‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 162 sur 231 · OL. cxTH, 4] la justice du roi · texte numérisé non relu

OL. cxTH, 4] la justice du roi

réunie avec celle d'Ora et de Gédrosie, sous les ordres de Sibyiiios*.

Les nouvelles qu'on reçut de l'Inde étaient également mauvaises ; Taxile faisait savoir qu'Abisarès était mort et que Philippe, satrape de Flnde citérieure, avait été massacré parles mercenaires qui servaient sous ses ordres; toutefois, les gardes du corps du satrape, qui étaient desMacédoniens, avaient aussitôt étouffé la révolte et mis à mort les rebelles. Alexandre confia l'administration provisoire de la satrapie au prince de Taxila et à Eumène, chef des Thraces qui se trouvaient dans rinde, et leur ordonna de reconnaître le fils d'Abisarès comme successeur de son père sur le trône de Kaschmir.

Héracon, Cléandros et Sitalcès ^, qui avaient reçu l'ordre de venir en Carmanie avec la plus grande partie de leurs troupes, étaient arrivés ; les habitants de la province et leur propres troupes les accusaient de plusieurs méfaits : ils avaient pillé les temples, profané les tombeaux, et s'étaient livrés à toutes sortes d'exactions et de crimes envers leurs sujets. Seul Héracon sut se justifier et fut mis en liberté; Cléandros et Sitalcès furent complètement convaincus, ainsi qu'une foule de soldats qui avaient été leurs complices et dont on porte le nombre à six cents ; ils furent immédiatement mis à mort. Cette prompte et sévère justice produisit partout Finipression la plus profonde ; on pensait que le roi tiendrait compte de tous les motifs qu'il avait d'épargner ces hommes, exécuteurs secrets de la sentence de mort portée contre Parménion, ainsi que du nombre considérable de ces vieux soldats dont il avait si grand besoin maintenant. Les peuples purent se convaincre que réellement le roi était leur protecteur et que sa volonté n'était pas qu'ils fussent traités comme des valets; les satrapes et les commandants, au contraire, du-

*) Arrian, VI, 27. V, 6, 2. ' " .

-) Arrfan., VI, 27, 3. Ce sont les chefs nommés plus haut (III, 26) ; Sitalcès, commandant des acontistes odryses, Cléandros, des anciens mercenaires, et à ce qu'il semble, Héracon, commandant des mercenaires h cheval à la place de Ménidas, qui était peut-être mort. Q. Curce (X, 1, \) cite encore Agathon, le chef des cavaliers thraces : il prétend aussi qu'ils ame-~ nèrent 5,000 hommes de pied et 1,000 cavalier^.

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ronl coniprcndro quoi sort lourcUiit réservé, h eux aussi, s'ils ne pouvaienl paraître d(î\ant lui avec une conscience pure. On raconte que plusieurs d'entre eux, qui avaient conscience de leurs crimes, cherchèrent à rassemhler de nouveaux trésors, à renforcer leurs troupes mercenaires et à se préparer pour faire résistance au besoin ; mais un rescrit royal fut alors adressé aux satrapes pour leur enjoindre d'avoir à licencier immédiatement tous les mercenaires qui n'étaient pas enrôlés au nom du roi'.

Cependant le roi était parti de Carmanie pour gagner la Perse : le satrape IMirasaorle, qu'il y avait établi, était mort pendant la campagne de l'Inde, et Orxinès, un des principaux seigneurs du pays-,'se fiant à son origine et à son influence, avait usurpé la satrapie; mais on reconnut bientôt qu'il n'était pas à la hauteur des devoirs attachés à la fonction qu'il avait usurpée sans y être appelé. Déjà le roi avait été fort irrité en trouvant, dans le bois de Pasargade, le tombeau du grand Cyrus négligé; lors de son précédent séjour à Pasargade, il avait fait ouvrir la coupole du monument dans lequel se trouvait le sarcophage et fait de nouveau orner le tombeau, en même temps qu'il avait donné l'ordre aux mages qui le gardaient de continuer leur pieux service; il voulait que la mémoire du grand roi fût honorée de toute façon : et maintenant le tombeau était brisé ; tout avait été arraché de la bière et du sarcophage ; le couvercle en avait été enlevé, le cadavre jeté dehors et toutes les choses précieuses volées. Il donna l'ordre à Aristobule de replacer dans le cercueil les restes du grand roi, de remettre tout dans l'état où le tombeau se trouvait avant la profanation, de restaurer la porte en pierre du

1) ocTiotJn'crOo'j? Tro'.vio-at to'j; [xiaôoçopouç (DiODOR., XVII, 111). Ce renseignement important est de Diodore : la clause additionnelle — en tant qu'ils n'auraient pas été enrôlés au nom du roi — résulte des circonstances ellesmêmes.

â) Arriax., VI, 29, 2. Q. Curce l'appelle Orsines{X, 1, 22) et le cite déjà parmi les chefs qui figurent à la bataille de Gaugamèle. 11 dit que les Perses, Mardes, Sogdiens étaient alors sous les ordres d'Ariobarzane et Orontobate, ceux-ci étant chefs de corps particuliers, au lieu qu'Orsinès commandait le tout (IV, 12, 8). Il fait d'Orsinès un Achéménide excessivement riche (X, 1, 22). Arrien ne parle pas d'Orsinès à propos de cette bataille.

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