‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 198 sur 231 · oL. cxiv, 1] eumène et héfuestion 70o · texte numérisé non relu

oL. cxiv, 1] eumène et héfuestion 70o

servait avec les tablettes et le stylet, en guise de lance et d'épéc, et qui, malgré ccla^ semblait avoir trop d'influence et trop de considération près du roi, était peu aimé des Macédoniens du camp, surtout d'IIépbestion, ce qui était bien naturel, eu égard au caractère du noble citoyen de Pella, que ses relations intimes avec Alexandre mettaient assez souvent en contact avec le scribe. Tout ce qu'on nous rapporte d'tléphestion nous est garant de ses sentiments nobles, chevaleresques et dévoués, de son afl'ection sans limites et réellement touchante envers le roi. Alexandre aimait en lui son camarade d'enfance ; toute la splendeur du Irône et de la gloire, tout le changement qui s'était produit dans sa vie extérieure et intime et qui avait éloigné de lui beaucoup de ceux en qui il avait mis une grande confiance, n'avaient pas pu troubler leurs relations de cœur; leur amitié avait conservé la douceur enthousiaste de la jeunesse, à laquelle tous deux appartenaient presque encore. On raconte qu'un jour Alexandre lisait une lettre de sa mère, pleine de ces reproches et de ces plaintes qu'il taisait volontiers à son ami, tandis qu'Héphestion, appuyé sur son épaule, lisait avec lui, et que le roi imprima alors le sceau de son anneau sur les lèvres de son favori^ ; ce tableau nous montre quelle idée on doit se faire de tous les deux.

Déjà, plus d'une fois, Héphestion et Eumène avaient eu des différends, et leur nmtuelle aversion n'avait pas besoin d'un bien grave sujet pour éclater en discordes nouvelles. Un présent qu'Héphestion venait précisément de recevoir du roi suffit pour exciter au plus haut point la jalousie du Gardien et pour amener un échange de paroles très vives, dans lequel tous deux oublièrent bien vite toute retenue et toute dignité. Alexandre mit fin à ce violent débat, donna un égal présent à Eumène, et, se tournant vers Héphestion, lui demanda d'un ton de reproche s'il n'avait pas plus de souci de lui-même et de sa dignité ; puis il exigea de cha-cun la promesse d'éviter à l'avenir toute querelle et de se réconcilier. Héphestion s'y refusa; il était victime d'un grave offense, et Alexandre eut de la peine

1) Plut., Alex. 39.

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à Tapaisor; mais à la lin, pour raniour du roi, il Icndil la main on sij^niî do roooncilialion '.

Aprôs cos ovononionls cl un sojour do lionLo jouis dans la vallée do Nysa, rarnioe se mit en route pour Kcbalanc et arriva dans cello grande ol riche cité vers la lin d'octobre'. Il esta regretter (]uc les textes anciens ne nous apprennent rien sur les dispositions, les fondations ot des mesures qui occupèrent spécialement l'activité du roi à Ecbatane^; ils nous représentent avec plus de détails les fêtes qui furent dormées dans la capitale de la Médie, notamment colles des Dionysies*.

Alexandre avait établi sa résidence au château royal. Ce château, monument du temps do la grandeur des Alèdos, occupait, au-dessous de la citadelle de la ville, un espace de sept stades : la splendeur de cet édifice avait quoique chose de féerique; toutes les boiseries étaient de cèdre et de cyprès; la charpente, les toits, les colonnes des portiques et celles des salles intérieures étaient revêtus de plaques d'or ou d'argent, des lames d'argent couvraient l'édifice. Le temple d'Anytis, dans le voisinage du palais, était orné de la même façon ; ses colonnes étaient couronnées de chapiteaux d'or ; son toit portait des tuiles d'or et d'argent \ Il est vrai que beaucoup de ces précieux ornements avaient été la proie de la cupidité de ces commandants macédoniens qui avaient fait tant de ravages en Médie; toutefois l'ensemble présentait encore un aspect d'une splendeur extraordinaire. Les environs delà résidence royale répondaient à sa magnificence : derrière le palais s'élevait la colline artihcielle dont la citadelle, qui était très forte, couronnait le sommet avec ses créneaux, ses tours et ses caveaux remplis de trésors; en avant, la ville immense couvrait un

^) C'est à peu près ce qui ressort du texte de Plutarque (Eumen., 2) et des deux'premières lignes qui suivent la lacune dans Arrien (VII, 13).

2) Les dates résultent des indications de Diodore (XVII, 110), qui compte une cinquantaine de jours pour la marche de Suse à Ecbatane.

3) Je suis persuadé que c'est ici qu'il faut placer le renseignement donné par Polybe (X, 4, 3), quand il dit que la Médie est remplie de quantité de villes grecques, par ordre du roi Alexandre.

^) Les auteurs ne disent pas, que je sache, à quelle époque se célébraient les Dionysies suivant l'usage macédonien.

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