‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 147 sur 231 · OL. cxiii, 3] Alexandre blessé TiSl · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 3] Alexandre blessé TiSl

le suivent; déjà les hypaspistes, en poussant de grands cris, se pressent sur les deux échelles, mais celles-ci, surchargées, se brisent, etla retraite du roi, qui se tient sur lescréneaux, se trouve coupée. A sa brillante armure, au panache de son casque, les Indiens Font reconnu; personne n'ose l'approcher, mais les flèches, les javelots, les pierres lancées du haut des tours et du haut de la forteresse, plcuvent sur lui; ses fidèles lui crient de sauter en arrière et d'épargner sa vie : d'un regard il mesure la hauteur de la muraille en dedans de la forteresse ; déjà ce bond téméraire est accompli. Le voilà seul en dedans des murs ennemis ; le dos appuyé à la muraille, il attend ses adversaires. Déjà ils osent l'approcher, déjà leur chef le serre de près ; Alexandre le transperce d'un coup d'épée; d'un coup de pierre, il renverse un second ennemi; un troisième, un quatrième tombent sous l'épée du roi. Les Indiens reculent et commencent à lancer contre lui des flèches, des piques, des pierres, tous les objets qui leur tombent sous la main; son bouclier le protège encore, mais bientôt son bras se fatigue. Déjà Peucestas, Léonnatos, Abréas, ont sauté du haut des murs à ses côtés, mais Abréas est atteint d'un coup de pierre au visage, il tombe. Les Indiens, en le voyant à terre, poussent des cris de joie et continuent à lancer leurs projectiles avec un redoublement d'ardeur ; une flèche vient frapper la poitrine du roi ; son armure est transpercée ; un flot de sang jaillit etavec lui le souffle du poumon. Dans Fardeur du combat, le roi ne le remarque pas ; il continue de se défendre ; mais la perte du sang l'épuisé, ses genoux chancellent ; il perd connaissance et tombe en s'appuyant sur son bouclier. Les Indiens se pressent contre lui avec une fureur sauvage; cependant Peucestas s'est placé sur le roi renversé, il le couvre avec le bouclier d'Ilion dont il est porteur ; Léonnatos le protège de l'autre côté ; mais déjà ils sont atteints par une grêle de flèches, c'est à peine s'ils peuvent encore se tenir debout et le roi perd tout son sang.

Pendant ce temps, la plus vive agitation règne en dehors des murs; les Macédoniens ont vu leur roi se précipiter dans la ville; il est impossible qu'il parvienne à se sauver, et ils ne peuvent le suivre. On veut appliquer des échelles, des ma-

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chines, «les aihi'es, iiiMis huit cola ne sert qu'à faire [x-nlre du (enips, el un inslaiil (I(î n^tanl [)eut causer sa niori ; il faut le suivre. Les uns enfoncent des pi«|uets dans les murs et s'en servent pour grimper, les aulnes montent sur l«is épaules de leurs camarades el parviennent jusqu'aux créneaux; ils aperçoivent alors le roi étendu par terre, les ennemis se pressant autour de lui, et Peucestas qui déjà s'aiïaisse. Ils sautent de la muraille en poussant des cris de rage et de douleur et se groupent rapidement autour de leur roi tombé ; ils serrent leurs boucliers les uns contre les autres,, foncent en avant et repoussent les Barbares. D'autres se ruent contre la porte, la font voler en éclats, enlèvent les battants des gonds, et les colonnes se précipitent dans la forteresse en poussant des cris de fureur. Maintenant ils se jettent sur l'ennemi avec un redoublement d'énergie ; tous ceux qu'ils rencontrent sont frappés à mort; femmes, enfants, sont transpercés; c'est dans le sang que leur vengeance doit s'assouvir. D'autres placent le roi sur son bouclier et l'emportent : la flèche est encore enfoncée dans sa poitrine ; on essaie de l'arracher, mais un crochet la retient ; la douleur réveille le roi de son évanouissement, il soupire et demande qu'on enlève la flèche de la blessure en élargissant la plaie avec son épée. On y parvient enfin ; le sang s'échappe en abondance et le roi perd de nouveau connaissance ; la vie et la mort semblent se le disputer. Les amis entourent sa couche en versant des larmes; les Macédoniens se tiennent devant sa tente : ainsi se passent la soirée et la nuit '.

*) Arrien (VI, H) a fait la critique des assertions contraires à la version exposée ci-dessus (d'après Ptolémée), de façon qu'il ne peut rester aucun doute sur les erreurs dont elles sont entachées. Il blâme tout particulièrement ceux qui affirment que le fait s'est produit dans le pays des Oxydraques, comme le racontent Q. Curce(IX, 4, 26), Lucien [Dial. mort., XWj 14), Appien (B. Civil., II, 102), Pausanias (I, 6) et autres (ap. Freinshem. ad Gurt., loc. cit.). Il signale une seconde erreur dans les noms de ceux qui se trouvaient dans la citadelle avec le roi. Plutarque {Alex., 63) nomme Peucestas et Limnœos ; Q. Curce (IX, 5, 15), Timœos et les trois gardes du corps Peucestas, Aristonous, Léonnatos ; Timagène et Clitarque (suivant Q. Curce) et après eux Pausanias (loc. cit,) et Etienne de Byzance (s. v. 'Olvopaxa'.) y ajoutaient le Lagide Ptolémée, qui se trouvait à dix milles au moins de là. Peucestas passait généralement dans l'antiquité pour le sau-

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