OL. cxiii, 3] combat srn l'htarotès o
de Pithon, riiipparchie de Déniétriosetun nombre suflisant de troupes légères, avec consigne de donner la chasse à tous les Indiens dans les bois et les marais et de massacrer tous ceux qui ne se soumettraient pas volontairement. Le roi s'attendait à un combat acharné; il s'avança lui-même avec les autres troupes contre la ville dont nous venons de parler; mais Teffroi général que les armes macédoniennes avaient répandu était si grand, que les Indiens, désespérant de pouvoir se maintenir dansla grande ville, l'abandonnèrent pour se retirer au delà du fleuve voisin et occuper sa rive septentrionale, justement assez élevée, dans l'espoir de parvenir à empêcher, du haut de cette position certainement favorable^ le passage des Macédoniens. Dès qu'Alexandre fut instruit de cette circonstance, il s'avança rapidement avec toute la cavalerie, après avoir donné l'ordre aux fantassins de le suivre sans retard. Arrivé sur le bord du fleuve, il fit incontinent commencer la traversée, sans se soucier de la ligne des ennemis déployée sur Tautre rive. Les Indiens, frappés d'eflroi devant la hardiesse de cette manœuvre, se retirèrent en rangs serrés, sans tenter un combat inégal ; mais, lorsqu'ils eurent remarqué qu'ils n'avaient devant eux que quatre à cinq mille hommes de cavalerie, leur ligne de bataille tout entière, qui comptait bien cinquante mille combattants, se retourna contre Alexandre et sa colonne de cavalerie, et s'efl'orça de les repousser de la rive dont ils avaient déjà pris possession. Ce fut avec peine et grâce seulement à une suite de mouvements habiles^ au moyen desquels on évita toute mêlée, que les cavaliers purent se maintenir sur ce terrain difficile, jusqu'à ce que peu à peu les divisions des troupes légères et particulièrement les archers fussent arrivés, tandis qu'on apercevait déjà surTautre rive l'infanterie pesante qui s'avançait. Alexandre commença alors à marcher en avant, mais les Indiens n'osèrent pas attendre l'attaque ; ils se retournèrent et prirent la fuite dans la direction d'une ville voisine, munie de puissantes fortifications \ Les Macédoniens les poursuivirent vivement, tuè-
') L'emplacement de cette ville est fort incertain. Je nose plus reproduire mes conjectures d'autrefois. Masson {Narnition, I, p. 402) croit retrouver la ville des iMalliens dans Bot-Kamolia ; CuniNingham {SiirDei/, V) dans Moul-
')80 r.\ ( \i'riAr,i: in:s mmjjkns |II1, 4
rciil iiii ^nind nombre de fuyards, cl ne s'arièlèrL'iit (juc suus les murs de la place.
Alexandn» lit aussitôt investir la villes par la cavalerie ; mais les l'anlassins arrivènmt trop tard dans la soirée et tous les soldats étaient trop fatii^ués, les cavaliers par la traversée du lleuve et la ponrsuite rapide, les fantassins par une marche longue et diflicile, pour qu'on put rien entreprendre de plus ce jour-là ; on établit donc le camp tout autour de la ville. Le lendemain, dès la première lueur du jour, le roi, à la tête d'une moitié de l'armée, et Perdiccas, à la tète de l'autre o
moitié, donnèrent l'assaut contre les murailles de tous les I
côtés à la fois. Les Indiens, incapables de les défendre, se 1
retirèrent sur toute la ligne et se réfugièrent dans la citadelle, qui était très fortifiée. Alexandre, de son côté, fit enfoncer les portes de la ville et pénétra dans la place à la tête de ses troupes, sans trouver de résistance; puis il traversa les rues en se dirigeant vers la forteresse. Celle-ci était munie de fortes murailles; les tours étaient pourvues de nombreux défenseurs, et les travaux d'un siège, sous les projectiles des ennemis, offraient de grands dangers. Les Macédoniens n'en commencèrent pas moins à miner les murs, tandis que d'autres soldats apportaient deux échelles d'escalade et tentaient de les appliquer, mais les traits que l'ennemi lançait sans interruption du haut des tours firent hésiter même les plus courageux. A cette vue, le roi saisit une échelle; tenant son bouclier de la main gauche, son épée delà droite, il gravit les échelons; Peucestas et Léonnatos s'élancent après lui sur la même échelle; un vieux capitaine, nommé Abréas^ monte sur une autre. Déjà le roi a atteint les créneaux ; le bouclier appuyé devant lui, il combat et se défend tout à la fois; il précipite un ennemi à la renverse du haut des murs, un coup d'épée en abat un second; en un instant, le vide se fait devant lui, il escalade les créneaux; Perdiccas, Léonnatos, Abréas,
tan. Ce voyageur démontre que le Ravi ou Hyarotès avait autrefois un cours différent de celui d'aujourd'hui et se jetait dans l'Acésine à quelques milles au-dessous de Moultan. Il donne aussi {Swvey, Y, pi. 36) delà ville de Moultan un plan qui met en évidence la citadelle ainsi que sa situation sur une île de l'ancien Ravi.