre n'a pas suivie, et par conséquent pas à Vouzirabad : la largeur du courant et l'abondance de ses eaux fait supposer que l'armée l'a traversé non pas assez haut dans les montagnes, mais vers l'endroit où il en sort, c'est-à-dire sur la route de Bember à Youmboo; Strabon (XV, p. 691) dit en termes assez clairs que, de l'Indus àl'Hydaspe, Alexandre a suivi la direction du sud, et une fois là, la direction de l'est, toujours plutôt dans des contrées montagneuses qu'en plaine. D'après Strabon, c'est à l'époque du solstice qu'Alexandre campa sur l'Acésine, par conséquent à la fin de juin.

*) Diodore (XVII, 91) dit que ce Porus s'était enfui de son royaume dans la Candiritide : il se met ainsi ouvertement en contradiction avec Strabon (XV, p. 699), à moins qu'on n'introduise dans le texte de Diodore la leçon r ayyapt otov,

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([iroii lui iKirdoniiAI le \il inolildc s;i soumission, avail réuni autant (ilionunos armes cl autant do trésors qu'il avait pu et s'était enfui du côté du dan^e. Arrivé sur le bord du large fleuve de l'Acésine, Alexandre renvoya dans son pays le roi l*orus, avec mission d(i lever des troupes et de les lui amener avec tous les éléphants qui étaient encore ])ropres à combattre après la bataille sur Tllydaspe. Alexandre lui-même, avec son armée, traversa le fleuve qui était très grossi ; il roulait ses vagues dans un lit large de près de trois quarts de lieue* et rendu périlleux par des écueils et des pointes de rochers, aussi ce fleuve rapide et parsemé de nombreux tournants fut-il fu- |

neste à beaucoup de ceux qui le traversaient sur des canots ; 1

ceux qui le passèrent sur des peaux de lentes furent plus heureux. Cœnos resta ici en arrière, sur la rive gauche du fleuve, avec sa phalange, pour veiller au passage des divisions qui s'avançaient derrière Alexandre et pour tirer des pays de Porus et de ïaxile tout ce qui était nécessaire pour l'entretien de la grande armée. Alexandre lui-même parcourut rapidement la partie septentrionale de la Gandaritide sans rencontrer de résistance, en continuant de se diriger vers l'est; il espérait pouvoir encore rejoindre le traître Porus; il laissa dans les places les plus importantes des garnisons qui devaient attendre les corps de Cratère et de Cœnos. Étant arrivé à l'Hyarolès, qui formait la frontière orientale de la Gandaritide, il détacha vers le sud Héphestion avec deux phalanges, son hipparchie, celle de Démétrios et la moitié des archers, avec mission de parcourir dans toute son étendue le territoire du prince fugitif, de soumettre les quelques tribus franches qui habitaient entre l'Hyarotès et l'Acésine, de fonder une ville sur la rive gauche de l'Acésine, sur la grande route, et de remettre toute la contrée au fidèle Porus. Puis Alexandre lui-même, avec le gros de l'armée, traversa le fleuve, qui off^rait alors moins de difficultés^ et entra sur le territoire des tribus qu'on appelait les Indiens libres.

C'est un phénomène remarquable et dû à la configuration

*) Macartxey a trouvé au courant, à Vouzirabad et vers la fin de juillet, une largeur de 4,000 pas (Elphinstone, II, p. 554).

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