OL. cxiv^ l] antipater et olympias
une pareille gloire au service du roi. Comme gage de sa sollicitude, il leur donnait, leur dit-il, pour protecteur et pour chef le plus fidèle de ses généraux, un homme qu'il aimait comme lui-même, Thipparque Cratère. C'est ainsi que les vétérans quittèrent Opis ; ils étaient accompagnés des stratèges Polysperchon, Clitos, Gorgias, peut-être aussi d'Antigène, chef du corps des hypaspistes, et parmi la cavalerie, de Polydamas et d'Adamas; Cratère étant soutirant, Polysperchon fut nommé commandant en second des troupes \
Les ordres que reçut Cratère n'avaient pas seulement pour objet le soin de reconduire les vétérans ; il était surtout envoyé pour prendre en main l'administration politique et militaire de la Macédoine à la place d'Antipater % qui au contraire reçut l'ordre de conduire des troupes à l'armée pour remplacer celles qu'on renvoyait dans leurs foyers ^ Il est difficile d'admettre que ce fùtlàle motif déterminant; un grand nombre de raisons peuvent avoir concouru à rendre nécessaire ce changement de titulaire dans la charge la plus élevée qu'il y eût en Macédoine. La discorde entre la reine mère et Antipater avait atteint le plus haut degré; il est vrai de dire que la faute principale, sinon la seule, semble avoir été du côté de cette reine altière et passionnée; elle agissait en maîtresse dans le pays de l'Epire, depuis qu'Alexandre, son frère, avait succombé en
*) Arrien (VII, 12, 4) ne nomme que Cratère et Polysperchon ; les autres noms se trouvent dans Justin (XII, 12, 8) : seulement Antigène, plus tard commandant des argyraspides, soulève des doutes, et Amadas est tout à fait inconnu par ailleurs .
sX£uOsp''a; (Arrian., VII, 12, 4) — Jw.s\s'ws prxesse Maccdonibus in Antipatn /ocw?« (Jlstin., XII, 12, 9).
3) 'AvTiTtaxpov 6è ôtaSoyo-j; xoTç à7i07i£{X7ro[J.£vo'.ç aysiv MaxsSovaç xtov axjiaîiovxwv (Arrian., VII, 12, 4). — Antipatrum cum supplemento tironum inlocinn ejus cvocat (Justin., ibid.). On a déjà supposé plus haut (p. 350, 1) que certains régiments, c'est-à-dire la milice de certaines régions, étaient restés en Macédoine et que l'on n'envoyait aux régiments de rarmée de campagne que des recrues tirées de leurs cantons ; mais on ne voit pas bien si, par la suite (à partir de 330), il a été expédié du pays des régiments entiers pour arriver au nombre presque double de phalanges que comptait l'année dans l'Inde, ou si Antipater avait ordre de les amener en Asie seulement à présent, pour remplacer les phalanges mobilisées qui retournaient maintenant au pays comme corps de vétérans.
002 antipatf:r kt olymptas [IY, 2
llalio'.La jtnine vouvc du roi, (ilooj)Alre, fille d'Olynipias, pciil-rlrc aliu d'ocliappcr ù de graves dangers personnels, (Hait revenue en Macédoine, avec son fils Agé de cinq ans, légilinie héritier de laroyanlé molosse'. Alexandre avait toujours honoré sa mère; il n'avait cessé d'accomplir envers elle ses devoirs de fils, mais en même temps il s'était toujours opposé résolument à son immixtion dans les affaires publiques. Elle n'en avait pas moins continué à intriguer, à écrire à son fils des reproches et des plaintes de toutes sortes; jalouse de l'inclination d'Alexandre pour Iléphestion, elle ne se lassait pas d'envoyer au favori des lettres amères; toutefois, les missives qu'elle expédiait sans relâche en Asie avaient surtout pour but de charger Antipater des plus vives accusations. L*adminislrateur, de son côté, se plaignait non moins amèrement de la reine mère et de son immixtion dans les affaires publiques. On rapporte à ce sujet un mot significatif d'Alexandre : « Antipater ne sait pas, dit-il, qu'une larme de ma mère efface mille lettres comme celle-ci. » Ces missives n'aug^mentaient pas la confiance du roi envers l'administrateur de la Macédoine ; il est bien possible aussi qu'Antipater n'eut pas résisté aux attraits du grand pouvoir qui lui était confié % et, s'il est vrai qu'il avait noué des relations secrètes avec les Etoliens, après l'exécution de son gendre Philotas, il était d'autant plus nécessaire d'user de prudence avec lui ; toutefois, autant qu'on peut le voir, les accusations et avertissements qu'Olympias envoyait contre lui ne semblent pas fondés. En tout cas, Arrien affirme qu'aucune parole, aucune action du roi ne témoignèrent qu'il eût changé de sentiments à l'ég^ard
1) Cf. ci-dessus, p. 388, 2.
-) Dans Plutarque {Alex., 68), les faits sont présentés comme si les deux reines s'étaient partagé officiellement les deux souverainetés (c-Tao-'.âaaGrai 6t£tXov~o Tr.v ap^Yiv) . Alexandre aurait dit que sa mère avait été plus avisée que sa sœur, car jamais les Macédoniens ne se laisseraient gouverner par une femme.
3] s^toOev 'AvTSTraTpoç Xsuxouâpoçoç Igv., xx oï svoov oXoTiûpçopo; (Plut., Apophth. reg. [Alex., ITj). L''antithèse fait supposer que cet habit c( bordé de blanc » est le manteau ordinaire des cavaliers macédoniens ; mais nous n'avons, que je sache, aucun texte indiquant que le dit manteau fût ainsi bordé.