‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 182 sur 231 · OL cxiv, 1] uetoi r des bannis · texte numérisé non relu

OL cxiv, 1] uetoi r des bannis

sur place avec le plénipotentiaire crAlexandre^, de lui représenter les suites de cette mesure et de lui rappeler le caractère sacré des conventions de Corinthe : mais tous ses efforts ne pouvaient plus rien changer. Pendant la fête de la cent-quatorzième Olympiade (fin juillet 324*), en présence des Hellènes de toutes les contrées, parmi lesquels se trouvaient vingt mille bannis, Mcanor fit proclamer le décret du roi par celui qui avait été couronné au concours des hérauts : « Le roi Alexandre, aux bannis des cités grecques, salut. Nous « n'avons pas été cause de votre bannissement, mais nous « voulons vous ouvrir le retour dans votre patrie^ à tous, « excepté à ceux d'entre vous qui se sont rendus coupables de « meurtre. En conséquence, nous avons chargé Antipater de (( contraindre par la force les villes qui refuseraient de vous u recevoir- ». La proclamation du héraut fut reçue avec une Joie sans bornes, et, de tous côtés, les bannis retournèrent avec leurs compatriotes dans leur patrie, dont ils étaient depuis si longtemps privés ^

*) Il s'est engagé d'interminables discussions sur le nombre ordinal de folympiade, car elle est de grande importance pour la détermination de la date de la mort d'Alexandre : la démonstration d'IoELER (in Abhandl. der Berl. Akad,, 1820, p. 280} se trouve confirmée d'abord par le fait que les Athéniens ont été exclus de la 113^ fête olympique à cause de la supercherie que s'était permise un citoyen athénien à la fête de la 112^ olympiade [332] (Pausax , V, 21, 5. Cf. Sch.efer, III, p. 268) : d'autre part, ce que dit Hypéride {lu Demosth., XV, 8, éd. Blass) est tout à fait sujet à caution.

-) C'est la teneur du décret, tel que le donne Diodo re (XVllI, 8). Sa version est confirmée dans une certaine mesure par l'épître du roi aux Athéniens : èyw |xèv oOx av -jfjiîv £).s'j6fpav tioX'.v k'oioxa xa\ ï^oolo^^, etc. (Plut., Alex., 28). Le terme officiel pour désigner ce rescrit paraît avoir été 6tayçicL\j.[LOi\ c'est du moins celui qu'on trouve dans l'inscription d'Iasos: xatàxo ôiâYpa[jL[ij.a toO] ^ocaùlui; (C. I. Gr^c, n° 2671, lig. 45) et dans l'inscription d'Erésos: xa-à -àv ôiaypaçàv Ttô pacOio); 'AXs^avopw [SxvppEf Comment, de duabus inscr. Lesb. II, lig. 25). Hvpéride emploie le mot sTriTctyp-ocTa.

3) DiODOR., XVII. 109. XVIII, 8. CuRT.,X, 2. Justin., XIII, 5. Di.varch., In Demosth., § 81 et 103. Ceux pour lesquels il est fait exception dans la loi de rappel sont désignés dans Diodore une fois par l'expression 71)^^ twv èvaytbv et une autrefois par TîXr.v Ttbv Ispo^ûXtov xa\ çovéwv. Quinte-Curce dit : exsuies prœter eos qui civili sanguine aspersi erant, et Justin : prœter csedis damnatos. On a cru trouver dans le discours De fœd. Alex., mis sous le nom de Démosthène, des allusions à cet ordre d'Alexandre, et pouvoir de celte façon en déterminer la date (Becker, Demosthenes als Redner und Staatsmann, p. 265) ; c'est une erreur, car le discours, comme on l'a dé-

ji72 i-i.s \iiii.mi:ns ki im.s kioi.ikns [1\', 2

Seuls, los AtluMiiriis l'I les Ktoliens osèrent no pas donner snile à l'ortlro du roi. Les I^lloliens avaient chassé les O'^niadcs •'I craignaient d'autant ]»lus leur venj^cance qu'Alexandre s'était déclaré pour eux et ])Our leurs droits. Quant aux Athéniens, ils se voyaient menacés dans la possession de l'île la ])lus ini[)ortante (jui leur lut restée de l'époque de leur an- (icnne suprématie ; au temps de Timolhée, ils avaient chassé les liahitants de Samos' et partagé le pays entre des clérouques athéniens. D'tiprès l'ordre du roi, ceux-ci auraient dii céder la place aux anciens habitants et abandonner les terres que, depuis plus de trente ans, ils avaient fait valoir euxmêmes ou données à ferme. Les traités de 334 portaient expressément qu'aucun des Etats confédérés ne devait aider les bannis d'un autre Etat de la ligue à tenter un retour par la force dans leur patrie, de sorte que le roi, en donnant à cet ordre une forme qui semblait indiquer qu'il ne voulait prendre en considération que le bon droit des bannis et (ju'il croyait pouvoir se passer du consentement des Etats intéressés, usait de son autorité de la façon la plus blessante et la plus propre à surexciter les esprits. On pouvait dire que l'autonomie et la souveraineté de l'Etat athénien était manifestement mise en question par l'ordre du roi, et que le peuple, en y donnant suite, se reconnaissait par là même sujet de la royauté macédonienne. Le peuple était-il donc devenu déjà si indigne de ses aïeux, Athènes déjà si impuissante qu'ils dussent se plier à cet ordre despotique? Précisément en ce moment se produisit un événement inattendu et qui promettait, s'il était mis habilement à profit, de relever considérablement

montré ci-dessus (p. 241, 4) ne peut avoir été prononcé qu'entre 333 et 330. En ce qui concerne les effets du décret ordonnant le retour des bannis, on trouve des renseignements dans les inscriptions de plusieurs cités. Deux de ces documents sont reproduits ci-dessous dans V Appendice. Le plus important est celui que Conze a trouvé à Mitylène et publié dans la relation de son voyag-e à Lesbos {tab. VIII, e;. Blass (in Hermès, XIII, p. 384) a démontré pertinemment que cette inscription fait partie de celle qui se trouve au C. I. Gr^c. (II, Add. n" 2166 b) et la complète.

*) On trouvera des détails plus précis sur celte expulsion dans C. Curtius, înschriften iind Stiidienzur Geschichte von Samos, 1877, p. 21 sqq.), qui donne de plus le décret d'action de grâces des Samiens revenus au pays, à l'adresse de Gorgos et de Minnion d'Iasos.

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