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qui pourrait arriver. Des désordres s'étaient également produits dans la satrapie du Paropamisos ; ïyriaspe avait ameuté toute la population contre lui, par des vexations et des injustices de toute sorte, tellement que la voix des accusateurs finit par arriver jusqu'au roi. Il fut destitué, etle prince Oxyartès envoyé à sa place à Alexandrie*. Les nouvelles de Tintérieur de l'Ariane étaient plus inquiétantes; le Perse Ordanès s'était proclamé indépendant et avait usurpé la souveraineté des Ariaspes sur TEtymandros inférieur'. Avant tout, il était important de faire paraître sur ce point des forces macédoniennes considérables, afin d'étouffer le danger dans son germe.
Le tiers de l'infanterie environ se tenait prêt à marcher vers TArachosie, sous les ordres de Cratère ; cet officier avait avec lui les phalanges d'Attale, d'Antigène ^ de Méléagre, une partie des archers, tous les éléphants et de plus les hétseres à pied et à cheval qui, n'étant plus propres au service, devaient retourner dans la patrie. D'après les ordres qui lui furent donnés, il devait traverser l'Arachosie et la Drangiane pour gagner la Carmanie *, réprimer dans tous ces parages les in-
mort par Pithon. Dexippos (ap. Phot., cod. 82 [fragm. 1, éd. Mûller]) puise à bonne source des détails qui paraissent se rapporter à la même insurrection. J'ai appelé l'attention sur ce point dans un article del'Hermes (XI, p. 462).
i) Arriax., VI, 15. CuRT., IX, 8, 9. Arrien dit que Pithon et Oxyartès reçurent la satrapie du Bas-Indus : l'assertion parait d'autant moins exacte que les deux régions ne se touchaient pas, mais se trouvaient séparées par la satrapie de la Haute-Inde et de l'Arachosie.
2) Arrian., VI, 27, 3. Q. Curce (IX, 10, 20) écrit : Orcinen (Oclnen) et Tiiriaspcn (ZariaspenJ nohiles Versas. Comme Arrien ne connaît qu'un seul Ordanès, celui que Cratère fit prisonnier dans sa marche à travers l'Arachosie, la Drangiane, le pays des Ariaspes et la Choarène (tel est l'ordre des provinces énumérées), il n'y a pas, ce semble, trop de témérité à supposer une erreur dans Q. Curce, qui aurait pris le nom du peuple accaparé par l'usurpateur pour celui d'un deuxième rebelle appelé Ariaspe.
3) Arrien (VI, 17, 3) nomme ici Antigène comme chef d'un régiment, tandis qu'à la bataille de l'Hydaspe, où l'on ne mit en ligne que les hypaspistes et de l'infanterie légère, le même personnage commande avec Sèleucos et Tauron t&v tïc^wv Tr,v çâXayya. Si le nom est exact, ce passage nous fournit un exemple d'avancement.
*) Strabon (XV, p. 721) dit que Cratère, « parlant de l'Hydaspe, a traversé l'Arachosie et la Drangiane ». Cela veut-il dire qu'il a remonté l'indus,
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iioviitiulis mal voilliinlcs cL parliciiliôrcment roconiinandor aux satrapes do ces régions donvoyer des convois de subsistances sur la côte de (lédrosie, qu'Alexandre avait Tintention de suivre prochainement'.
Après avoir ainsi expédié (Cratère, le roi partit lui-même; il descendit le lleuve avec la Hotte, tandis que Pitlion, avec les archers à cheval et les Agrianes, suivait le cours du fleuve sur la rive gauche, pour peupler les villes qui s'y trouvaient situées avec les habitants du voisinage", réprimer le reste des désordres dans ce pays si rigoureusement puni, et rejoindre k Pattala le gros de l'armée, llépheslion conduisait les autres troupes k cette même ville, en marchant sur la rive droite de rindus.
Dès le troisième jour de voyage, Alexandre reçut la nouvelle que le prince de Pattala, au lieu de tout préparer pour recevoir l'armée, s'était enfui dans le désert avec la majeure partie des habitants, peut-être par crainte du puissant roi, mais plus vraisemblablement k l'instigation des brahmanes. Alexandre n'en mit que plus de promptitude k s'avancer; partout, les localités avaient été abandonnées par leurs habitants. Il atteignit Pattala vers la fin de juillet ^ Les rues et
puis TAcésine jusqu'à l'Hydaspe, pour commencer là sa retraita ? Non seulement c'eût été un détour inutile et fatigant, mais il aurait fallu alors passer par le royaume de Taxile, la satrapie de l'Inde et les Paropamisades pour rejoindre l'Arachosie. Slrabon nous indique lui-même (p. 725] la vérité, e:i donnant le nom de Choarène à la partie sud-est de l'empire parthe qui confine à rindus, et en disant que Cratère l'a traversée. Il est plus naturel que Cratère se soit acheminé à travers les montagnes d'Arachosie, en prenant la route qui va de Sakkar et Shikapour à Kandahar par les défilés de Bholan. Du reste, ces passages importants ne pouvaient pas rester sans être occupés. PoTTiNGER (p. 386 trad. ail.) explique pourquoi Cratère n'a pas pu passer par Kelat dans le Beloutchislan.
1) Diodore (XVII, p. 105) dit qu'Alexandre donna cet ordre au moment où il se trouvait dans la détresse la plus absolue dans le désert de Gédrosie, et qu'on put encore l'exécuter à temps. Cette allégation absurde permet de deviner la vérité, qui se comprend d'elle-même et qui se trouve confirmée à plusieurs reprises dans les Indica d'Arrien.
-) toc; t£ hT:txtiXia\i.v^x:; r.orj uôXst; l-jvoixt'ffat (Arrian., VI, 17, 5) : il s'agit des localités énumérées plus haut (VI, 17, 1) dans le pays de ^Mousicanos.
3) L'emplacement de Pattala, « là où le lleuve Indus se partage en deux bras et forme un delta », comme dit Arrien, pourrait, si ces branches du lleuve avaient été les mêmes autrefois qu'aujourd'hui, être fixé soit à la
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les maisons étaient désertes ; les habitants avaient emporté tout leur mobilier; la grande ville paraissait morte. Les troupes légères furent aussitôt envoyées pour courir sur les traces des fuyards; quelques-uns d'entre ceux-ci furent conduits devant le roi, qui les reçut avec une douceur à laquelle on ne s'attendait pas et les renvoya vers leurs compatriotes pour les inviter à revenir en paix dans leurs habitations et à leurs affaires sans se mettre en peine de leur sort à venir, car il leur serait permis de vivre, après comme avant,, selon leurs mœurs et leurs lois. Sur cette promesse du roi, la plupart revinrent, et Alexandre put commencer l'exécution de son grand plan, pour lequel il lui était si important de posséder les bouches de rindus.
Il pressentait ou il apprit que cette même mer oii l'Indus déversait ses eaux formait le golfe Persique, et qu'il était possible, par conséquent, de trouver un chemin par mer pour gagner l'embouchure de l'Euphrate et du Tigre. Sa puissance, qui pour la première fois mettait en rapport immédiat les peuples les plus éloignés, ne devait pas être fondée simplement sur la force des armes, mais plus encore sur les intérêts des peuples eux-mêmes ; il devait songer avant tout à établir des relations commerciales, à fonder une vaste association de toutes les parties encore si éloignées de l'empire, et à réaliser des rapports, inconnus aux siècles précédents, qui embrasseraient le monde et les peuples. Partout cette pensée avait été présente à son esprit; les villes qu'il avait fondées pour la domination militaire de l'Iran et du Touran étaient autant de points où pouvaient s'arrêter les caravanes; les places fortes qu'il avait fondées dans l'Inde garantissaient la sécurité de la route qui descendait de l'Ariane et traversait la région des Cinq-Fleuves, ainsi que la navigation sur l'Indus et sur ses
bifurcation de Tatta ou à celle d'Hyderabad. Vincent a soutenu la première opinion, mais la description d'Arrien y est absolument contraire. D'après les traditions indiennes, le plus ancien endroit de la bifurcation est audessus d'Hyderabad, à Brahmanabad : pour plus amples détails, voy. Lassen (II, p. 182). Strabon (XV. p. 759) marque l'époque de l'arrivée à Pattala par le lever (matinal) du Chien, moment où le débit du fleuve était à son maximum.
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alllueiils; Alexandrie il'K^yp te, depuis (jiiîilrc on ciiMj ans qu'elle existait, étail déjà un point central pour le romnierce des mers qui entourent la Grèce ; il fallait maintenant que ce syslème de grandes conunnnications fût complété par l'occupation du délia de llndns, par la fondati(ui d'une place de commerce sur l'Océan, située dans une position favorable, enfin par J 'ouverture de routes pour le négoce telles que les dessinait déjà, en remontant vers l'intérieur, la ligne des villes helléniques, et telles que les faisait espérer la communication par mer entre les bouches de l'Indus et celles de l'Euphrate .
Pattala, située au point de division des branches qui forment le delta de Tlndus, s'offrait d'elle-même comme entrepôt commercial entre l'intérieur et l'Océan, et en mémo temps, au point de vue militaire, elle commandait le pays de Tlndus inférieur. En conséquence, Iléphestion fut chargé de fortifier avec le plus grand soin la citadelle de la ville, et ensuite d*établir un chantier pour la construction des vaisseaux et un port spacieux à côté de la cité. En même temps, le roi envoya plusieurs détachements de troupes dans la région déserte et sans arbres qui commençait à l'est, non loin de la ville, en chargeant les soldats de creuser des puits et de rendre cette contrée habitable, afin de faciliter aussi de ce côté les relations avec Pattala et d'ouvrir aux caravanes les régions du Gange et duDekhan. Une attaque soudaine des hordes qui habitaient ce désert ne fit que troubler un instant le travail.
Après un séjour prolongé, pendant lequel la construction de la citadelle se trouva à peu près terminée et l'établissement du chantier pour les vaisseaux déjà assez avancé, le roi résolut d'explorer en personne les bouches de l'Indus, afin de vérifier par lui-même jusqu'à quel point elles étaient navigables et commodes pour le commerce, et pour pénétrer jusque dans l'Océan, où pas un Grec n'avait encore pénétré. Il voulut suivre d'abord le principal bras du fleuve, qui s'écartait à droite ; tandis que Léonnatos marchait sur la rive intérieure avec mille cavaliers, neuf mille hoplites et l'infanterie légère, il descendit lui-même le fleuve avec les embarcations les plus rapides de sa flotte, les demi-trirèmes, les vaisseaux à trente
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rames et quelques cercoiires^ sans même prendre de pilotes qui connussent le fleuve, car les habitants de Pattala et les Indiens en général ne naviguaient jamais^ et d'ailleurs les riverains prenaient la fuite dès que les Macédoniens s'approchaient. Il se confiait dans le courage et dans l'adresse de ses matelots, et ne pouvait prévoir à quelle épreuve la puissance inouïe des phénomènes océaniques devait les soumettre.
On était précisément au milieu de l'été, au moment où le fleuve, considérablement grossi, submerge en partie ses rives les plus basses et rend la navigation d'autant plus périlleuse. Le premier jour, on s'avança sans rencontrer d'obstacle particulier; mais le second jour, à dix milles environ au-dessous de Pattala, un vent violent se mit à souffler du sud et fit gonfler les eaux du fleuve, de sorte que les vagues s'élevaient houleuses etécumantes; plus d'une embarcation coula et d'autres furent notablement endommagées. On se hâta de gagner la rive, pour réparer les avaries aussi bien et aussi rapidement que possible; en même temps le roi envoya des soldats armés à la légère^ pour s'emparer de quelques-uns des riverains en fuite qui connussent ces parages. Le lendemain on continua à s'avancer avec ces indigènes; le grand fleuve s'élargissait de plus en plus entre ses rives plates et désertes ; on commença à sentir le vent plus frais de la mer ; les vagues devenaient plus fortes et la manœuvre des rames plus difficile ; une forte brise de mer soufflait de l'avant et repoussait les eaux du fleuve qui grossissait et dont la navigation semblait devenir périlleuse. Les embarcations s'engagèrent dans un canal que montrèrent les pêcheurs dont on s'était emparé la veille. Les eaux roulaient toujours avec plus de force et de rapidité, et ce ne fut qu'avec de grands efforts qu'on parvint à faire approcher assez promptement de la terre les embarcations. A peine avaient-elles abordé que le fleuve commença abaisser avec la même rapidité ; les bateaux restèrent à sec pour la plupart,
*) Arrian., VI, 18, 4. Les r|[jLi6Xiai, ainsi appelées probablement parce qu'elles ont un rang et demi de rames, sont les navires de course ordinaires, c'est-à-dire exceptionnellement rapides : les xépxoupoi passent pour être d'origine cypriote; ce sont évidemment des bâtiments de mer, de modèle plus petit.
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ou s'tMifoncorent dans la vase du rivage; nu olait slupt';fait et iiulùcis. Qut>l(]U('S luHires se passèrent ainsi ; enfin on voulut aller romctlre à Ilot les embarcations, pour ^a^ner, n'iniport(î où, une eau navii^ahle. Mais voici ({uc le terri hie pliénonii'ne recommençait; les Ilots s'enflaient en muf^issant, submergeaient la vase du marais et ébwaient avec eux les embarcations qui s'y trouvaient enfoncées; ^grossissant avec une rapidité toujours croissante, les vagues venaient se briser contre les parties plus résistantes de la berge ; les bateaux qui avaient cbercbé là un refuge étaient jetés sur le côlé^ tellement que beaucoup chaviraient, tandis qu'un g^rand nombre d'autres se brisaient et s'enfonçaient ; les vaisseaux emportés, en désordre et sans moyen de. salut, par la violence des flots, se heurtaient tantôt contre la rive, tantôt les uns contre les autres, et les collisions devenaient plus dangereuses à mesure que la furie des vagues grossissantes devenait plus violente. Tels furent les dangers et les pertes au prix desquels Alexandre fit la première expérience du flux et du reflux de l'Océan. Bien que le point où se trouvait le roi fût encore éloigné de dix milles au moins de l'embouchure proprement dite du fleuve, le mouvement était d'autant plus terrible que le flux avait à lutter contre l'énorme colonne d'eau que l'Indus pousse à sa rencontre, et que l'entrée dufleuve, large de deux milles, ouvre un plein accès à son irruption ^
Aussitôt qu'Alexandre eut surmonté ces dangers et eut été instruit de leur retour périodique, il envoya, afin d'y échapper et tandis qu'on réparait les avaries des bateaux, deux solides embarcations vers l'île de Scillouta-, en aval du courant. Là rOcéan, au dire des pêcheurs, était tout proche, et la rive était
') La déclamalion de Q. Curce ne s'écarte pas sensiblement du récit judicieux d'Arrien (VI, 18). Il n'est guère possible aujourd'hui de préciser les stations du voyage.
-) Cilluta, ScilluLis, Psiltucis, suivant les divers auteurs. Le delta deTlndus est sujet à de trop grands changements pour qu'on puisse retrouver ici chaque locaHté. La saillie que fait dans la mer la rive droite de l'embouchure fait supposer qu'une des trois îles rangées côte à côte et formées par de larges bras dufleuve, probablement la deuxième, se trouvait là. Malheureusement, le début de la navigation de Néarque est devenu, en raison des changements survenus dans les stations qu'on lui assigne, trop obscur pour qu'on puisse en tirer quelque chose.