OL. cxin, 4] châtiment d'orxinès
sommet et delà sceller du sceau royal. Il rechercha lui-môme qui avait commis ce crime: les mages qui avaient eu la garde du tombeau furent arrêtés ; on les mit à la torture afin de leur faire nommer le coupable, mais ils ne savaient rien, et il fallut les relâcher; on poursuivit les recherches, mais elles ne révélèrent aucun indice certain ; il n'y avait personne sur qui faire retomber le crime, mais la faute de négligence n'en pesait pas moins sur le satrape qui gouvernait le territoire où cette profanation avait eu lieu^ Le temps approchait où de plus grands forfaits, commis par le satrape, allaient être mis au jour. Alexandre était partit de Pasargade pour Persépolis, résidence d'Orxinès ; dans cette ville, les plaintes des habitants contre lui se firent plus hautement entendre ; il avait commis, disait-on, les abus du pouvoir les plus révoltants pour satisfaire sa cupidité, profané les sanctuaires, brisé les sépulcres des rois qui étaient dans la ville et dépouillé les cadavres de leurs ornements. Les recherches confirmèrent sa culpabilité, et il fut pendue Le garde du corps Peucestas,fils d'Alexandre, reçut la satrapie ; il semblait plus apte que tout autre à administrer cette contrée, qui était la principale du royaume des Perses, car il s'était complètement façonné aux mœurs asiatiques; il portait le vêtement des Mèdes, s'exprimait facilement dans la langue des Perses, connaissait le cérémonial de ces peuples et s'y conformait volontiers et avec grâce, toutes choses que les Perses voyaient avec grand plaisir dans leur nouveau chef.
*) Arrian., VI, 29. Strab., XV, p. 730. Ces deux auteurs en parlent d'après Aristobule, lequel a reconnu à Tétat du tombeau que le coup avait été fait par des maraudeurs (tcpovoejlsutwv spyov y]v) et qu'il n'y avait point de la faute du satrape. D'après Plutarque {Alex., 69), l'auteur du sacrilège était Polymachos de Pella, un Macédonien de grande famille, qui fut pour ce fait puni de mort. Peut-être faut-il prendre ixpovotxeuxtov dans le sens plus restreint de u fourrageurs » : il se pourrait alors que Polymachos avec un détachement de soldats eût commis cet attentat.
2) C'est le récit d'Arrien (VI, 30). D'après Q. Curce (X, 1, 21), la mort d'Orxinès aurait été machinée" par l'eunuque Bagoas, qui aurait été alors un favori d'Alexandre : à l'entendre, le satrape était non seulement innocent, mais exceptionnellement dévoué au roi. Quant à l'inclination d'Alexandre pour cet eunuque, Dicéarque racontait là-dessus dans son livre « Sur le sacrifice à Ilion » (ap. Athen., XVII, p. 603 b) une anecdote un peu leste, que Plutarque {Alex., 67) répète après lui.
(531 ALKXANDRE A SISK [IV, 1
Voi-s le niriiie Icnijis, Almpalî's, salnipo de Médie, vinl IroiiNi'i" le roi; il .iiiu'nail le Wvdv Uiii\ axi'S, qui avait osé iisnrpc!" la liarc cl so proclamer nVi dos Perses el des Mèdes, comptant sans doute (pie les pi^piilalions de la satrapie, révoltées par les crimes des garnisons macédoniennes, seraient prAtes à faire défection. ]$arvaxès et cenx qui avaient ])ris part à sa conjuration furent exécutés'.
Le roi se dirigeaensuite vers Suse. eu traversant les défilés persiques. Les scènes de la ('armanie et de Pcrsépolis se renouvelèrent. Les populations ne craignaient plus de faire entendre hautement leurs plaintes contre leurs oppresseurs; elles savaient qu'Alexandre les écoutait. Le satrape Aboulitès et son fils Oxyathrès, satrape des Parœtacènes, coupables des crimes les plus odieux, furent livrés au bourreau à Suse. Héracon, qui n'avait été mis en liberté qu'avec peine lors du procès au sujet des exactions commises en Médie et qui précédemment avait résidé à Suse, fut convaincu d'avoir profané les temples et fut exécuté".
Ainsi les cbâtiments les plus sévères se succédaient coup sur coup, et c'était à bon droit que ceux qui ne se sentaient pas exempts de fautes étaient inquiets sur leur sort futur. Parmi ceux-ci se trouvait Harpale, fils de Macbatas, de la race des princes d'Elymiotide. Cher auroi, à cause de relations antérieures et d'importants services rendus, Alexandre l'avait comblé depuis le commencement de son règne des plus grandes marques de faveur et l'avait nommé trésorier dès le début de la guerre contre les Perses, parce que sa conformation physique le rendait impropre au service des armes. Déjà, une première fois, il s'était rendu coupable de malversations graves ; peu de temps avant la bataille d'Issos, et de concert avec un certain Tauriscon qui lui avait suggéré son plan, il s'était enfui avec la caisse royale pour se rendre près d'Alexandre, roi des Molosses, qui combattait alors en Italie; mais ensuite, changeant d'avis, il était allé se fixer à Mégare, pour y vivre
1) Arrian., VI, 29, 3. Le Phradate de Q. Curce (X, d, 39) paraît bien être le mêriie personnage : cependant, je fais observer que cet auteur appelle également Phradate l'ancien satrape des Tapuriens, Autophradate.
2) Arriax., VII, 4. VI, 27, 12.