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cour, selon l'ordre qu'il avait reçu. Des historiens, qui à la vérité ne sont pas très dignes de foi \ rapportent qu'il y eut des scènes scandaleuses entre Cassandre et le roi.
On ne nous apprend rien de particulier en ce qui concerne les négociations des ambassades helléniques. Les afîaires privées et celles des localités avaient été réglées, la plupart au gré des parties, avec les ambassades qui s'étaient présentées peu de temps auparavant ; les représentations contre le rappel des bannis avaient été au contraire repoussées une fois pour toutes : il est donc vraisemblable que les ambassades qu'on envoyait maintenant n'avaient guère pour objet que de présenter des félicitations pour les victoires dans Flnde et le retour à Babylone, et d'offrir des couronnes d'or et des remerciements pour l'abrogation des sentences d'exil et autres bienfaits du roi. Alexandre^ leur témoigna sa gratitude par des honneurs et des présents, et renvoya en particulier aux Etats toutes les statues et offrandes sacrées, jadis enlevées parXerxès, qu'il put encore trouver à Pasargade, Suse, Babylone et autres lieux ^
L'expédition des affaires de la grande capitale dut également retarder le départ du roi; on nous rapporte du moins qu'Alexandre, après avoir visité les constructions qu'il avait donné l'ordre d'élever et après avoir vu que presque rien n'avait été fait, comme c'était particulièrement le cas pour la reconstruction du temple de Bel, ordonna de pousser les travaux avec la plus grande activité, et, comme les troupes étaient pour le moment sans occupation, il leur imposa la corvée du bâtiment. Vingt mille hommes travaillèrent ainsi pendant deux mois, rien que pour enlever complètement les ruines et déblayer le terrain; la suite des événements empêcha de commencer la construction proprement dite ^.
1) C'est ainsi qu'Arrien (VII, 27) qualifie ces bruits et toutes les conséquences qu'on y rattache. Le récit complet se trouve dans Plutarque {Alex., 74) et en partie dans Diodore (XVII, 118).
2) Plut., Alex., 74. Arrien (VII, 19) cite en particulier une Artérais Kelkœa (cf. C. I. Gr.ec, II, p. 47, n° 1947), et les images des héros Harmodios et Aristogiton, dont il a déjà mentionné antérieurement (III, 16, 7) le renvoi en usant d*une affirmation positive, tandis qu'ici il met un XéysTai.
9) Ahrian., VII, 17, 4. Strab., XVI, p. 738.
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Eiiliii AN'x;iihIi'(; jKnivail (jiiilter Hahylonc; la Hotte, sous lacoiiduilc de Néai'fjiic, riail sorlic du Tim»;, puis avait péné- Iré dans rKuplirad; eu passant par lo ^olfc Pcrsiquo, ot maintenant clic ('lait à l'ancre sous les murs de la capitale. Les vaisseaux étaient également ai rivés de Phénicie ; deux (luinquérèmes, trois (jnadririincs, douze trirèmes et trente navires ci trente rames avaient été transportés démontés par voie de terre des chantiers de la côte jusqu'à Thapsa(iue, où, après les avoir remontés, on leur avait fait descendre le fleuve. Le roi avait aussi ordonné de construire des vaisseaux à Babylone même, et à la lin, comme au loin dans toute la région il ne restait plus d'autres arbres que des palmiers, il avait fait couper les cyprès qui se trouvaient en abondance dans les jardins royaux de Babylone. De cette façon, la flotte se trouva bientôt portée à un effectif considérable, et, comme le fleuve ne présentait aucun endroit convenable pour un port, ordre fut donné de creuser, non loin de la résidence, un grand bassin qui devait offrir l'espace et les chantiers nécessaires pour mille vaisseaux. De Phénicie et de tout le reste du littoral arrivaient en foule à la capitale des matelots, des charpentiers, des négociants, de petits marchands venus pour profiter, sur l'invitation du roi et avec ses vaisseaux, de la nouvelle voie qui allait s'ouvrir au commerce, oupour s'engager sur la flotte pour la prochaine campagne. Pendant ces préparatifs, Miccalos de Clazomène fut envoyé en Phénicie et en Syrie, avec cinq cents talents, afin d'y enrôler autant de marins et d'habitants de la côte qu'il pourrait et de les amener sur le cours de l'Euphrate inférieur. Le plan du roi était de fonder des colonies sur les côtes du golfe Persique et dans les îles qui s'y trouvaient, afin de donner de l'essor au commerce dans les eaux du Sud et en même temps de protéger par là les côtes de l'Arabie. Alexandre connaissait les produits nombreux et particuliers de ce pays, et il espérait les faire entrer d'autant plus facilement dans le grand commerce que la côte de celte presqu'île est plus étendue et riche en ports. Le vaste désert qui va des frontières de l'Egypte jusque près de Thapsaque et de Babylone était traversé par des tribus de Bédouins qui inquiétaient assez souvent les frontières des satrapies voisines ainsi que