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soumettre, s'était enfermé dans sa capitale avec des forces considérables. Le roi s'approcha et prit sans peine une des premières villes de la principauté; mais le prince, que n'éblouissait pas l'exemple de Mousicanos, attendit l'ennemi derrière les murailles de sa résidence. Alexandre arriva et commença le siège; le troisième jour, il avait fait tant de progrès, que le prince se retira dans la citadelle de la ville et voulut nouer des nég'ociations ; mais il était trop tard, une brèche était déjà ouverte dans les murs de la forteresse: les Macédoniens se précipitèrent à l'intérieur, les Indiens furent battus, malgré leurs efforts désespérés, et le prince futtué. Après la chute de la ville et la mort du prince, il fut facile de soumettre les autres villes de cette riche contrée, qui étaient en grand nombre, et Alexandre les abandonna au pillage; il espérait effrayer les peuples par le sort des Prœstiens et les décider à lui offrir de bon gré la soumission qu'il pouvait exiger par la force.
Mais déjà une agitation nouvelle s'était fait jour sur un point oii l'on n'aurait pas dû s'y attendre. Le prince Sambos avait vu avec effroi que Mousicanos non seulement était demeuré impuni, mais était même arrivé à une haute faveur près du roi, et il crut qu'il avait à craindre maintenant le châtiment de sa défection. Les brahmanes de sa cour, sans autre intérêt que la haine contre le conquérant étranger, surent entretenir ses inquiétudes et l'amener enfin à la démarche la plus malencontreuse qu'il pût faire; il s'enfuit dans le désert, laissant son pays en proie au trouble et à l'insurrection. Le roi s'y rendit en toute hâte; Sindomana \ la capitale, ouvrit ses portes et s'en remit d'autant plus volontiers à la clémence d'Alexandre qu'elle n'avait pas pris part à la défection; les éléphants et les trésors du prince furent livrés, et les autres villes du pays suivirent l'exemple de la résidence; une seule, oii les brahmanes qui avaient conseillé la défection s'étaient
') C'est ainsi que l'appelle Arrien : Strabon la nomme Sindonalia ou Sindonia. Tod (I, p. 218) considère la ville indo-scythe de Minagara comme équivalant à Saminagara, c'est-à-dire « résidence (nngara) de Sambos ». Son emplacement près de la Sehvan actuelle a été établi, avec discussion détaillée, par LasseiN (II, p. 179) et Cuxnlxgham (II, p. 264).
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retirés, osa résister, mais (,'lle fut prise, cl les brahmanes coupables furent exécutés '.
L'aveugle fanatisme de la caste sainte, d'autant plus sauvage qu'il avait moins d'espérance, ne s'ellVaya pas du sort (les brahmanes de Samhos et sut, pendant l'absence du roi^ pousser le prince Mousicanos et les populations de son pays à la haine la plus violente contre les étrangers, à une révolte ouverte et au massacre de la garnison macédonienne. L'insurrection, comme une tlamme, avait gagné les deux rives du fleuve; chacun courut aux armes, et, si la force de la volonté et du commandement avait égalé la rage des insurgés, le roi se serait trouvé dans une position difficile. Mais à peine Alexandre s'approchait-il que Mousicanos s'enfuit de l'autre côté de rindus ; le roi envoya Pithon à sa poursuite et se porta lui-même contre les villes, qui, sans appui mutuel, sans commandement intelligent, sans espoir de salut, tombèrent rapidement aux mains du vainqueur^. Le châtiment de la défection fut sévère; un nombre immense d'Indiens périrent dans les assauts ou furent exécutés après la victoire ; les survivants furent vendus comme esclaves, leurs villes détruites, et le petit nombre de celles qui restèrent debout furent munies de citadelles avec garnison macédonienne pour surveiller cette terre couverte de débris et de ruines. Mousicanos lui-
') OctoQtnta milia Indorum in illa rcgionc cxsa Clitarchiis est auctor (Cl'rt., IX, 8, 15). Ce que raconte Q. Curce immédiatement avant, à savoir que les Macédoniens débouchèrent tout d'un coup sur la grande place de la ville par une galerie de mine qu'ils avaient creusée, est tout aussi digne de Clitarque, à qui Diodore (XVII, 102) emprunte aussi, sans le nommer, les 80,000 hommes tués. Suivant Plutarque (A/cj?., 64), ce sont les Brahmanes de Sabbas qui ont répondu au roi Alexandre par ces sophisraes fameux qui, sans avoir de valeur philosophique appréciable, comme le remarque avec raison le judicieux Arrien [^:r^; aoo'.oL;, e\ ôr, ti: Èaxiv. VI, 16, 5), ont passé dans l'antiquité pour l'indice d'une sagesse profonde. On y retrouve la subtilité des distinctions et la clarté superficielle dans laquelle tombe la sagesse hindoue, une fois qu'elle se dépouille des formes mythiques et mystiques.
-) C'est ici qu'il faut placer la ville des Brahmes, Harmatalia (Diodor., XVI, 103. CuRT., IX, 8, 18), à l'assaut de laquelle fut blessé Ptolémée Lagide. Le récit merveilleux de son rêve sur le lit de repos du roi paraît être de l'invention de Clitarque : du moins, Arrien n'en dit mot, et cependant il avait sous les yeux les Mémoires du même Lagide.