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dans los plaisirs. Le roi, se rappelant alors les temps où Harpale^ avec Néarquo, Ptolémée et un petit nombre d'autres, avait pris son parti contre le roi Philippe, ce qui avait attiré sur lui des affronts et le bannissement, pardonna au libertin, le rappela et le rétablit dans sa charge de trésorier; les immenses richesses de Pasargades et de Persépolis transportées à Ecbatane furent confiés à son administration, et il paraît même que le roi plaça alors sous sa surveillance les trésoriers des satrapies inférieures; son influence s'étendait sur toute l'Asie occidentale \ Pendant ce temps, Alexandre s'avançait toujours plus loin dans l'Orient; Harpale, peu soucieux de la responsabilité qui pesait sur lui et habitué aux plaisirs et aux dépenses, commença à vivre dans la débauche la plus effrénée aux dépens des trésors royaux. Sa vie était un scandale pour le monde entier, et la raillerie des comiques grecs rivalisait avec le mécontentement des hommes sérieux pour livrer son nom au mépris universel. A cette époque parut une épître publique de Théopompe au roi, dans laquelle l'historien invitait Alexandre à mettre un terme à ces désordres. Harpale, disait cette lettre, ne se contente pas des femmes lascives et de mauvaise vie que possède TAsie ; il a fait venir près de lui la Pythionice, la femme galante la plus décriée d'Athènes, qui a commencé par servir près de la chanteuse Bacchis, puis s'est retirée avec elle dans le lupanar de l'entremetteuse Sinope. Il s'est laissé conduire de la manière la plus indigne par les caprices de cette femme ; puis, lorsqu'elle est morte, il lui a fait construire deux monuments, avec une prodigalité éhontée, et c'est à bon droit qu'on s'étonne de voir déjà s'élever, à Athènes et à Babylone, les monuments les plus magnifiques à la mémoire d'une prostituée, lorsqu'on n'en apas encore consacré un seul au souvenir des braves qui sont tombés à Issos pour la gloire d'Alexandre et la liberté de la Grèce, ni à la mémoire d'aucun autre des lieutenants du roi. Harpale, qui se dit l'ami et l'agent d'Alexandre, a eu l'audace d'élever à cette Pythionice^ qui pendant assez longtemps dans Athènes a appartenu à qui la voulait payer, un temple et un autel, les consacrant,
>) Arrtan., m, 6. Plut., Alex., 10 et 35.
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coinino lin sanrhiMirc, à Aiilinxlilc Pylliionico, sans rraiiulrc le cli.Uiiiionl des dieux cl, coiumm' pour insiillcr à la majeslù (lu roi. Non conlciit do ces infamies, llarpale, aiissilôl aprcs la niorl do colto fomino, a ocril pour faire vonir d'Alhonesuno seconde maîlrossc, la non moins décriée (jlycèro ; il lui a donné pour résidence le palais d(^ Tarse, lui a érij^é nne statue à Uossos, où il avait Tintention de faire élever la sienne prol)rc à côté de celle du roi, et fait savoir que personne ne devait lui olVrir une couronne d'honneur sans en consacrer une en même temps à sa maîtresse, qu'on devait se prosterner devant elle et la saluer du nom de reine. En un mot, le grand-maître de la Trésorerie a prodigué à la courtisane athénienne tous les honneurs qui ne seraient dus qu'à la reine-mère ou à l'épouse d'Alexandre ^ Ces nouvelles et d'autres semhlables étaient arrivées jusqu'au roi, qui d'abord avait refusé d'y croire ou du moins les avait taxées d'exagération, tant il était persuadé quTIarpale ne se risquerait pas d'une façon aussi insensée à perdre une faveur dont il s'était déjà fait un jeu une première fois-; mais bientôt après le trésorier confirmait lui-même toutes ces accusations en prenant la fuite. Il s'était flatté qu'Alexandre ne reviendrait pas, et maintenant il était témoin de la justice sévère qui frappait ceux qui s'étaient laissés aller à la même erreur; désespérant d'obtenir son pardon, il recueillit tout ce qu'il put se procurer d'argent, ce qui se montait à la somme respectable de cinq mille talents, enrôla en son nom six mille mercenaires, traversa l'Asie-Mineure avec eux, accompagné de sa Glycère et d'une fille en bas âge qu'il avait
^) Theopomp., fragm., 277. 278. Sur le titre de récrit de Théopompe (appelé tantôt r, Tipb; 'AXsEavôpov STita-ToXr,, tantôt irpo; 'A)i^avôpov cr'j[xêouXaî), voy. C. MûLLER, Fragm. Histor. Grœc, I, p. lxxih. Le Théocrite incriminé dans \efr. 276 (ap. Athen., IV, p. 230 f) est le rhéteur de Chios que Strabon (XIV, p. 645. Cf. Suidas, s. v., ©ôôy.pixo?) signale comme un adversaire politique de Théopompe, et qui appliquait avec une ironie si amère à Alexandre le vers où il est question de la « mort empourprée » Plut., De ediic. imer., 16. Cf. Ilgen, Scol. Grœcorum, p. 162). Aristote luimême ne fut pas toujours à l'abri de ses sarcasmes : voy. l'épigramme rapportée par Eusèbe {Prœp. Evang., XV, p. 793 a).
^) C'est à cela que songe Plutarque quand il dit qu'Éphialte et Cissos, ceux qui apportèrent les premiers la nouvelle de la fuite d'Harpale, furent appréhendés comme faux délateurs (Plut., Alex., 41).