OL. (XIV, I ALEXANDUE ET LES ROMAINS
Gan2"amèlc, parce que jadis un des leurs avait combattu contre Xerxès à Salamine ? Que ce soit par hasard qu'on ne mentionne aucune ambassade de la part des Samnites, ou que ce peuple n'en ait réellement pas envoyé, le gouvernement avisé et perspicace des patriciens de Rome, lui qui, au cours de sa dangereuse lutte contre les Samnites, avait su gagner à sa cause les peuples habitant derrière eux, Lucaniens, Apuliens et autres, lui qui avait fait alliance avec le Molosse, pouvait bien, au moment où il songeait à assujettir les cités grecques de la Campanie, penser à s'assurer la faveur de celui dont il avait à craindre le veto. Il résulte d'un renseignement venu par une autre voie qu'Alexandre avait fait parvenir aux Romains des avertissements au sujet des Antiates, qui étaient devenus leurs sujets et qui continuaient, de concert avec les Étrusques, à faire le métier de corsaires ^
^) Que l'ambassade des Romains à Alexandre ait été surchargée d'amplifications dans les histoires d'Alexandre écrites plus tard par Aristos et Asclépiade (Arrian., VII, 15, 5), la chose est possible ; mais le fait que, au rapport de Pline [Hist. JS'ut., III, 9}, Clitarque [fiagm., 23) en a parlé est une attestation assez croyable de cet incident, car Clilarque écrivait à une époque où le nom des Romains ne sonnait pas encore bien haut. Aristote — abstraction faite d'un mot dit en passant à propos des plantes d'été {Be plant., I. 7, p. 281 b) — ne parle de Rome que dans un fra^^rment conserve par Plularque {CamilL, 22). Encore Plutarque ne le cile-t-il que pour le rectifier :
'Ap'.OTO'D.r,? 6£ To [xÈv aAcbvat tt,v tzoX'.v "j-o KsÀTtbv àxp'.où); or^.ô: sttiv av.r,y.owç, xbv oï <7a)<Tav-a AeOx'. ov stvai ^r^aiv — r;v ôéMdpxo:, o'j Aô-j-xioç o Kâaw.AOç : ce qui naturellement veut dire qu'Aristote a donné au sauveur de Rome un prénom inexact. Pline [H. y., III, 9) dit : Theophrastus — primus externorum aliqua de Romanis diligentius scripsif, nom Theoponipus, ante quem nemo mcntionem habuit, nrlem duntaxat a Gallis captam dicit, Clitarchus ab co proximus legationem tantum ad Alexandrum missam. Ces anciens auteurs ne savent rien du prétendu incendie de Rome. Quand Tile-Live (IX, 18) dit : Alexandrum ne fama quidem iUis notum fuisse avbitror, cette opinion n'a pas plus de valeur que le silence gardé sur cette députation par les
annalistes romains (où'tô tic Ptotiauov -J-tzIo --?,; Tipccrosiaç Ta-jTr.ç |xvr,iJ.r,v ETTO'.r.o-aTo
Tiva, Arrian., VU 15, 6). En tout cas, Vintevdictum mari Anfiati populo est, dans les stipulations du traité de 338 av. J.-C. (Liv.,VIII, 14' —cause assez différente de celles qu'on ht dans le dispositif rapporté un peu plus haut (Liv., VIII, 11) — ne prouve pas que le nom des pirates d'Antium ait depuis lors disparu des mers. En effet, l'expression de Tile-Live : Antium novacolonia missa.., navis inde longse abactae, intei'dictum mari Antiati populo est et cirifas data, offre, comme l'ont démontré Zoller et autres, quantité de méprises. Quand on voit, vingt ans plus tard, les Antiates se plaindre à Rome d'être sine legibus et sine magistratibus (Liv., IX, 20}, le fait prouve clairement que l'on n'a pas accordé la civifas aux Antiates en
1\\ ÉTRrSOI'KS KT (AHTITAGINOIS [IV, 3
Uno ambassade dos Ktrusquos sVxpliquo par los nombreux coiillils (jno b'iii's piraUîrics avaient suscités entre eux elles cités helléniques; dans ce moment mémir, b's Athéniens préparaienl une expédition pour fonder, à l'issue de la mer Adriatique, une colonie qui devait leur servir d'entrepôt et de place de commerce fortifiée, destinée à protéger dans ces eaux leur marine marchande * .
Les ambassades des Carthaj^inois, des Libyens et des Ibériens ne s'expliquent pas moins. La conquête de la IMiénicie par Alexandre devait engager Carthage, aussi bien que les autres colonies puniques dans l'Afrique septentrionale et en Ibérie, qui étaient encore en relation avec la mère patrie, à tourner leur attention d'une manière toute particulière vers le souverain du puissant empire dont ils avaient à redouter bien plus qu'une rivalité commerciale *. Les Carthaginois spécialement n'auront pas été sans remarquer ce que l'avenir pouvait leur réserver, eu égard à leurs relations précédentes avec le monde hellénique et au caractère guerrier du roi; les querelles qui n'avaient pas cessé depuis les conquêtes de Timoléon offraient un motif bien suffisant à une intervention qui pouvait avoir les plus graves résultats pour la république punique. Il était d'autant plus naturel qu'ils recherchassent l'amitié du puissant roi. En nous rapportant que les envoyés des Libyens arrivèrent avec des couronnes et des félicitations sur la con-
masse, ni le droit de s'inscrire comme colons : il indique, au contraire, que les deux parties composantes, la colonie romaine et le populus d'Antium, n'avaient ni droit commun ni magistrats communs.
*) D'après le décret rendu sur la proposition de Céphisophon (Bôckh, Seeurkunden, XIV a, avec le commentaire, p. 457 sqq.), cette expédition devait partir avant le 10 Munychion 01. CXIII, 4 (mai 324), et Miitiade du dème de Laciadae, devait en avoir le commandement. Cette tentative de colonisation elle-même a pu donner lieu de la part des Étrusques à des réclamations que l'ambassade était chargée de porter à Alexandre.
2) D'après Frontin {Strateg., I, 2, 3) les Carthaginois envoyèrent, cum (inimadvertissent Alexandri ita magnas opes ut Africœ qiioque immineret, unum ex civihiis, viriim acrem, nomine Hamilcarem Rodlnum (?) auprès d'Alexandre. Cet émissaire s'introduisit auprès du roi en se donnant comme un proscrit et gagna sa faveur, qua potitus consilia ejus nota suis civibus fecit. On voit par les renseignements détaillés de Justin (XXI, 6, 1) que ce « stratagème » est tiré de Trogue-Pompée.