‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 149 sur 231 · OL. cxiii, 3J les oxydraqtes · texte numérisé non relu

OL. cxiii, 3J les oxydraqtes

capitale dos Mallieiis avait produit une impression profonde sur toutes les populations des environs. Les Malliens euxmêmes, bien que les Macédoniens n'eussent rien entrepris contre la vaste étendue de leur territoire, désespérèrent de pouvoir leur résister plus longtemps ; ils envoyèrent une ambassade et se soumirent humblement au roi, eux et leur pays. Les Oxydraques ouSoudraques, qui partageaient avec les Malliens la réputation d'être les peuples les plus courageux de l'Inde et qui pouvaient mettre en campagne des forces considérables, préférèrent se soumettre. Une ambassade formée des commandants des villes, des seigneurs de la contrée et de cent cinquante des principaux habitants, arriva avec des présents et revêtue de pleins pouvoirs pour accepter toutes les conditions qu'imposerait Alexandre. Ces envoyés dirent que, s'ils ne s'étaient pas présentés plus tôt devant le roi, il fallait leur pardonner, car, plus qu'aucun autre peuple de l'Inde, ils aimaient leur liberté qu'ils avaient conservée depuis des temps immémoriaux, depuis l'expédition du dieu que les Grecs appelaient Dionysos; mais qu'ils se soumettaient volontiers à Alexandre, car il devait certainement descendre des dieux, ainsi que le prouvaient ses hauts faits. Ils ajoutaient qu'ils étaient prêts à recevoir le satrape qu'il établirait, à payer tribut et à livrer des otages en aussi grand nombre que l'exigerait le roi. Alexandre demanda mille des plus nobles du peuple, qui devaient, à son choix, le suivre comme otages, ou combattre avec lui jusqu'à ce qu'il eût soumis les autres contrées de l'Inde. Les Oxydraques envoyèrent les mille otages et ajoutèrent volontairement cinq cents chariots de guerre portant chacun son conducteur et deux combattants ; le roi renvova alors généreusement les mille otages, mais il incorpora les chariots de guerre dans son armée, et le territoire de ces peuples, avec celui des Malliens, fut réuni à la satrapie de l'Inde, sous les ordres de Philippe.

Une fois complètement rétabli, Alexandre rendit grâces aux dieux de sa guérisonpar des sacrifices solennels et des joutes, puis il quitta son camp assis à l'embouchure de l'Hvarotès. Pendant le temps qu'on avait passé dans ce pays, le roi avait fait construire encore quantité de nouveaux vaisseaux, de

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soric (in'iiii iiomhic dr troupes bien j>lns ronsidrrabic (|ii'jiuparavant pouvait maintenant dcscendri! le lleuve avec lui; il était accompagné de I (),()()() Fantassins armés à la légère, des archers et des Agrianes et {]v 1 .700 cavaliers macédonicuis. Le roi descendit ainsi du cours de 1 llyphase', jusqu'au conlluent du grand lleuve de Pandjnad et do Tlndus. Les Ahastancs (Ambastlia) avaient été les seuls peuples (|ue Perdiccas, en passant, avait dû contraindre jiar la force à se soumettre ; tous les autres, de près ou de loin, avaient envoyé des ambassades avec de nombreux et riches présents consistant en tissus magnifiques, pierres précieuses, perles, peaux de serpents aux couleurs variées, écailles de tortues, lions et tigres apprivoisés. De nouveaux vaisseaux à trenteramcurs, ainsi que des bâtiments detransport en nombre considérable, que le roi avait fait construire dans le pays des Xathras, descendaient le fleuve-. A l'endroit où l'Indus reçoit le Pandjnad, les cinq affluents de l'Est réunis, et oii se trouve le centre naturel du commerce des régions de l'intérieur avec l'embouchure de rindus, Alexandre résolut de fonder une ville hellénique, qui devait être aussi importante pour la domination du pays que considérable et florissante par le commerce de l'Indus ^ Cette

*) C'est de THyphase et non pas de l'Hésudros (Catadrou) que parle Arrien(IV, 14, 5).

*) Arrian., VI, ]o. Il est d'autant plus difficile de spécifier la situation de ces peuples, que Diodore et Q. Curce confondent tout, et que dans les Indica d'Arrien on rencontre d'autres confusions produites par des indications souvent fausses au sujet des diverses embouchures des cours d'eau : la seule chose qui paraisse certaine, c'est que le pays très étendu des Oxydraques ne dépassait pas beaucoup au sud l'embouchure de l'Hyarotès, qu'il commençait à la frontière des Malliens et s'étendait au delà des limites du Moultan actuel, jusqu'au confluent de l'Acésine et de l'Hyphase. Après avoir lu Lassen (II, p. 173), je n'ose plus croire que les Xathras soient identiques aux ^oôpa; de Diodore (XVII, 102), et qu'on puisse reconnaître dans leur nom des Kschatras nés d'un mélange de Kschatriyas (caste des guerriers) avec des Soudras. Les Xathras doivent avoir habité un pays boisé au bord de l'eau, car on a construit chez eux des navires. On n'a aucun renseignement sur les Abasthanas (Sambastes chez Diodore) et sur leur pays.

^) Il est à peu près certain que cette ville est la cinquième Alexandrie d'Etienne de Byzance, celle qu'il appelle ev ^zr^ 'Quiavî] xaxà Tr,v Ivôixy,v : nous sommes ici dans le pays des 'ÛT^îa'., à propos duquel Hécatée {fragm. 175 ap. Steph. Byz., s. v.) fait déjà la remarque : otTib ôè to-utwv IpofjLîr,. Vincent (p. 136) a déjà exposé en détail combien la situation de la contrée est favo-

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