‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 133 sur 231 · OL. cxHi, 3] les indiens libres o · texte numérisé non relu

OL. cxHi, 3] les indiens libres o

particulière du Pandjab que^, dans tous les siècles, lantôt sous un nom, lantôt sous un autre, il s'y est toujours formé et maintenu des Etats républicains, bien que cette forme de gouvernement soit le contre-pied du despotisme implanté dans les autres régions de TAsie et un objet d'horreur pour les vrais croyants de la vallée du Gange ; aussi les fidèles donnent-ils aux Pandjanadas le nom méprisant d'Arattas, de peuples «sans roi»; les princes eux-mêmes, si ces peuples en ont, ne sont de race ni antique, ni sacrée ; ils ne possèdent pas de droits anciens; ce sont des usurpateurs. Il semble presque que la dignité princière de Porus elle-même ait eu ce caractère i ; mais sa tentative de courber tous les Indiens sans roi sous sa domination avait échoué contre les tribus guerrières et puissantes de Fautre côté de THyarotès ; il fallait les armes européennes pour les subjuguer. Il n'y en eut qu'un petit nombre qui se soumirent sans tenter la lutte ; la plupart attendirent l'ennemi les armes à la main ; parmi ceux-ci se trouvaient les Cathéens ou Cathares, qui avaient la réputation d'être la tribu la plus guerrière du pays et qui non seulement étaient eux-mêmes parfaitement préparés pour la guerre, mais avaient encore appelé aux armes les tribus libres voisines et se les étaient adjointes-.

A la nouvelle de leurs préparatifs, Alexandre s'avança rapidement à l'est, à travers le territoire des Adrcestes% qui se

') Helladius {Chrestom., ap. Phot. 530 a 35) dit que le père de Porus était un barbier: Diodore et Q. Curce en disent autant du roi des Prasiens, Xandramès. D'après le Pseudo-Plularque {De fluv., 1), Porus est originaire de Gegasios. On trouve maintenant tous ces détails rassemblés dans Lassen. Dlncker (IIP, p. 306) après Lassen (P, XX, n« 4. IP, p. 161) identifie Gegasios à Yayati.

-) Sur les noms et demeures des Khattia et leur ville Çakala, on trouve aujourd'hui des renseignements plus précis dans Lasse.x (II, p. 158. I-, p. 801). CuNNiNGHÂM {Geogr., I, p. 179) met Sangala bien plus au sud, et cela, à mon sens, sans raison valable; car l'étang ().''[xvy] oO [j,axpàv toO x-J.yo'jç. Ar- RiAN., V, 23, 4) et la colline qui en marquent pour lui remplacement (Geogr., I, p. 179) se retrouvent tout aussi bien à Tendroit où il croit reconnaître Pimprama.

^) Ils s'appellent Adrcestes ou Adrestes dans Diodore, Justin et Orose : d'après Arrien, Pimprama est leur capitale : Lassen suppose que leur nom doit être rapproché de l'hindou Arashtra, en pràcrit Aratta ; peut- être vaudrait-il mieux, à la place des Attacanes qu'Arrien signale aux sources du

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soumircnl volonlairemonl. Le Iroisii^mc jour, il élait près de Sunuala, r.ipilalc des C.atliéeus. ('clic villes, d'un périmètre considérable, était ciitonrée de tories iimraill(;s; d'un côté un lac la protégeait ; de l'autre, à ([uehjue dislance des portes, s'élevail une nionla,i»n<' qui commandait la plaine. Les C.athéens, avec leurs alliés, avaient occupé celte monlagne aussi fortemenl que possible; ils l'avaient entourée de leurs chariots de guerre, les entrecroisant de manière à en former une triple barrière, et ils étaient eux-mêmes campés au milieu de ce puissant retranchement de voitures ; inattaquables euxmêmes, ils pouvaient s'opposer rapidement et avec des forces considérables à chaque mouvement de l'ennemi. Alexandre reconnut ce que celle position avait de menaçant ; elle répondait parfaitement à la renommée de hardiesse et d'habileté guerrière que possédait ce peuple ; mais, plus il avait à craindre des attaques imprévues et les coups de main hardis qu'ils pouvaient tenter, plus il pensa qu'il fallait porter promptement un coup décisif.

Il envoya immédiatement en avant les archers àchevalpour tourner autour des ennemis en leur lançant des traits, afin de les empêcher de faire une sortie contre les troupes avant qu'elles ne fussent rangées en bataille. Pendant ce temps, Vagéma de la cavalerie, l'hipparchie deClitos, les hypaspistes, les Agriancs, s'avançaient à l'aile droite; les phalang-es et l'hipparchie de Perdiccas formaient l'aile gauche, qui était sous la conduite de cet officier; les archers furent partagés entre les deux ailes. Pendant la marche, l'arrière-garde rejoignit l'armée, et les cavaliers qui la formaient se partagèrent entre les deux ailes, tandis que l'infanterie servit à rendre la phalange plus compacte. Aussitôt Alexandre commença l'attaque; il avait remarqué que, du côté gauche de l'ennemi, la rangée de chariots était moins épaisse et le terrain plus libre, et il espérait, par une attaque vigoureuse de la cavalerie contre ce point faible, porter l'ennemi à faire une sortie, ce qui aurait fait

Neudros, entre TAcésine et l'Hyarotès, lire Arratacanes, ce qui permettrait de placer de ce côté la Saccala,"ville des Arattes, duMahabhàrata. Cf. Wil- SON, Asiatic Researches, XV, p. 107.

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