‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 17 sur 231 · I, 1] LES GUERRES MÉDIQUES · texte numérisé non relu

I, 1] LES GUERRES MÉDIQUES

Une pareille Ligue n'aurait pu obliger que ceux qui y avaient adhéré; le pas le plus hardi restait à faire; c'était d'ériger en principe politique la communauté nationale, qui jusqu'alors s'était bornée à la similitude delà langue, de la religion et de la vie intellectuelle, afm de produire une coalition de tous les Hellènes, au moins pour lutter contre les Barbares. La diète de Corinthe agit et légiféra en ce sens : elle décida que toutes rivalités entre villes grecques devaient cesser jusqu'au moment où les Barbares seraient vaincus ; elle décréta de haute trahison quiconque aiderait les Perses par la parole ou par Faction, et statua que toute cité qui, sans y avoir été contrainte, se serait soumise aux ennemis devait être, après la victoire, dévouée au dieu de Delphes et décimée.

La journée de Salamine sauva la Grèce, et la victoire sur les bords de l'Himère fut le salut de la Sicile. Cependant la ligue hellénique comprenait seulement les principales villes du Péloponnèse; parmi les tribus du nord et du centre, en dehors d'Athènes, les Thespiens, les Platéens et Potidée y avaient seuls adhéré. Les batailles de Platée et de Mycale délivrèrent le pays jusqu'à l'Olympe, ainsi que les îles et les côtes ioniennes; quelques années plus tard, cette délivrance s'étendit jusqu'à FHellespont et à Byzance. Dans le même temps, le tyran de Syracuse, uni aux Cuméens, battit les Etrusques dans la baie de j\aples, et les Tarentins, auxquels les lapyges avaient d'abord infligé une cruelle défaite, ayant remporté la victoire dans de nouveaux combats, devinrent maîtres de la mer Adriatique.

Cependant les Grecs d'Italie et de Sicile n'entrèrent point dans la ligue fondée sur l'isthme, et celle-ci, sous la molle et méfiante hégémonie de Sparte, ne put recruter d'adhérents ni en Béotie, ni dans le bassin du Sperchios, ni en Thessalie. A Salamine, les Athéniens avaient mis à eux seuls plus de vaisseaux en ligne que tous les autres Grecs réunis ; ils avaient obligé Sparte à coopérer à l'affranchissement des îles et de rionie. C'est à eux que les peuples ainsi délivrés offrirent l'hégémonie des forces navales communes, et Sparte dut laisser faire ce qu'elle ne pouvait empêcher : il se forma une ligue dans la Ligue.

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D(''j;ï Thi'inislocli', en «jiii les Spartiulos voyaicnl h!Ui- pUis (laiii^ercux ennemi, avait succnnnbé à Alhènos sous les clï'orts (le ses adversaires, de ce j-arli (jiii voulait mainlcMiii" ralliance avec Sparte pour Topposer à 1 inlérieur coninio une digue an flot montant de la déniocralie. J*eul-rln' Tliémistocle aurait-il donné à la ligue maritime formée par Alliimes une constitution diflerente et plus solide: les hommes d'Etat qui l'organisèrent se contentèrent de règlements assez lâches, reconnaissant aux Etals associés des droits égaux et ménageant leur particularisme. On ne vit que trop lot apparaître les vices d'une Union ainsi constituée. La nécessité de contraindre ses membres à l'accomplissement du devoir fédéral, de punir les négligences, les résistances, les défections, fit de la cité dirigeante une autorité dominante et d'humeur despotique : les alliés libres devinrent des sujets, et même des sujets soumis à la juridiction du peuple athénien.

Maîtresse de la ligue maritime pour protéger la mer et combattre les Barbares, Athènes possédait les îles de la mer Egée et les villes helléniques qui s'élevaient sur le bord septentrional de cette mer jusqu'à Byzancc, ainsi que les côtes deFAsie, depuis l'entrée du Pont-Euxin jusqu'à Phasélis, sur la mer de Pamphylie. Sous la vive impulsion de cette puissance, le commerce et la prospérité helléniques, maintenant protégés jusque dans les contrées les plus éloignées, se relevaient de nouveau. Athènes elle-même, marchant en avant, avec un génie hardi et créateur, dans toutes les directions de la vie intellectuelle, devint le centre d'une civilisation panhellénique dans le sens le plus complet du mot.

Sparte pouvait encore conserver le nom d'hégémonie, mais elle voyait son importance disparaître de plus en plus. Elle commença à entretenir sourdement le mécontentement parmi les confédérés d'Athènes, tandis que Mégare, Argos, les Achéens et Manlinée elle-même s'alliaient avec la capitale de l'Altique. A cette époque, les Messéniens, réduits à l'état d'hiloles, se révoltèrent, et les Spartiates, hors d'état de les maîtriser, implorèrent le secours de la ligue athénienne ; puis bientôt après, craignant les embûches et la trahison, ils renvoyèrent le secours qu'ils avaient obtenu. Cet événement

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