oL. r.xiiT, 3] alexandrii: soc.dtenxe S
ville (levait être le point le plus méridional de la satrapie de Philippe, et celui-ci resta dans cet endroit avec des forces imposantes, composées de toutes les troupes thraces et d'un nombre proportionnel d'hommes pesamment armés pris dans les phalanges. Il était chargé notamment de pourvoir de son mieux à la sécurité du commerce dans ces parages, d'établir sur rindus un port spacieux, un chantier pour la construction des vaisseaux et un magasin de vivres, et de favoriser de toutes manières la prospérité de cette Alexandrie.
On pouvait être au mois de février de l'année 325, lorsque Tarmée macédonienne quitta Alexandrie pour s'avancer dans le bassin inférieur de l'Indus. La plus grande partie des troupes avec les éléphants, sous la conduite de Cratère, longeait la rive orientale du fleuve : de ce côté, en effet, la route était meilleure et les populations n'y étaient pas encore toutes portées à se soumettre. Quant au roi, il descendit le fleuve avec les troupes que nous avons nommées plus haut. Armée et flotte arrivèrent sans obstacle dans le pays des Coudras, que les Hellènes nommaient Sogdes ou Sodres, et s'arrêtèrent dans leur capitale ^ On fit de cette ville une colonie hellénique sous le nom d'Alexandrie Sogdienne ; elle fut pourvue d'importantes fortifications, d'un port, d'un chantier pour les vaisseaux, et fut désignée pour être la résidence du satrape de l'Indus infé-
rable au commerce. On ne doit pas s'étonner qu'il n'en soit plus question par la suite : les renseignements qui proviennent du temps de l'empire bactrien et indo-scythique sont trop clair-semés pour qu'on doive conclure que ce dont ils ne font pas mention n'existait plus.
1) Vincent (p. 119 sqq.) et Pottixger (p. 382) retrouvent l'emplacement de cette ville dans la Bhoukor actuelle. Je crois qu'ils se trompent. Ce twv SÔYûcDv To {^a<7iXsîov (Arrian., VI, 15, 4) devait être situé plus en amont, à peu près à mi-chemin des 30 milles qui séparent Bhoukor (Bakkan) de l'embouchure de THyphase, vers l'endroit où aujourd'hui encore la route de rinde aux défilés de Bholan traverse l'Indus, comme le marque Cunningham (p. 255), entre Fazilpour sur la rive gauche et Kasmor sur la rive droite. Ce doit être cette Alexandrie qu'Etienne deByzance classe au seizième rang, comme étant èv tt, Iloyôiàvr,, malgré la mention accessoire izapk XlapoTiaiJLKTaSat; qui se sera gUssée d'un autre endroit dans ce passage, car l'Alexandrie suh ipso Caucaso ne figure pas dans sa liste. Les 10.000 hommes laissés en ce lieu sont mentionnés par Diodore. Pithon — et non pas Python — paraît être le nom du satrape, fils d'Agénor, qu'il faut distinguer à la fois de l'Eordiéen Pithon, fils de Crateuas, et du Python de Catane ou de Byzance, auteur prétendu du drame satyrique Agm.
.^»H8 m: conis infi^hikim i»k i/ixons [fil, 4
rieur, (lontlo lenitoire (lovait s'élendro depuis r(3inl)ouchuro du Pandjuad jusciu a lamor. Pillion y fui placé comme satrape, avec une armée de 10,000 hommes'.
La position d'Alexandrie Sogdienne est une des plus imporlantes pour le cours inférieur del'lndus; le caractère du lleuve, du pays et des populations commence à changer ici d'une manière considérable. Les chaînes de montagnes de Soliman, qui ont accompag-né Tlndus du nord au sud, se tournent à l'ouest presque à angle droit, vers les défilés de Bholan. Le désert, qui était resté jusque-là voisin de l'Indus, du côté de l'est, s'éloigne; le lleuve envoie ses bras à droite et à gauche et forme ainsi un grand nombre d'îles et de bas-fonds; une contrée basse, fertile et bien peuplée s'étend sur les rives du lleuve, et bientôt le voisinage de l'Océan se fait sentir. Une autre circonstance non moins remarquable vient encore se joindre à celles-ci ; tandis que, du côté de l'est, un pays plat, uniforme, s'étend à perte de vue, dès qu'on s'avance au sud on voit s'élever au-dessus de la plaine occidentale une muraille d'imposantes montagnes qui enclôt le pays et se prolonge jusqu'au cap Monz. Le cours actuel de l'Indus s'avance en décrivant un grand arc jusqu'au pied de ces montagnes, puis se retourne à l'est, vers Hyderabad, où commence le delta. Dans l'antiquité, le fleuve suivait la corde de cet arc dans la direction du sud, de Bhoukor à Hyderabad, et baignait près de Bhoukor une chaîne de collines basses et calcaires, dans laquelle il a fait aujourd'hui une trouée en se dirigeant à l'ouest. Ces collines portent encore les débris d'Alor, l'ancienne capitale du pays du Sindh. Cette dernière contrée ressemble à un jardin; les coteaux sont ornés de vignobles, l'encens du climat brûlant d'Arabie, les champs de fleurs des chaudes et humides contrées des tropiques, le maïs des rives marécageuses du fleuve, poussent ici côte à côte; des villes, des villages en nombre considérable ornent le pays ; un commerce incessant anime le fleuve et ses canaux, et la population méridionale, chaudement colorée, gouvernée par des princes, est complètement différente des
*) Arrien dit : « Pilhon et Oxyartôs ». Pour phis amples détails à ce sujet, voy. ci-dessous, p. 595, 1. Tod {op. cit., 1, p. 92) regarde les Sogdi comme des Sodas, appartenant aux Pramares.
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peuples qui habitent Tlndus supérieur. La caste des brahmanes y occupe le premier rang, et son influence est décisive sur les affaires publiques : la conduite du prince est dirigée autant par les préjugés religieux que par la défiance et des rivalités sans fin; c'est là une marque caractéristique qui, dans le coursdes siècles, au milieu de tous les changements de gouvernements, de religion et même de nature, est toujours restée la même.
Le caractère particulier de ce pays et de ses habitants fit aussitôt sentir ses effets pour Alexandre. La soumission des Malliens avait fait cesser toute résistance de la part des populations, et l'armée était arrivée jusque dans le pays des Sogdes en poursuivant une campagne de succès non interrompus, mais c'était en vain quWlexandre comptait sur la soumission volontaire des populations plus éloignées: ni princes, ni ambassades de princes ne vinrent présenter leurs hommages aumaitre du pays de l'Indus; les suggestions des orgueilleux brahmanes ou la confiance dans leurs propres forces les avaient portés sans doute à mépriser le puissant étranger. Seul, le prince Sambos * s'était librement soumis ; il dépendait de Mousicanos, qui était plus puissant que lui, et il peut se faire qu'il ait mieux aimé servir un maître étranger qu'un prince voisin. Alexandre le confirma dans son pays de montagnes, en qualité de satrape -, ou, pour parler plus exactement, lui laissa son territoire aux mêmes conditions qu'aux princes tributaires de la satrapie de l'Inde supérieure.
1) C'est le nom donné par Arrien (VI, 16, 4). Ce personnage est appelé Sabospar Q. Curce ;IX, 8, 17;, Diodore (XVII, 102 et Strabon ^XV, p. 701); Sabbas par Plutarque {Alex., 64'»; Ambigerus (var. Ambi régis) par Justin (XII, 10) ; Amhira rex par Orose (I, 19). D'après Lassen, le nom véritable devait être Çambhou.
-) Vincent (p. 130 sqq.) a placé le siège de cette principauté des Indiens montagnards dans les environs de Sebee, à 40 milles environ au nord-ouest de Bhoukor ou Alexandrie, sans autre raison qu'une trompeuse ressemblance de nom. Il a contre lui la distance, la population non hindoue du Sévestan et le témoignage exprès de Strabon, d'après lequel la région confinait à la Parœtacène. Par conséquent, Pottlnger (p. 539 trad. ail.) doit avoir raison quand il identifie les montagnes dans lesquelles se trouvait la principauté de Sambos avec les monts Youngar, au sud du bras de Larkhanou, formé par rindus, et la capitale de Sambos avec Sehvan sur Tlndus. Le colonel Ton (II, p. 220) rapporte, dans son système, le nom du prince à la dynastie Sind-Sama.
HÎK) i.i: iMn\( K .MorsK.ANOS [III, 4
La position iii(k''j)rn(laiile (juc scmlilaicnt vouloir conserver Moiisicanos et les autres princes du pays força le roi à recourir encore à la force des armes. Partant d'Alexandrie Sogdienne, il descendit rindus aussi rapidement que possible, et, pénétrant dans le bras du lleuve (jui se dirif^(;ait du C(Mé des montaj;iies et conduisait à la résidence de Mousicanos, il atteignit les frontières du territoire de ce prince avant que celui-ci eut pu s'attendre à une surprise. Klfrayé par l'approche du danger, Mousicanos chercha à faire oublier son orgueilleuse attitude par une humble et prompte soumission ; il vint en personne au devant du roi et lui apporta de nombreux et riches présents, parmi lesquels se trouvaient tous ses éléphants ; il se soumit, lui et son pays, à la clémence d'Alexandre et avoua qu'il avait fort mal agi ; c'était le plus sur moyen d'exciter la générosité du roi. Le prince obtint son pardon, et son territoire lui resta, sous la suzeraineté macédonienne. Alexandre admira lasplendide nature de cette contrée; puis, comme la résidence du prince^ qui était dans une position très favorable pour maintenir tout le pays, avait besoin d'être assurée par une forteresse et par une garnison macédonienne. Cratère reçut l'ordre dV construire une citadelle '.
Le roi se mit en marche avec les archers, les Agrianes et la moite des hipparchies contre le pays des Praistiens et contre le prince Oxycanos, ou, comme d'autres le nomment, Porticanos ^. Ce prince, qui n'avait pas l'intention de se
') Arrian., VI, 15. Le nom du prince Mousicanos est en même temps celui du pays : on retrouve Moùshika et sa résidence dans les ruines d'Alor (ou Arore, nom sous lequel la décrit Wood, p. 49). Lorsqu'on partit d'Alexandrie en Sogdiane, Cratère était déjà passé sur la rive droite de l'Indus (Arrian., V^I, 15, 5), et le ôià r?,; 'ApaxtoTwv xai Apâyywv y?,; exTrlfxiist du texte en question a Tair de n'être que le reste d'un renseignement sur la destination de ce détachement: de là rfir^ ïcitXkt {Arrian., VI, 17, 3). Mousicanos ayant fait par la suite des concessions, Cratère dut recevoir Tordre de s'arrêter, à peu près entre Sakkar et Shikarpour, à 4 milles de Bhoukor.
-) On trouve Oxycanos dans Arrien, Porticanos dans Strabon, Diodore et Quinte-Curce. D'après Lassen (II, p. 178), le nom exact, dérivé de celui du peuple ou du pays, Frashta (terrain monlueux), serait Pràthaka. On doit conclure des expressions d'Arrien que, pour faire cette expédition, le roi s'est éloigné du fleuve, dans la direction de l'ouest nécessairement. Aussi CuNNiNUHAM [Geo(jr., I, p. 260) paraît avoir raison de chercher la ville des Prashta à Mahorta, où Masson {Travels, I, p. 461) a trouvé une ancienne forteresse assez importante.