OL. (xiii, 3] halte et exci usions
étaient trop larges pour que le courant put les faire tournoyer, lorsqu'elles se trouvaient prises par un tournant^ la force de Teau les remettait elle-même dans leur direction. On rapporte qu'Alexandrelui-même, avec son vaisseau, se trouva en danger manifeste de périr dans un de ces tournants, tellement qu'il avait déjà enlevé son vêtement de dessus afin de se précipiter dans les eaux et de se sauver à la nage \
La flotte sortit enfm de cet endroit périlleux, mais non sans avoir éprouvé des pertes importantes. Une lieue plus loin, on atteignit le point oii les eaux devenaient plus libres et plus tranquilles ; le fleuve, à cet endroit^ se dirige vers la droite en contournant des collines qui s'élèvent sur la rive et derrière lesquelles on peut aborder commodément à l'abri de la rapidité du courant, tandis que la rive, sur un long* parcours, était disposée de manière à permettre de recueillir facilement les débris et les cadavres. Le roi fit atterrir la flotte en cet endroit et donna Tordre à Néarque de faire réparer le plus promptement possible les avaries qu'avaient subies les embarcations. Il profita lui-même de ce répit pour faire une excursion dans le pays^ afin que les Sibes et les Agalasses, peuples guerriers de cette région que l'Acésine séparait des Malliens et des Oxydraques", ne pussent porter secours à ces derniers en les aidant à résister à l'attaque imminente des Macédoniens. Après une marche de dix milles, employée à répandre l'effroi par des dévastations, Alexandre arriva devant la capitale des Sibes, ville d'une certaine importance, qui fut prise d'assaut sans grande peine, ou qui, selon une autre version, se soumit volontairement ^
1) CuRT., IX, 4, 10. DioDOR., XVII, 96.
-) Sur les Xoudraca et les Malava, voy. Lassen (II, p. 171) et CuiNnin- GHAM {Geogr., I, p. 215 sqq.).
^) BoHLEN {Das alte Indien, p. 208) pensait que ces Sibes (Sîêac. Arriax., Ind., 5. Strab., XV, p. 253. Steph. Byz., s. v. Diodore donne -îêoi — orthographe moins bonne — et Q. Curce Sohu) étaient des « serviteurs de Siva». Lassex (I, p. 644) a réfuté cette opinion. Arrien ne s'arrête pas dans son Anabase à parler de ce peuple en particulier, attendu que naturellement il regarde comme un simple conte la généalogie qui le fait descendre d'Héraclès et qu'il voudrait encore moins, à l'exemple de Diodore, faire jouer un rôle politique à cette parenté avec l'HéracIide Alexandre. Cependant, il indique cette excursion en temps opportun (YI, 5, 9) : on voit
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A son rclniii- sur rAc(''sin(', Alcxaiidic IroiiN.i la llolle jirrle il iiM'Ilrr à la voilr; (a'ah'i'c rlail aussi dans l«' camp: ll('']»ln'slion cl IMnli|>|M' riaient arrivés en amoni du conllurnl. On j)rit immrdialcnicnl des dispositions pour l'expédilion contre les Malliens, dont le territoire conimen(;ail à sept milles de là en aval, près de rembouclnire de riJyarotès, et s'étendait au loin vers le nord, sur la rive de ce fleuve. Le roi savait qu'ils s'attendaient à être atta(|ués et qu'ils se tenaient prêts; ils devaient bien penser que Tarmée nuicédoni(;ime descendrait jusqu'à rembouclnire de IMIyarotès et pénétrerait par là sur leur territoire, car leur pays était séparé de TAcésine par un désert sans eau de plusieurs milles de largeur, et par conséquent sendjlait à l'abri d'une attaque partant des environs de la station des vaisseaux. Le roi résolut de prendre cette route par laquelle ils l'attendaient le moins, de diriger une attaque soudaine contre la partie supérieure de leur pays, non loin des frontières de la Gandaritide et des Cathécns, puis, en partant de ce point, de refouler les ennemis sur l'IIyarotès; ils devaient tomber de nouveau entre les mains des Macédoniens aux emboucbures de ce lleuve, s'ils cberchaient secours ou protection sur la rive opposée de l'Acésine. La flotte, sous les ordres de Néarque, commença donc aussitôt à descendre le fleuve, afin de s'emparer de la rive droite de l'Acésine, en face du confluent de l'Hyarotès, pour couper ainsi les relations .qui unissaient le pays des Malliens au territoire de la rive opposée. Avec ses troupes, avec les éléphants et la phalange de Polysperchon qui jusqu'alors avaient été avec Héphcstion, et avec les troupes de Philippe qui avaient passé Fllydaspe au-dessus de son embouchure, C.ratère devait arriver à la station de Néarque trois jours plus tard, et former sur la rive droite du fleuve, avec ces forces importantes, la base des opérations hardies qui s'accompliraient sur l'autre rive. Dès que Néarque et Cratère furent partis, Alexandre partagea encore le reste de l'armée en trois corps ; tandis qu'avec Fun d'eux il ferait lui-même une incursion subite dans l'intérieur du pays
par la place qu'elle occupe clans son récit que les Sibes habitaient clans la région comprise entre l'Acésine et rindus.