‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 195 sur 231 · OL. cxiv, 1] la TnÉocRASiE · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 1] la TnÉocRASiE

hindou Calanosetle mage perse Osthanès^ que le devin lycien Aristandros ; lorsqu'il s'adressait, sur le même ton que leurs fidèles, aux divinités des Égyptiens, des Perses et des Babyloniens^ au Baal de Tarse et au Jéhovah des Juifs, et que, accomplissant toutes les cérémonies et les prescriptions de leur culte, il laissait de côté la signification et le contenu de ces symboles comme une question ouverte ; et peut-être rencontrait-il déjà çà et là des opinions et des doctrines secrètes, élaborées par la sagesse sacerdotale, qui, grâce à une interprétation panthéistique, déiste ou nihiliste de la foi populaire, se rapprochaient de ce que la philosophie offrait aux Hellènes cultivés ^ L'exemple du roi dut agir assez rapidement et dans un cercle de jour en jour plus étendu ; on commençait, avec plus de hardiesse que n'en avaient montré jusque-là les Hellènes, à faire des dieux étrangers des divinités nationales, à reconnaître les dieux de la Grèce dans ceux des autres pays, à comparer les cycles légendaires et les théogonies des divers peuples et à les faire concorder; on commençait à se persuader que tous les peuples, sous une forme plus ou moins heureuse, honoraient dans leurs dieux la même divinité et cherchaient à exprimer le même pressentiment, plus ou moins profondément entré dans les âmes, du surnaturel, de l'absolu, du but final ou de la raison dernière des choses,, et que les différences de noms^ d'attributs, de rôles divins n'étaient que des choses superficielles et accidentelles qu'il fallait rectifier et approfondir pour en saisir le sens.

Il devint ainsi manifeste que le temps des religions nationales, c'est-à-dire des religions païennes, était passé, que Thumanité qui s'unifiait enfin avait besoin d'ime religion une et universelle et qu'elle en était capable ; la théocrasie elle-même

*) Non levem et Alexandri Magni temporibiis aiictoritatem addidit professioni secundus Osthanes comitatu ejus exornutus planeque, quod nemo diihitet, orbem terrarum peragravit, etc. (Pll\., Hist. Nat ^ XXX, 2 [§ 11 Detlefsen]).

2) A ce qui a été dit plus haut (p. 323) au sujet de r/Vmmonion, on peut ajouter la remarque que fait Plutarque {Alex., 27) : Asystai ôè xat ^'â[i.|xwvo; £v Aly'J'TîTco ç'.Xoaôçou ôtaxo'jca; aTroôsçacÔat \i.y.)d(JX!X Ttov "keyjiiyzui'j ot: Tiocvxe; ot avôpioTioc PaaiXs'Jovxat utio ôsoO- to yàp àpxov Iv sxâaTo) y. a\ xpaToOv 6£t6v so-Ttv X.T.X.

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irrlail aiilro chose qu'iiiic Iciitativo pour produire l'unilé par la fusion tirs diiTércnls systèmes religieux. Seulement, l'unité ne pouvait jamais s'ellectuer par relie voie. Cv fut le travail (les siècles hellénisti(jues que de j)ro{luire les éléments d'une unilé plus haute et plus réelle, de dévelojiper le sentiment du lini et de l'impuissance, le hesoin de la pénitence et de la consolation, l'énergie de la plus profonde humilité, la force qui élève l'homme jusqu'à la liberté en Dieu et à la qualité d'enfant de Dieu. Ce sont là des siècles où le monde et les cœurs se sentent privés de Dieu, éperdus et plongés dans la plus profonde désespérance, et où se fait entendre avec une force croissante le cri qui appelle le Rédempteur.

L'anthropomorphisme de la religion hellénique s'est parachevé dans Alexandre: un homme est devenu dieu ; l'empire de ce monde lui appartient, à ce dieu; en lui l'homme est élevé jusqu'à la plus grande hauteur que le fini puisse atteindre, et par lui l'humanité est abaissée jusqu'à se prosterner devant l'un de ceux qui sont nés mortels.

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