OL. cxui, 3J mallii!:ns et oxyduaques 57o
des Mallicnsel chasserait reimemi en aval du tleuve, lléphestion, qui partit cinq jours à Tavance avec le deuxième corps, devait se rendre maître de la ligne de THyarotès, pour s'emparer des fuyards ; le Lagide Ptolémée devait au contraire partir trois jours plus tard, avec le troisième corps, pour barrer la route à ceux qui pourraient tenter de s'enfuir en arrière vers l'Acésine.
De leur côté, les Malliens et les Oxydraques, à la nouvelle de rapproche d'Alexandre, avaient, dit-on, fait taire leurs anciennes rivalités et s'étaient engagés par des otages à se porter mutuellement secours. Ils avaient réuni une armée très considérable, composée de plus de soixante mille fantassins, dix mille cavaliers et sept cents chariots de guerre ; mais, comme ils faisaient partie des Arattes, c'est-à-dire des Indiens qui n'avaient pas de prince, ils s'étaient tellement divisés lorsqu'il s'était agi de choisir un général commun, que leur armée se démembrait et que les contingents des divers districts se retiraient chacun dans leurs places fortes. Il est vrai que ce que nous avançons ici ne repose sur aucune autorité particulière; mais le fait semble ressortir des détails du plan d'opération conçu par Alexandre ^ D'après d'autres versions "^ les Malliens et les Oxydraques avaient dessein de se coaliser : ils auraient eu alors des forces importantes à opposer aux Macédoniens, et ce fut précisément pour prévenir leur coalition par son attaque qu'Alexandre redoubla de promptitude.
Le jour désigné pour le départ, vers le milieu de novembre, le roi se mit en route; il était accompagné des hypaspistes, des archers, des Agrianes, de la phalange de Pithon, de la moitié des hipparchies macédoniennes et des archers à cheval. Le désert commençait à une petite distance de l'Acésine ; après une marche de cinq heures, on trouva de l'eau, et l'on fit halte en cet endroit; puis à midi, lorsque les troupes furent un peu reposées et que chacun eut rempli d'eau son bidon, on se remit en route et on s'avança en toute hâte, pendant le
') D'après Q. Curce et Diodore.
^) Arrian., VI, 11,7.
:)7() IMUSK d'agalassa |I1I, ï
reslo du joui- cl pciidaiil la nuit suivant*'. Le iiiatin, après une» marrhc de près do huil milles, ou apor(;ut du coté de l'orient la ville des Malliens, A^alassa ', avec srs forlilieations. Un grand nouilue de Malliens s'y élaient réfuf^iés et earni)aient, sans f^ardcs et sans armes, sous les murs de la plac(;, (jui ne pouvait contenir toule la niultilude. Ils étaient tellement persuadés qu'une; surprise du côté du désert était impossi])le, qu'en voyant Tariuée s'approcher, ils pensèrent que c'était tout autre chose, ne pouvant s'imaginer que ce fusserit les Macédoniens. Déjà les cavaliers d'Alexandre étaient au milieu d'eux; inutile de penser à la résistance : desmilliers d'hommes furent massacrés ; ceux qui purent s'enfuir se réfugièrent dans la ville qu'Alexandre fit investir par sa cavalerie, en attendant que ses fantassins arrivassent pour commencer l'attaque. Aussitôt que ceux-ci se présentèrent, le roi envoya en toute hâte Perdiccas^ avec deux hipparchies et les Agrianes, vers une ville voisine - dans laquelle beaucoup d'Indiens s'étaient réfugiés, lui donnant pour instructions d'observer cette place avec le plus grand soin, toutefois sans rien entreprendre contre elle avant que l'armée, venant d'Agalassa, ne se fût approchée, afin que les fuyards ne pussent s'échapper dans l'intérieur du pays et y répandre la nouvelle que les Macédoniens étaient dans le voisinage. Pendant ce temps, Alexandre commença l'attaque; les Indiens, qui dans la première surprise avaient été fort maltraités, désespérèrent de pouvoir défendre leurs murailles et abandonnèrent en courant les portes et les tours. La plus grande partie tomba sous les coups des Macédoniens qui les poursuivaient ; quelques milliers seulement purent se retirer dans laforteresse, du haut de laquelle
') Ce nom ne se trouve pas dans Arrien, et dans Q. Curce (IX, 4, 5), qui concorde ici presque littéralement avec Diodore, il est caché sous la fausse leçon alia gens. Si embrouillé que soit le récit des deux auteurs, on parvient encore à discerner les points par où il s'accorde avec celui d'Arrien : Le superato amne de Q. Curce se rapporte à FAcésine, qu'Alexandre dut traverser pour passer, du camp où il était revenu après l'expédition contre les Sibes, à la rive orientale de la rivière et dans le pays des Malliens. Sur les Malliens, voy. Ton, Rajasfan, II, p. 292. 443. Agalassa, à huit milles de la station au-dessous du confluent de THydaspe, coïncide avec l'emplacement de Pinde Schaich Moosa, à un mille et demi de l'Hyarotès.
-) C'était peut-être bien Moree, non loin de la rivière.