‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 181 sur 231 · OL. cxiv, 1] rappel dks bannis · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 1] rappel dks bannis

et, comme on lui représentait qu'il était bien hardi de parler de choses si graves alors qu'il était encore si jeune, il répondit qu'Alexandre était encore plus jeune que lui \ Lycurgue aussi s'éleva contre la proposition : Quelle espèce de dieu serait-ce donc là? s'écriait-il, puisqu'il faudrait se purifier en sortant de son sanctuaire ! Avant que les Athéniens n'eussent pris une détermination, une seconde question, qui intéressait plus directement la cité, s'adjoignit à la première.

C'était un ordre du roi concernant les bannis des cités helléniques. Les sentences d'exil étaient, en grande partie, la suite des changements politiques, et avaient naturellement frappé surtout les adversaires de la Macédoine, par suite des victoires que les Macédoniens avaient remportées depuis les quinze dernières années. Beaucoup de ces bannis politiques avaient précédemment pris du service dans l'armée du roi de Perse, et avaient continué à combattre les Macédoniens ; mais, depuis la chute de l'empire des Perses, ils erraient par le monde, sans ressources et sans patrie. Beaucoup durent prendre du service dans l'armée macédonienne ; les satrapes en enrôlèrent d'autres, de leur autorité privée, tandis qu'Alexandre était dans l'Inde; d'autres revinrent en Grèce, comme des vagabonds, pour attendre dans les environs de leur cité un changement de gouvernement, ou allèrent au Ténare, un lieu d'embauchage pour les mercenaires^ afin d'entrer à la solde de quelqu'un. Le nombre considérable des gens sans emploi devait s'être extraordinairement augmenté en cet endroit, depuis qu'Alexandre avait donné l'ordre à ses satrapes de licencier tous leurs mercenaires-, et le danger dont ils

1) Plut., Princ. poL, p. 804.

-) Ne serait-ce pas à ces circonstances qu'il faut rapporter le passage où Pausanias (I, 25, 3 et VIII, 52, 5) assure que Léosthène a embarqué et amené d'Asie en Europe les Grecs, au nombre de 50,000 (?) hommes, qui avaient été à la solde de Darius et des satrapes et qu'Alexandre avait voulu installer comme colons en Asie ? Léosthène avait été choisi par eux pour les conduire (Diodor., XVII, 111), et cependant, plus tard, au moment où éclata la guerre Lamiaque, il ne put mettre en ligne que 8.000 mercenaires. On pourrait expliquer cette diminution d'effectif par le retour d'une foule de bannis. Hypéride était lié avec Léosthène, comme précédemment avec Charès, qui mourut sur ces entrefaites : c'est ce qui résulte d'un passage de la biographie d'Hypéride(PLUT., Vit.XOratt.): o-jvsoo-jac-jo-sv xai zh ItiX Tatvâp:o Eevtxbv (XYj StaXOffai ou Xàpr,; r,Y2',T0, eOvôto; îipb; tôv (rTpaTr,Y6v â'.axeîiJiîvo;.

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nionaraioiU le repos de rilclhule aiigmonlail en proporlion dv. leur nombre, de leur infortune el de leur désespoir. Il n'y avail ([u'un seul moyen de conjurer ce péril, c'était (!<' préj)arer le retour des bannis dans leur pairie; de plus, cette mesure aurait pour résultat de» cbangcr en gratitude la bainc de ceux (jui avaient été exilés par Tintluence macédonienne, et de renforcer le parti nuicédonien dans cluujue cité; désormais les Etats eux-mêmes seraient responsables du repos de la Grèce, et, si la discorde intérieure se faisait jour de nouveau, la puissance macédonienne avait le moyen d'intervenir. Il est vrai que cette mesure, opposée aux statuts de la Ligue corin- Ibienne, constituait une atteinte manifeste à la souveraineté qui avait été garantie à Corintbe aux Etats faisant partie de la ligue ; et il était à prévoir que l'exécution de l'ordre royal donnerait lieu à des troubles sans fm, môme dans les questions de propriété. Mais d'abord, ce bienfait profitait aux adversaires des Macédoniens; on en était au temps où, devant l'unité de Tempire qui les absorbait tous, les partis politiques s'effaçaient dans les villes helléniques, aussi bien que l'antagonisme des inimitiés nationales entre Hellènes et Asiatiques ; l'usage du droit de g'râce, attribut essentiellement royal, dans cette forme et dans cette extension, était le premier acte de l'autorité suprême de l'empire, à laquelle Alexandre espérait habituer les Grecs.

Il avait envoyé en Grèce le Stag^irite Nicanor pour publier ces ordonnances, et le rescrit royal devait être proclamé pendant la solennité des jeux Olympiques de l'année 324. La nouvelle s'en était déjà répandue à l'avance, et, de tous côtés^ les bannis affluaient vers Olympie pour entendre la parole de délivrance. Dans les divers Etats, au contraire, la surexcitation se manifestait sous toutes les formes, et, tandis que beaucoup se réjouissaient de pouvoir vivre réunis avec leurs pai'ents et leurs amis et de voir la paix et la prospérité des temps heureux revenir avec celle grande amnistie générale, d'autres probablement voyaient avec colère dans cet ordre une atteinte portée aux droits de leur cité et le commencement de grands troubles intérieurs. A Athènes, Démosthène s'offrit pour les fonctions d'archithéore à Olympie, afin d'y nég-ocier

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