‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 192 sur 231 · OL. (.XIV, 1] lx producttox artistiotte · texte numérisé non relu

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vouloir humains. Ce développement se fit souvent d'une manière assez brutale, et produisit souvent des dégénérescences dans lesquelles le regard de Thistoire, qui embrasse Tensemble des siècles, peut seul découvrir la poussée latente et puissante du progrès. Pour l'art hellénique, il ne gagna rien à exagérer la grandeur calme des proportions harmoniques pour s'accommoder au goût asiatique, à l'étalage fastueux de masses colossales, à vouloir surpasser l'idéalisme de ses œuvres spontanées par le luxe des matériaux précieux et le plaisir réaliste des yeux. La sombre magnificence des temples égyptiens, les fantastiques constructions du château et des salles de Persépolis, les ruines gigantesques de Babylone, les édifices hindous avec leurs idoles en forme de serpent et leurs éléphants accroupis sous les colonnes, tout cela, mêlé avec les traditions de Fart national, ouvrait sans doute un riche trésor d'idées et de conceptions nouvelles aux artistes helléniques. Mais déjà les imaginations se lançaient dans le monstrueux; qu'on songe à ce plan gigantesque de Dinocrate^ qui consistait à tailler le mont x\thos en statue d'Alexandre, dont une main devait porter une ville de dix mille habitants, tandis que l'autre déverserait en puissantes cascades un torrent dans la mer. Il faut dire pourtant que l'art ainsi excité et agrandi s'éleva ensuite, dans les portraits gravés sur les monnaies et dans ceux des penseurs et des poètes exécutés par la statuaire, jusqu'au plus haut degré de vie et de vérité individuelle, et dans les grandes compositions sculpturales, par exemple, dans celles de Pergame, jusqu'à l'expression la plus hardie de la passion la plus mouvementée aussi bien que de la pensée planant sur un large horizon. Mais bientôt s irvint une décadence rapide, à mesure que ce luxe devenait p us vide et que l'art dégénérait en production industrielle, en maind'œuvre perfectionnée.

L'art poétique aussi essaya de se mêler par quelque côté à cette vie nouvelle; dans ce qu'on a appelé la comédie nouvelle et dans l'élégie, il a déployé une finesse d'observation psychologique, une habileté à peindre les caractères et les situations de la vie quotidienne, de ce qu'on pourrait appeler le détail de la vie d'une société, vie réelle ou vue à travers la

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lirlion de Tidyllc, une li.ihiich';,'' (lis-j(;, (jiii l'ail scnlir plus vivcinonl (jik^ tout lu reste à (jiicl poinl l'on est eu dehors du courant (jui circulait autrefois, de ce courant des grands intén'^ls polili(|ues, d(;s grandes pcuisées et des grandes ])assi(uis qui donnent du prix à la vie. Ainsiadonnée aux préoccupations individualistes et au réalisme, la poésie hellénique n'a su trouver do nouvelles voies ni dans les comhats héroïques qu'elle voyait s'accomplir alors, ni dans les nouveaux et merveilleux horizons que ces comhats lui ouvraient, à moins qu'on ne veuille prendre pour une création nouvelle la poésie galliambiquc, expression du délire des apôtres de la mutilation. Elle n'a pu s'approprier ni la magnificence de couleur des fables perses, ni la solennité surhumaine des psaumes et des prophéties monothéistiques. Quand elle voulut s'élever au-dessus de la vulgarité où elle se complaisait, elle retourna à l'imitation de Page classique et laissa à l'Orient le soin de faire passer de génération en génération, en mille récits et en mille chants, le souvenir du héros international Iskander.

Parmi les arts de la parole chez les Hellènes, le plus récent, celui qui florissait encore jeune et vivant parmi les contemporains, pouvait seul essayer de créer de nouvelles formes, et l'éloquence qu'on a nommé « asiatique », brillante et surchargée d'ornements, est une production caractéristique de cette époque.

La transformation qui commençait à s'accomplir dans les sciences n'en porta que plus de fruits. Aristote avait suscité cet empirisme grandiose dont la science avait besoin pour s'emparer de cet immense amas d'éléments nouveaux que les campagnes d'Alexandre avaient ajouté à chaque branche des connaissances humaines. Le roi, élève lui-même d'Aristote, au courant de tout ce qu'avaient produit jusque-là les études des médecins, des philosophes et des rhéteurs helléniques, leur portait toujours le plus vif intérêt: des savants de toute espèce l'accompagnaient dans ses campagnes; ils observaient, cherchaient, collectionnaient; ils mesuraient les nouveaux pays et les grandes routes qui les parcouraient. Une nouvelle époque commença aussi pour les études historiques : on pouvait maintenant faire des recherches sur place ; on pouvait

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