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CHAPITRE TROISIEME

Marche d'Alexandre vers la Médie. — Mort d'Héphestioii. — Conibal contre les Cosséens. — Retour à Babylone. — Ambassades. — Envois dans la mer du Sud. — Préparatifs, nouveaux plans. — Maladie d'Alexandre. — Sa mort.

Un grand capitaine des temps modernes écrit, comme conclusion de sept années de guerre, que tant de campagnes avaient fait de lui un vieillard, alors qu'il les avait commencées en pleine virilité, au commencement de sa quarantième année '. Pendant douze ans, Alexandre avait été sans relâche en campagne; il avait reçu de graves blessures, dont plus d'une avait mis sa vie en danger; il avait supporté des fatigues sans fin, les inquiétudes et les surexcitations d'immenses entreprises pleines de périls, la commotion des événements qui se passèrent sur les bords de THyphase, cette marche terrible à travers le désert de laGédrosie, l'insurrection des vétérans à Opis; il avait porté à Clitos le coup mortel et fait exécuter Philotas et Parménion. Les auteurs ne disent pas si son esprit et son corps avaient encore la même souplesse, la même fraîcheur qu'aux jours de la campagne sur le Danube et sur les rives du Granique, ou bien s'il ne commençait pas à devenir « nerveux », et à se sentir vieillir de bonne heure. Un prochain avenir lui réservait de nouvelles et douloureuses émotions.

Peu de temps après le départ des vétérans, il quitta luimême Opis avec le reste des troupes pour se rendre à Ecbalane.

J) « Tant de campagnes laborieuses, qui avaient usé mon tempérament, « et mon âge avancé, qui commençait à me faire ressentir les infirmités qui c< en sont la suite nécessaire, me faisaient entrevoir comme prochaine la fin « de ma carrière » {(Euvres de Frédéric le Grand, VI, p. 2).

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INMidaiil le S(''jniir du iNti dans l'Irido, la Mùdie, plus (juo tous les aulics pays, avait S(uillrii, de la lironco olTr6[i(''o ai de l'an'oganco des rouclionuaircîs et des coiuniaudants macédoniens; la populali<3n élait toujours restée fidèle, nialg^ré de nombreuses excitations à ia défection ; Jîaryaxès, qui avait jeu vain levé Télendard de la révolte, avait été livré à la justice du roi par le satrape Atropatès. 11 restait ee[)endant bien des choses à examiner, à régulariser, à concilier; le pillage du Trésor, en particulier, et la fuite d'Ilarpale pouvaient rendre nécessaires des règlements plus précis. La grande route qui traversait les montagnes de la Médie était également loin (Tètre aussi sûre qu'il le fallait pour le commerce actif entre les satrapies de Syrie et le haut pays. Parmi la série de peuples montagnards qui s'étendait depuis l'Arménie jusqu'à la côte de Carmanie se trouvaient les Cosséens, dont l'insolence n'avait pas encore été châtiée. Cette tribu avide de pillage habitait les montagnes de Zagros, et tout transport qui s'engageait sur la route des défilés médiques sans être très bien protégé était exposé à ses attaques. Tels durent être les motifs qui engagèrent le roi à diiïérer jusqu'au printemps suivant son retour à Babylone et le commencement des nouvelles entreprises dans le Sud et dans TOuest, dont les préparatifs étaient en pleine voie d'exécution.

On pouvait être à la fm d'août 324 lorsque le roi quitta Opis, se dirigeant vers Ecbatane par la route ordinaire de la Médie *; les troupes le suivaienten plusieurs détachements par les districts nord de la Sittacène. Alexandre passa parle bourg de Carrae et de là atteignit en quatre jours Sambata, où il demeura sept jours, jusqu'à ce que les différentes colonnes l'eussent rejoint. Après trois jours de marche, on atteignit la ville de Célonse (Holvan), située à quelques milles seulement

^) IsiDOR. Chârac, p. 248, éd. Miiller (Geogr, Minor.). Masson (Joiim.of the Asiat. Soc, XII [1850], p. 97) a suivi avec plus d'exactitude cet itinéraire, et MoRDTMANN (in Ber. der Mùnchener Akad., 1876, IV, p. 360 sqq.) en a fait le commentaire. Diodore (XVII, 110), qui donne des détails sur cette route (c'est ici que tombe dans Arrien la lacune avant VII, 13), laisse absolument de côté la marche de Suse à Opis, et raconte les choses comme si Alexandre avait pris directement de Suse la route de Médie»

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