‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 160 sur 231 · OL. cxiii^ 4] fêtes en carmanie · texte numérisé non relu

OL. cxiii^ 4] fêtes en carmanie

et sa confiance en elle-même. Alors on célébra des fêtes de toutes sortes, pour rendre g races aux dieux de Theureux achèvement de la campagne de Tlnde, du retour de l'armée et de la merveilleuse conservation de la flotte. On sacrifia à Zeus sauveur, à Apollon qui éloigne la malédiction, à Poséidon qui ébranle la terre et aux dieux de la mer; on fit des processions solennelles; on chanta des hymnes de fête; on donna en spectacle des joutes de toutes sortes. Dans le pompeux cortège, Néarque marchait à côté d'Alexandre ; tous deux portaient une couronne, et les troupes remplies d'allégresse leur jetaient des fleurs et des banderoles de mille couleurs K Devant toute l'armée rassemblée, le navarque refit le récit de sa navigation, et le roi honora par des présents, des promotions et des distinctions de toutes sortes le navarque et les autres chefs, ainsi qu'un grand nombre des officiers de l'armée ; Peucestas, en particulier, qui jusqu'alors avait été porte-bouclier d'Alexandre et son écuyer à l'attaque de la ville des Malliens,

') Les fêtes mentionnées ci-dessus (Arrian., VI, 28. Ind., 37) ont donné lieu à une exagération vraiment répugnante : on raconte que, sept jours durant, le roi parcourut la Carmanie en menant la bacchanale la plus échevelée, monté sur un char colossal attelé de huit chevaux, festoyant nuit et jour avec ses amis à une table d'or, tandis que le reste de ses compagnons suivait sur une infinité d'autres voitures ornées de tapis de pourpre et de couronnes multicolores, banquetant et buvant eux aussi ; il y avait le long des routes des tonneaux de vin et des tables servies, et toute l'armée à la fde s'était traînée en chancelant de tonneau en tonneau : musique bruyante, chansons obscènes, filles de joie, images du phallus, bref, tout ce qu'on peut imaginer en fait de libertinage et d'excès se trouvait là réuni. On trouve ces belles choses dans Plutarque, dans Q. Curce, sans compter une foule d'allusions éparses çà et là dans les auteurs grecs ou romains. Il suffit de citer en regard les paroles d'Arrien (VI, 28) : « Certains auteurs racontent aussi, u ce qui ne me paraît pas croyable, qu'Alexandre traversa la Carmanie au (( son des flûtes, attablé avec ses amis sur une estrade faite de deux chars u accouplés ; l'armée le suivait toute couronnée et en liesse, car elle trouvait u des vivres et tout ce qui sert au plaisir apporté le long des chemins par u les Carmaniens : on ajoute qu'Alexandre avait fait cela pour imiter la bacu chanale de Dionysos, parce qu'on racontait qu'après avoir subjugué les u Indiens, Dionysos avait parcouru en cet équipage la plus grande partie u de l'Asie... Mais ces choses ne sont rapportées ni par Ptolémée fils de « Lagos, ni par Aristobule fils d'Aristobule, ni par aucun autre écrivain u digne de foi ». Il va de soi que les fêtes de Carmanie furent célébrées avec toute la pompe imaginable.

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fui adjoiiil, conîme Imiliiîmc, aux somcilo})liylaqiies, donl le nombre éhiil prcciMlommonUlc sept.

Imi mémo temps, le roi donna des ordres pour continuer la marche : la flotte devait reprendre sa navif^alion le loni( des côles du i^'olfe Persique, s'engagerdans remhouchuredu Pasiligris et remonter le lleuve de Suse. Afin d'évilcr les chemins difficiles, la neige et les froids de l'hiver, Jh'phestion devait s'avancer, avec la plus grande partie de Farmée de terre, les éléphants et les bagages, sur le bord plat du littoral; il avait assez de provisions et devait y trouver, dans cette saison, un air doux et un chemin commode ' ; il avait ordre de se réunir ensuite au reste de l'armée et à la flotte dans la plaine de Suse. Alexandre voulait se rendre en personne dans cette ville, avec la cavalerie macédonienne et l'infanterie légère, particulièrement avec les hypaspistes et une partie des archers, en prenant le plus court chemin à travers les montagnes et en passant par Pasargade et Persépolis ^

C'est ainsi qu'Alexandre revint dans les contrées qui lui étaient soumises depuis plusieurs années. Des désordres scandaleux, de dangereuses innovations s'étaient fait jour sur plus d'un point; l'esprit d'indiscipline et d'usurpation qui avait régné dans l'ancien empire des Perses ne s'était que trop vite introduit aussi près des lieutenants et des chefs actuels. Sans surveillance et en possession d'une puissance presque illimitée pendant l'absence du roi, bien des satrapes, Macédoniens aussi bien que Perses, avaient opprimé les peuples de la manière la plus terrible; ils avaient lâché la bride à leur cupidité et à leurs appétits voluptueux; ils n'avaient épargné ni les temples des dieux, ni les tombeaux des morts eux-mêmes, et avaient été jusqu'à s'entourer déjà de troupes

^) L'itinéraire d'Héphestion ne peut pas Tavoir mené immédiatement au bord de la mer, sans quoi Néarque n'aurait pas été surpris par les peuplades des montagnes en retournant à l'Anamis (Arrian., IncL, 36) : cependant, Vincent paraît le faire séjourner trop longtemps dans l'intérieur de la province. Il est probable qu'il a suivijusquà Lar le chemin que décrit don Garcias de Silva Figueroa (Ambassade, trad. Wicquefort, p. 65 sqq ), et qu'il est descendu de Lar à la côte.

2) L'itinéraire suivi par Alexandre paraît être celui qu'indique Edrisi, de Giroft à Fasa.

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