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vint trouver le roi et combaLliL sa superstition par des raisons philosophiques' ; mais il est plus croyable qu'Alexandre, bientôt revenu de sa première impression, chercha à considérer cette circonstance comme trop insig-niliante pour motiver une plus grande perle de temps et un plus long détour, et qu'il craignit moins un danger éventuel que les suites d'un retard qui pouvait causer à Tarmée et au peuple de trop g-randes inquiétudes à son sujet, d'autant plus qu'il ne pouvait douter que les ChaldJ'ens n'eussent de puissantes raisons pour ne pas désirer sa présence à Babylone. Déjà, dans l'année 330, il avait donné l'ordre de relever le temple gigantesque de Bel, qui était en ruines depuis les temps de Xerxès ; la construction de ce temple était restée en suspens pendant son absence, et les Chaldéens avaient fait de leur mieux pour ne pas perdre les revenus des riches domaines affectés à Fenlretien de l'édifice. On comprenait par là pourquoi les astres interdisaient au roi l'entrée de Babylone, ou la lui rendaient aussi difficile que possible. Contrairement au conseil des Chaldéens, Alexandre s'avança du côté de l'est, à la tête de son armée, dans les quartiers orientaux de la ville. Les Babyloniens le reçurent avec joie, et célébrèrent son retour par des fêtes et des festins. Aristobule rapporte que, dans ce même temps, Pithagoras d'Amphipolis, qui appartenait à une famille sacerdotale et s'entendait à observer les entrailles des victimes, se trouvait à Babylone ; son frère Apollodore, stratège du pays depuis l'année 331, avait dû aller à la rencontre du roi avec les troupes de la satrapie lorsqu' Alexandre était revenu de l'Inde, et, comme les châtiments sévères qu'infligeait le roi aux satrapes coupables lui donnaient de l'inquiétude pour son propre avenir, il avait envoyé quelqu'un à Babylone, où son frère était resté, pour le prier d'examiner les victimes à son sujet. Pithagoras lui avait fait alors demander quelle était la personne
») Ce renseignement est fourni par Diodore (XVII, 112). Plutarque dit que le roi n'avait fait aucune aUenlion à i'averlissement des Chaldéens, mais qu'en approchant de l'enceinte, il avait vu se battre avec acharnement une quantité de corbeaux dont un certain nombre tombèrent morts à côté de lui. Justin dit que le fait est arrivé à Borsippa : cependant cette ville sainte était située sur la rive occidentale de l'Euphrate.
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(ju'il criiif^nait lo plus el à })roj)os de qui il voulait que l'on ronsuilAI. Sur hi réponse de son frère, qui nommait le roi et Uéplieslion, Pilhaj^oras avaitollert un sacrifice et, après avoir observé la victime, avait écrit à son frère à Ecbatane que bientôt llépbeslion ne lui ferait plus obstacle. Apollodore avait reçu cette lettre la veille de la mort d'IIéphestion. Pithagoras ollrit un second sacrifice au sujet d'Alexandre; il trouva les mêmes sii^nes et écrivit à son frère la même réponse. Apollodore, dit-on, vint lui-même trouver le roi, pour montrer que son dévouement était plus grand que le souci de son intérêt personnel; il lui parla de la prédiction au sujet d'IIéphestion et de son accomplissement, ajoutant que Pithagoras n'avait pas trouvé de signes plus heureux à propos de sa personne même, et qu'il devait mettre sa vie en sûreté et se garder des dangers qu'annonçaient les dieux. Une fois à Babylone, le roi fit venir Pithagoras et lui demanda quel était le signe qu'il avait vu, pour avoir écrit à son frère comme il l'avait fait. « Le foie de la victime était sans tête », répondit Pithagoras. Le roi remercia le devin de lui avoir dit la vérité ouvertement et sans dissimulation, puis le congédia en lui donnant toutes les marques de sa bienveillance. Cependant, la concordance de l'observation des victimes à la mode hellénique avec les avertissements des astrologues avait frappé le roi : il se sentait mal à Taise dans les murs de cette cité qu'il eût peutêtre mieux fait d'éviter; le séjour prolongé dans ces palais dont les dieux l'avaient averti en vain de se défier le rendait inquiet. Cependant il ne pouvait encore partir.
De nouvelles ambassades des pays helléniques étaient arrivées; il y avait également beaucoup de Macédoniens, aussi bien que des députations des ïhraces, des Illyriens et d'autres populations dépendantes, qui venaient, dit-on, porter des plaintes contre l'administrateur Antipater. Il parait qu'Antipater lui-même avait envoyé son fils Cassandre pour justifier ses actes. En envoyant son fils aine, l'administrateur voulait peut-être donner un nouveau gage de fidélité au roi, près duquel se trouvait déjà son fils lollas en qualité d'échanson, et, par les efforts de Cassandre, remettre sur un bon pied ses relations avec Alexandre, avant de se présenter lui-même à la