‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 135 sur 231 · OL. cxiii, 3] prise de sangala Soi · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 3] prise de sangala Soi

succès qu'en peu de temps des brèches furent ouvertes sur divers points. Les échelles furent alors appliquées et la ville prise d'assaut; un petit nombre des assiégés s'échappa, et le nombre de ceux que les Macédoniens exaspérés massacrèrent dans les rues de la ville n'en fut que plus grand ; on en porte le chiffre à 17,000, ce qui n'est pas invraisemblable, car Alexandre, pour rendre possible l'assujettissement de cette tribu guerrière, avait donné l'ordre rigoureux de massacrer tout homme armé; les 70,000 prisonniers dont il est fait mention semblent avoir été constitués par le reste de la population de la ville indienne. Les Macédoniens eux-mêmes comptèrent environ cent morts et un nombre exceptionnel de blessés, c'est-à-dire douze cents, parmi lesquels se trouvèrent le garde du corps Lysimaque et un grand nombre d'autres officiers \

Aussitôt après la prise de la ville, Alexandre envoya le Gardien Eumène, avec trois cents cavaliers, vers les deux villes alliées avec les Cathéens, afin de les informer de la chute de Sangala et de les sommer de se rendre; si elles se soumettaient volontairement au roi, elles ne devaient pas avoir plus à redouter que tant d'autres Indiens qui commençaient à comprendre que l'amitié avec les Macédoniens était leur véritable salut. Mais les fugitifs de Sangala avaient fait les récits les plus horribles de la cruauté d'Alexandre et de la soif de sang qui animait ses soldats; personne ne crut aux paroles amicales des conquérants; les habitants des deux villes prirent la fuite en toute hâte, emportant tout ce qu'ils pouvaient de leurs biens. A celte nouvelle, Alexandre quitta promptement Sangala pour se mettre à la poursuite des fuyards, mais ils avaient trop d'avance; quelques centaines seulement, dont la fatigue avait retardé la fuite, tombèrent entre ses mains et furent massacrés. Le roi revint à Sangala; la ville fut rasée et son territoire partagé entre les tribus voisines qui s'étaient volontairement soumises. Celles-ci durent accepter dans leurs villes -des garnisons que Porus fut chargé d'y conduire.

Après le châtiment de Sangala et l'effroi qu'avait répandu

*) Arrian.. V, 23. 24. Poly.ex., IV, 3, 30.

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do tous rotes lu réputation exa^'-6ré(^ do sauva^o cruauté qu'on avait t.iih» aux roncjurrimls (''traugers, Alexandre sut ajjaiscr d'autant j>lus (dlicaccîincnt les esprits par sa douceur el sa générosité tout(;sles t'ois que l'occasion s'en présenta. Bientôt on n*eut plus ])csoin de combats; partout oii il arrivait, les populations se soumettaient. Il en lia alors sur le territoire du prince Sopithès \ dont la domination s'étendait sur les premières chaînes de montagnes de l'Imaos et dans les contrées où se trouvent les gisements de sel gemme, près des sources de l'IIyphase. L'armée s'approcha do la capitale, dans laquelle on savait que Sopithès se trouvait; les portes étaient fermées, les créneaux des murailles elles tours étaient sans défenseurs. La ville était-elle abandonnée, ou bien avait-on à craindre quoique trahison? Comme on était dans l'incertitude, les portes s'ouvrirent, et le prince Sopithès, dans l'appareil varié et brillant d'un rajab indien, revêtu d'un costume de couleur claire, portant des colliers de perles et de pierres précieuses ainsi que des ornements d'or, accompagné d'une musique retentissante et d'une suite nombreuse, vint à la rencontre du roi et lui offrit un grand nombre de présents de haut prix, parmi lesquels se trouvait une meute de chiens tigrés, puis il présenta ses hommages ; le roi le maintint dans sa principauté, qui fut, paraît-il, agrandie ^ Alexandre s'avança

*) On a reconnu ce Sopithès, prince de Cathaea, dans le roi des Kekaya, Açvapati, le a maître des coursiers » (Weber, Yorksiingcn, p. 147), qui figure déjà dans le Çatapa-Brahmana et ensuite dans le Ramàyana, avec ses excellents chiens, les « chiens tigres » de Diodore (XVII. 92), les nohU les advenandum canes queQ. Curce (IX, 1, 24) décrit minutieusement. On possède aujourd'hui de ce prince une drachme d'argent, qui porte au droit la tête casquée de Séleucos I*^"", et sur le revers un coq, avec la baguette d'Hermès à côté et la légende I:Q<î>YTOY (Voy. von Sallet, Ble Nachfolcjer Alexanders in Bactrien und Indien, p . 87) .

2) Malheureusement, Arrien ne s'occupe pas de ce prince Sopithès au bon endroit. Ce qu'on vient d'en dire est tiré de Diodore (XVII, 92) et de Q. Curce (IX, 1, 24) : selon eux, le domaine de ce prince se trouve au delà de l'Hyarotès. Srabon (XV, p. 699) dit : u Certains auteurs placent Cathaea, le pays d'un certain monarque Sopithès, dans cette Mésopotamie (entre l'Hydaspe et l'Acésine) ; d'autres, au delà de l'Acésine et de l'Hyarotès, tout contre la principauté de Porus le Jeune, cousin de celui qui fut pris par Alexandre, et ils appellent le pays de celui-ci Gandaride. » Un peu plus loin (p. 700), il ajoute : u On dit qu'il y a dans le pays de Sopithès une mine

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