‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 165 sur 231 · OL. ex m, 4] la fêtk de susii · texte numérisé non relu

OL. ex m, 4] la fêtk de susii

eue de Pylhionice', descendit sur la côte d'Ioiiie et réunit trente vaisseaux pour passer en Attique. Il était citoyen honoraire d'Athènes et lié d'amitié avec les hommes les plus considérables de la cité ; il s'était concilié l'amour du peuple par d'abondantes distributions de blé, de sorte qu'il ne doutait pas d'être bien reçu dans la ville avec ses trésors, et se croyait assuré de n'être pas livré à Alexandre ^

Tandis que le dernier coupable, parmi les grands de l'empire, cherchait ainsi à se soustraire à sa responsabilité, Alexandre était arrivé à Suse avec son armée, vers le mois de février. Bientôt après, Héphestion venait l'y rejoindre avec le reste des troupes, les éléphants et les bagages, et Néarque faisait remonter le fleuve à la flotte, qu'il avait conduite sans plus de dangers le long des côtes de la mer Persique. Les satrapes et les commandants, se conformant aux ordres du roi, s'y réunissaient avec leur suite; les princes et les grands de l'Orient, invités par le roi, arrivaient avec leurs femmes et leurs enfants à la capitale; de tous côtés les étrangers y affluaient de l'Asie et de l'Europe, afin d'assister aux grandes solennités qu'on y préparait.

Il s'agissait de célébrer une fètc unique dans le cours des siècles. Dans les noces de Suse devait s'accomplir d'une manière symbolique la fusion de l'Occident et de l'Orient, la pensée hellénistique dans laquelle le roi espérait trouver la force et la durée de son empire.

Les témoins oculaires de cette fête, qui surpassa en pompe et en magnificence tout ce qu'on peut imaginer, nous en font à peu près la description suivante^ La grande tente royale était dressée pour cette solennité; sa partie supérieure, recouverte d'étoffes de diverses couleurs richement brodées, reposait sur cinquante colonnes élevées, revêtues d'or et d'ar-

*) Plut., Phocion, 22.

2) Athen., loc. cit. CuRT., X, 2, Les événements survenus à Athènes indiquent avec une certitude suffisante que la fuite d'Harpale a eu lieu à cette époque (à lafm de 325 ou au commencement de 324).

^) On peut combiner la narration de Charès {fr. 16, ap. Athen., XII, p. 538, et d'après lui /Elian., VIII, 7) avec la description de la tente d'après Phylarque (/'r.,42) qui vient immédiatement après, attendu que les deux écrivains ont en vue la même construction.

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f^i'iil cl oriHM's (le picnc's inéciouscs; loiil ciiilour, dos lapis splciididt'S, l)i'Ocliés (Toi- cl donl le lissu r( 'pirsonlait les la- ])li'au.\ les pins variés, élaieiiL lixés à des ])aiTeaux recouverts d'or el d'arf^enL et fermaieiil en relombanl l'espace laissé libre au milieu; la teule enlièic avail (jualre slades de tour. La table était servie au milieu de la salle; d'un coté étaient rangés les cent divans des fiancés, reposant sur des pieds d'argent et recouverts de tapis de noces; seul, celui du roi, placé au milieu, était d'or. En face de ces divans se trouvaient les places destinées aux botes du roi, et tout autour, des tables étaient disposées pour les ambassadeurs, les étrangers qui se trouvaient au camp, l'armée el les marins. Les trompettes de l'armée donnèrent, de la tente royale, le signal du commencement delà solennité; les invités d'Alexandre, au nombre de neuf mille, se mirent à table. Puis le son des trompettes retentit de nouveau au milieu du camp, pour indiquer que le roi faisait des libations aux dieux; les hôtes d'Alexandre l'imitèrent en se servant de coupes d'or, présents de fête du roi. Après une nouvelle fanfare, le cortège des fiancées voilées, selon l'usage des Perses, fit son entrée, et chacune d'elles s'approcha de son fiancé : Statira, la fille du grand roi, se dirigea vers Alexandre ; sa plus jeune sœur, Drypélis, vers Hépheslion, le favpri du roi; Amastris, fille d'Oxalhrès et nièce du Grand-Roi, vers Cratère; la fille d'Atropatès, prince desMèdes, vers Perdiccas; Artacama, fille du vieil Artabaze, vers le Lagide Ptolémée, garde du corps, et sa sœur Artonis, vers Eumène, secrétaire particulier du roi; la fille du Rhodien Mentor, vers Néarque ; la fille de Spitamènede Sogdiane^ vers Séleucos, commandant de la troupe des jeunes nobles, et ainsi de suite, chacune vers son fiancé ^

*) Aristobule (ap. Arriax., VII, 4) dit qu'outre la fille de Darius, Alexandre épousa encore Parysatis, la fille du roi Ochos ; mais il ne cite à Tappui de son dire aucun autre témoignage. De même, Barsine, fille d'Artabaze et veuve de Mentor, n'a jamais été son épouse, bien qu'il ait eu des relations avec elle à Damas et plus tard : elle vivait avec ses enfants à Pergame au moins dès 323 (Justin., XIII, 2, 7). Seule, Roxane était déjà l'épouse légitime d'Alexandre et habitait, au moins l'année suivante, avec lui. La fille de Darius s'appelait, suivant Arrien, Bardine, ou, dans le manuscrit dont Photius a fait des extraits (p. 68 b 7), Arsinoé : tous les autres

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