OL. cxiiî, 3] halte o
Cratère et Iléphostion devaient attendre la flotte ; ils étaient déjà campés sur les deux rives du fleuve. Armée et flotte firent halte pendant deux jours en cet endroit, afin de donner au satrape Philippe le temps d'arriver avec larrière-garde de la grande armée. Les forces militaires macédoniennes comprenaient en tout, à Iheure présente, 120,000 combattants * ; dès qu'elles furent réunies, le roi prit les dispositions qu'exigeait l'entrée prochaine dans un pays étranger, et tout d'abord celles qui étaient nécessaires pour soumettre la contrée jusqu'à l'embouchure de FAcésine ; Philippe, en particulier, fut détaché sur la gauche, pour descendre jusqu'à ce fleuve et s'assurer de sa rive occidentale : Héphestion et Cratère continuèrent à s'avancer à droite et à gauche de THydaspe, un peu dans l'intérieur des terres. Tout l'effectif de l'armée devait se réunir de nouveau au delà de l'embouchure de l'Acésine , pour commencer, à partir de ce point, la campagne contre les Malliens et les Oxydraques. Déjà, en effet, on avait reçu la nouvelle des importants préparatifs que faisaient ces populations guerrières et nombreuses ; on rapportait que déjà les femmes et les enfants avaient été mis à l'abri dans les places fortes, et que plusieurs milliers d'hommes armés étaient réunis sur les bords de THyarotès. Le roi crut n'en devoir hâter qu'avec plus de zèle l'ouverture de la campagne, avant que l'ennemi n'eut achevé ses préparatifs. Après deux jours de repos, la flotte continua donc à descendre le fleuve ; partout où elle abordait^ les populations se soumettaient volontairement ou étaient facilement subjuguées.
Alexandre espérait atteindre, le cinquième jour, le confluent de l'Acésine et de l'Hydaspe. Il avait appris déjà que cet endi'oit était d'une navigation difficile, que les deux fleuves mêlaient leurs eaux avec beaucoup de violence en formant de nombreux tournants, pour continuer ensuite leur course Gom-
y compris les sinuosités de la rivière — quelque chose comme 40 milles. Certainement, Q. Curce n'a pas mis quadraginta pour quadiingentHy comme Freinsheim propose de lire.
1] ï-or, yàp y.%'. owoôx a {lupi âoîç xl-io uLi-/'.u.o'. s'zovto (T-jv ot; aTTO boùincrr,: Te oi-jxh- àvr,yayE xai tjH'.ç o\ iiii ff-j).AoyT,v a-jTw (rrpaT'.r;: r^t^r^h'twztz t.xov eyovTîç, TîavTola EÔvîa ^apêap'.xà âaa oi ayovii y.a-. zà^rav losr/^ wTiÀ'.fftjLr^a (Arrian., Ind., 19, ô).
572 i^A ii.oiTi.: KN n.wr.Ku [ll|, 4-^
niiine cl iinpi'hieusc diiiis un lil icsserrc '. (iCS rti[)[)orls fiirnit rrpandiis dans la flolh', m nir-nielemps (ju'on (exhortait sériciuscniont les navigaleurs à la prndencc. Vers la lin du cinqui«3nio jour de voyage, on (Milendil du eôU' du sud un violenl fracas, semblable au bruil i\\w produil une mer bouleuse en se brisant sur l(\s rocbers ; les rameuis de la premièn; eseadre s'arnHèrenl saisis d'étonnement, ne sachant si c'était la mer, ou un orage, ou quebjue autre chose qui était près d'eux. Instruits alors, et exhortés à travailler vigoureusement lorsqu'ils approcheraient de rembouchure, ils continuèrent à s'avancer. Le fracas devenait toujours plus violent; les rives se resserraient; déjà l'on apercevait le confluent, un endroit où le choc des deux fleiives produisait des vagues furieuses et écumanles. Le courant de l'Hydaspe se précipite perpendiculairement sur la colonne d'eau de l'Acésine et lutte contre elle en formant des tourbillons et en mugissant avec fureur, puis les deux fleuves,, avec la vitesse d'une flèche^ continuent, entre deux rives étroites, leur course agitée. Les matelots qui tenaient la barre exhortèrent une seconde fois les rameurs à travailler avec une prudence et une vigueur extrême^ afm de surmonter à force de rames le courant, qui sans cela emporterait les vaisseaux dans les tournants où ils seraient perdus sans ressource, et afm de sortir le plus promptement possible du passage où le lit du fleuve se trouve resserré pour arriver enfin à l'endroit où les eaux recouvrent leur liberté. Déjà le courant emportait les vaisseaux. Les rames et le gouvernail ne conservaient la direction qu'au prix d'indicibles efforts ; plusieurs navires furent vaincus, entraînés dans les tournants où la force de l'eau les faisait tourbillonner ; leurs rames furent brisées^ leurs flancs endommagés, et ils n'échappèrent qu'à grand peine au danger de sombrer. Ce furent particulièrement les longues embarcations qui coururent de grands dangers ; deux d'entre elles, poussées l'une contre l'autre, furent fracassées et s'enfoncèrent; des bateaux plus légers furent jetés àla rive. Les larges embarcations de transport furent plus heureuses: comme elles
^) Les rapports des modernes confirment ces assertions. (Voy. Vincent, p. Ii2). Chereffeddin (IV, 10, 52) dit de cet endroit : u les vagues qui se « forment en ce lieu le font paraître une mer agitée ».