‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 20 sur 231 · I, 1] THÈBES ET SPARTE · texte numérisé non relu

I, 1] THÈBES ET SPARTE

eux la démocratie et à rétablir l'ancienne autorité de Thëbes sur les Béotiens. Vienne maintenant Épaminondas, ce caractère noble, philosophique et libéral, qui porte gravée dans son esprit l'image brillante d'un grand avenir, va donner au mouvement son essor idéaliste. La garnison de la Cadmée est contrainte de se retirer; les villes de Béotie, dont la paix du Grand-Roi avait prescrit l'autonomie, sont de nouveau ramenées à la ligue béotienne ; Orchomène, Tanagra, les Platéens, les Thespiens, qui s'y refusaient, sont contraints à main armée ; leurs murailles sont détruites, leur communauté dissoute, leurs citoyens expulsés.

En vain les Spartiates cherchèrent à arrêter cet élan. Athènes se leva et intervint, à la suite d'une prompte résolution ; une flotte nouvelle, une symmachie nouvelle, mais qui cette fois portait la devise de l'autonomie, fit voir aux Spartiates le danger qui grossissait. Déjà Thèbes avait franchi les frontières de la Béotie : elle essayait de contraindre les Phocidiens à entrer dans la nouvelle ligue et s'alliait avec Jason dePhères,qui avait su arracher aux dynastesle gouvernement de la Thessalie et pensait à concentrer dans ses mains une puissance guerrière et durable. Les stratèges athéniens battirent la flotte de Sparte près de Naxos ; Thèbes, par la bataille de Leuctres, s'ouvrit le chemin du Péloponnèse, et dans cette contrée où ne régnait plus la crainte de Sparte commença une nouvelle et bruyante agitation. Sous la protection des armes victorieuses de Thèbes, le joug de l'oligarchie fut partout brisé ; l'autorité éparse dans les bourgades se réunit dans les villes en un faisceau commun ; les Messéniens asservis furent eux-mêmes délivrés et leur Etat restauré.

Athènes dut la victoire de Naxos à une mesure financière prompte et adroite, mais qui eut une grande influence à l'intérieur, où elle ne laissa plus guère subsister que la forme et l'apparence de la démocratie. Cette mesure consistait en ce que les plus riches bourgeois, taxés d'après un nouveau recensement, fournissaient l'argent nécessaire à l'armement d'une flotte et à une levée de mercenaires ; ils étaient divisés en plusieurs groupes, dans lesquels les plus riches faisaient les avances et assumaient la direction. Le dèmos^ auquel cette

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ploiilocralio ne coûtait rien, s'en montra satisfait, d'autant plus qu'à la suite de cette victoire de Naxos un créa une nouvelle ligue maritime dont il attendait puissance, argent et clérouchies. Les îles et les cités marilimes adhérèrent volontiers à cette ligue, qui leur promettait aide et protection et qui prenait expressément pour base l'autonomie telle que le Grand- Jloi l'avait imposée. Ainsi Athènes, halançanl entre Sparte dont la puissance baissait et l'hèbes qui montait, cherchait à restaurer sa prépondérance telle qu'elle avait été jadis. Elle ne tarda pas à l'imposer même par la force. Avant tout, il lui fallait rentrer en possession d'Amphipolis, qu'elle avait autrefois fondée et dont elle s'était servie pour établir sa domination sur les côtes de Thrace : aussi Athènes chercha-t-elle à atteindre ce but par tous les moyens, avec l'aide des princes de Thrace et des Macédoniens. Mais Amphipolis, soutenue par Olynthe, résista aux attaques multipliées des Athéniens.

Une quatrième puissance se mêla bientôt à cette lutte pour l'hégémonie de la Grèce. Les Thessaliens, d'après la coutume de leur pays, avaient confié la charge de Tagos, c'est-à-dire l'autorité de général, au puissant Jason de Phères. Ce dernier recruta partout des soldats, construisit des vaisseaux, mit sur pied une armée comme la Grèce n'en avait encore jamais vu ; puis il annonça que ses préparatifs étaient dirigés contre les Barbares de l'Orient et qu'il avait l'intention de traverser la mer pour aller combattre le roi des Perses. Déjà, comme pour donner une consécration religieuse à son entreprise, il partait en grande pompe pour se rendre aux fêtes pythiques de Delphes, lorsqu'il fut assassiné par sept jeunes conjurés que le monde hellénique célébra comme a tyrannicides )^ . Après de sanglantes discordes de famille, ce qui restait de la puissance de Jason tomba entre les mains de son gendre Alexandre de Phères, qui lui-même, une dizaine d'années après, tomba sous les coups de ses plus proches parents.

Thèbes ainsi délivrée du rival qui la menaçait par derrière, voyant Sparte abattue et frappée au cœur, songea à contrebalancer l'influence renaissante d'Athènes ; elle se construisit aussi une flotte et commença à faire sentir son action sur les mers. D'un autre côté, les Arcadiens, à peine délivrés et déjà

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