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I, 1] LES GUERRES MÉDIQUES

se révolait maintenant comme lo plus grand danger, le véritable « lléan panhellénique ».

Il n'entrait pas dans les aptitudes de Sparte de se faire le pouvoir sauveur de la Grèce. D'autre part, quelque puissance effective qu'eût acquise çà et là la tyrannie, issue des premières agitations du démos en voie d'affranchissement, fondée comme elle l'était sur l'oppression de la classe aristocratique et la faveur des masses, elle avait fini par s'affaisser.

Athènes est le seul endroit où sa chute, au lieu de ramener au pouvoir les seigneurs, résultat attendu et cherché par Sparte, avait produit une réforme hardie et libérale, une Constitution a avec droits égaux pour tous », ne laissant aux localités comprises dans l'État athénien qu'une indépendance communale, et provoquant par là une expansion de force intérieure capable, à peine commencée, de braver l'attaque concertée de tous les États aristocratiques d'alentour, groupés sous la direction de Sparte. Celle-ci était disposée à ramener même le tyran à Athènes : comme les autres Péloponnésiens s'y refusaient, les Éginètes, qui craignaient de rencontrer dans Athènes une rivale sur la mer, continuèrent la lutte. Pour se défendre contre la force plus grande de leur flotte, la capitale de l'Attique dut rappeler les vaisseaux qu'elle avait envoyés au secours des Ioniens, et, pour avoir prêté ce secours, elle dut s'attendre, après la chute de Milet, à la vengeance du Grand-Roi.

Déjà l'armée de terre et la flotte de celui-ci s'avançaient de l'Hellespont, le long- des côtes, en soumettant les villes grecques, les Thraces de l'intérieur des terres et le roi de Macédoine. La noblesse thessalienne rechercha l'amitié des Perses et fut imitée par les familles régnantes des dynastes de Béotie, remplies d'animosité contre Athènes. Les hérauts du roi parcouraient les îles et .les villes pour demander la terre et l'eau : ceux qu'on envoya à Athènes furent jetés dans le Barathron : Sparte en ayant fait autant, ces deux villes, naguère ennemies, eurent un ennemi commun. Cependant, quand les Perses arrivèrent en Eubée, détruisirent Érétrie et abordèrent sur la côte attique à Marathon, Sparte hésita à répondre à l'appel des Athéniens : de tous les Hellènes, les Platéens

Tombai liront seuls à cùlo des Allirniciis : la joiirrirc de Marathon sauva Aliièiios et la Gièce.

Ce if était lu qu'une première résislaiire; Atliimes dut se préparer à un nouveau etplus rcdouta])Ie danger. Thémislocle, — le plus j^raïul homme d'J^^lal, pour la hardiesse des conceptions el la ^ ÎLincui' de l'exécution, qu'ait eu Athènes, — indiqua le moyen d'y faire face.

Avant tout, il s'agissait d'empêcher les Barbares de renouveler par mer une attaque soudaine contre l'Attique. C'était également pour Sparte et pour les Péloponnésiens une question de vie ou de mort que celle de fermer le chemin de la mer aux forces supériem'es de l'ennemi. Les Etats maritimes de la Grèce, Égine, Corinthe, Athènes, n'avaient pas un aussi grand nombre de vaisseaux que les Grecs asiatiques en avaient fourni à la flotte des Perses. D'après la proposition de Thémistocle, l'argent des mines du Laurion en fournit les moyens; la flotte d'Athènes fut triplée, un port militaire établi au Pirée; puis bientôt on construisit les Longs-Murs, qui renfermèrent dans la même enceinte la ville et le port. En appelant à servir comme rameurs sur la flotte la masse des citoyens pauvres qui n'étaient pas astreints au service des hoplites, en leur confiant ainsi le devoir et l'honneur du service militaire, on accentua le caractère démocratique de la constitution en même temps qu'on habituait le peuple à la discipline sévère du bord.

Un second danger avait surgi en même temps que l'apparition de l'immense armée du Grand-Roi. A cette époque, les Carthaginois avaient envahi la Sicile, et le monde grec put mesurer la grandeur du péril qui le menaçait. Mais chez lui, on ne voyait partout que discorde, haine, querelles de voisinage, émiettement et divisions d'un particularisme obstiné. .Cependant les tyrans de Syracuse et d'Agrigente s'allièrent et réunirent tous les Hellènes en Sicile, ce qui donna Fespérarice de pouvoir résister aux attaques puniques. Comment produire en Grèce une pareille union? D'après le conseil de Thémistocle, Athènes se subordonna à l'hégémonie de Sparte; puis ces deux villes convièrent toutes les cités helléniques à une Ligue dont le Conseil fédéral devait se réunir à Corinthe.

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