‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 136 sur 231 · OL. cxiTT^ 3] le prince prégée 5o · texte numérisé non relu

OL. cxiTT^ 3] le prince prégée 5o

ensuite sur le territoire voisin, celui du prince Phégée ', qui se hâta, lui aussi, de lui oiïrir ses hommages et ses présents et resta dans sa principauté. C'était la terre la plus orientale qu'Alexandre devait fouler dans le cours de ses victoires.

La tradition historique a obscurci d'une manière remarquable ce point de l'histoire d'Alexandre. Même en ce qui concerne les opérations extérieures, on n'a que des récits insuffisants et contradictoires ; beaucoup de Macédoniens durent rapporter dans leur patrie des récits incroyables; ainsi l'on dit que Cratère écrivit à^sa mère qu'ils s'étaient avancés jusqu'au Gange et qu'ils avaient vu ce fleuve démesuré rempli de requins et houleux comme la mer -. D'autres désignaient pour terme de l'expédition macédonienne THyphase, ainsi que ce fleuve le fut en réalité; mais en même temps, pour expliquer d'une façon quelconque le motif qui mit fm à la coude sel capable de suffire aux besoins de l'Inde entière : non loin de là aussi, mais dans d'autres montagnes, on raconte qu'il se trouve des beaux gisements d'or et d'argent, comme l'a fait connaître Gorgos le métalleute «r Ce sont là les mines de sel gemme de Mondi, entre le Beyah et Satadrou, dans les premières chaînes de l'Himalaya (Ritter, p. 1075. Lassen, I, p. 300). On sait que l'or se rencontre en quantité dans la région des sources de l'Indus, à Satadrou, au Beyah (Hyphase), soit dans les mines, soit en grains que déterrent en grattant les gerboises, animaux bâtisseurs à fourrure mouchetée (Cf. Mégasthène et Néarque dans Arrien, Ind, 15) que les Grecs appelaient des « fourmis » (Cf. Ritter, p. 660). D'après toutes ces indications, la principauté de Sopithès devait s'étendre à l'est jusque vers les montagnes de Mondi, et au nord jusqu'au col de Retung, où jaillissent non loin Tune de l'autre les sources de l'Hyphase et de l'Acésine, frontières des domaines d'Abisarès et de Sopithès.

^) Il s'appelle Phégée dans Diodore, Phé gelas dans Q. Curce : ne lui donne-t-on pas peut-être le nom du fleuve qui arrose la principauté, le Beyah? Lassen (II-, p. 162) n'est pas de cet avis.

2) Strab., XV, p. 702. Strabon se serait-il servi, lui aussi, de lettres apocryphes ? Il dit de cette lettre : TtoXXâ ts aXXa Tiapâoo^a çpâ^oucra y-a\ oO-/ ôfjLoXoyoOaa o'josvî. On trouve dans le Pseudo-Callisthène la relation de Palladios, qui prétend être allé avec l'évêque Moïse d'Axoum au pays de l'Indus, et auquel l'évêque, qui avait lui-même poussé jusqu'au Gange, aurait raconté comme quoi il avait vu là-bas une colonne de pierre avec l'inscriptioiV : 'AXéEavopo; paaiXeù; sçOacra jxr/p'. touto'j toO totcou (Ps. Callisth., III, 7, 20n. Pour plus amples détails sur cette lettre, voy. Zacher, Pseudo-Callisthehes, p. 107 et 146. Il suffit de noter ici que Suidas (s. v. Bpaxi^àve;) donne l'inscription sous la forme suivante : èyà) {J-éya; 'AXé^avôpoç k'çOac-a {xéxpt TO'jTou. D'ailleurs^ la suite se reconnaît également pour un extrait de l'article de Palladios.

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<|iirh', ils nul lallaclir l;i nmsc drrnièn; du roloiir ;i un <uiscmMc «le motifs sui" l;i vairur desquels ni la vénicilé doiil loni souveni preuves les chroniciueurs d'aulrefois, ni la foi naïve qu'on leur accorde (le])uis deux mille ans ne doivenf pas nous induire en erreur.

Alexandi'c, dil-on ', s'était avancé sur riïyjihase dans le dessein de soumettre également la contrée qui s'étend de l'autrecôté, car il lui semblait que la guerre nepouvait se terminer lant(ju'il aurait encore un ennemi quelque part. Ayant appris qne, de l'autre cùtédc l'ITyphase, se trouvait une contrée riche, habitée par un peuple qui cultivait assidûment la terre et portait les armes avec courage, il se réjouit en voyant leur sage constitution, car les plus nohles gouvernaient le peuple sans oppression ni jalousie. Dans ce pays, les éléphants de guerre étaient, dit-on, plus grands, plus sauvages et en plus grand nombre que partout ailleurs dans l'Inde. Tout cela excitait chez Alexandre le désir d'aller plus avant. Mais les Macédoniens s'inquiétèrent en voyant leur roi entasser fatigue sur fatigue, danger sur danger; ils couraient pêle-mêle à travers le camp, se plaignant de leur malheureux sort ; ils se juraient les uns aux autres de ne pas aller plus loin, lors même qu'Alexandre le commanderait. Lorsque le roi apprit ce qui se passait, il se hâta de convoquer les « chefs des régiments ^ », avant que le désordre et le découragement des troupes ne s'étendissent davantage. Il leur dit que «. puisqu'ils ne voulaient pas le suivre plus loin de bonne volonté, il les avait rassemblés, soit pour les convaincre de l'utilité de la continuation de la campagne, soit pour qu^ils le persuadassent de l'utilité du retour. Si la lutte qu'il avait soutenue jusqu'ici ou la manière dont il les avait conduits leur semblait digne de blâme, il n'avait rien à ajouter; quant à lui, il ne connais-

*) Arrian., V, 25 sqq. On est à peu près sûr que le discours d'Alexandre tout au moins n'est pas extrait de Ptolémée, mais qu'il a été composé par Arrien. Quant aux faits qu'on rencontre dans tout ce récit, il est probable, d'après l'auteur lui-même (V, 28, 4), qu'ils sont tirés de Ptolémée.

^) |uyxa)i(Taç toÙç YiysfAÔvaç rtov Toc^etov (Arrian., V, 25, 2). L'allocution o) avops; Maxcooveç t£ xa\ |u[jL[xaxoi, ainsi que l'expression -jTroiJisvovTa et or, T'.ç xpoiTYi Taîç yvtofxac; twv Maxeôôvo)v te xa\ ^'j[L[i âytàv ejxirsaoOo-a -/. T. l. (V, 28, 3) indiquent quelles sont les troupes récalcitrantes.

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