‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 206 sur 231 · OL. cxiv. 1| imiojkts si:r l'arahie · texte numérisé non relu

OL. cxiv. 1| imiojkts si:r l'arahie

les routes de terre; si on les assujettissait, non seulement on assurait la sécurité des frontières et des routes, mais encore on gagnait une voie de communication beaucoup plus courte entre Babylone et l'Egypte; il fallait donc avant tout s'emparer de l'Arabie Pétrée et des pointes septentrionales de la mer Rouge, coloniser ces régions et rattacher sur ces points les routes de terre qui traversent l'Arabie à la route de mer qui contournerait la presqu'île, route dont la découverte devait être le but de la prochaine expédition ^

Déjà Ton avait envoyé en mer trois vaisseaux, en leur faisant descendre le fleuve. Archias revint bientôt avec son navire à trente rames ; il avait trouvé une île au sud de l'embouchure de l'Euphrate-. 11 annonça qu'elle était peu étendue,

*) On a soutenu récemment, avec des arguments sérieux, que la description de Babylone dans Diodore (It, 7 sqq.) est tirée de Clitarque, et la thèse est fort plausible. Il est à peu près certain qu'au temps d'Alexandre, la ville conservait encore pour ainsi dire intacts ses édifices, son système de canaux et les travaux hydrauliques exécutés sur TEuphrate jusqu'à Sippara et audessus. On se servait depuis Nabuchodonosor des quatre grands canaux qui vont rejoindre le Tigre entre Babylone et Sippara, du grand bassin creusé près de Sippara sur la rive gauche de i'Euphrate pour régler les crues du fleuve, des deux grands canaux de la rive droite, le Naarsane qui se raccordait en amont de Babylone, et le Pallacopas, dérivé du fleuve à 800 stades au-dessous. Le fait que des navires à quatre et cinq rangs de rames ont pu descendre I'Euphrate de Thapsaque à Babylone, le voyage de Néarqne qui remonte i'Euphrate avec la flotte jusqu'à Babylone, celui des trirèmes qui passent de I'Euphrate dans le Tigre (par le Canal-Royal), tout cela montre que le grand système de canalisation auquel la région babylonienne devait en grande partie son commerce, sa fertilité, ses habitants, n'était pas délabré encore. C'est précisément ce qui explique la valeur des travaux supplémentaires faits par Alexandre. Il ordonna le creusement d'un deuxième grand bassin dans le voisinage de Babylone, avec des abris pour mille grands navires (Arrian., Vil, 19, 4) : il fit changer l'endroit où le Pallacopas était dérivé du fleuve, parcs que le raccord, tel qu'il existait jusqu'alors, se trouvant en un lieu où la rive était basse et marécageuse, ne permettait qu'une clôture insuffisante, et, lors des crues, exposait la contrée située derrière à de grandes inondations. Alexandre trouva à un mille plus loin, sur la rive droite du fleuve, un endroit propre utio cj-£ppÔTr,To;xr,? yriç à former une digue solide. Petermann, dans son voyage de Babylone à Souq-es-Schiouch, a vu une berge de celte nature, «haute et argileuse », à Samvat, un endroit assez remarquable par lui-même et qui justifie parfaitement l'établissement de l'Alexandrie que le roi y fonda (Arrian., VII, 21, 7).

-) Évidemment, comme le remarque Mannert, Arrien se trompe sur la distance de celte îie aux bouches de I'Euphrate : au moins Strabon (XVI, p. 765) est parfaitement clair.

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Iri's Ixiisj'u) el lhil)iU'!(i ji;ir un jm'IiI pciiph; paciliquo (jui vciiol'ail Ai'lriiiis cl laissail [laîlrc Irainjiiillciiicnl en son honneur les cerfs ol les chèvres sauvages de l'île; (|ii'('lle était située dans le voisinag"e du ^oUV de la s ille(leGerra,'d'oii partent les grandes roules qui conduisent dans l'intérieur de l'Arabie, à la nier Houge et à la Méditerranée, et dont les habitants étaient cités comme des commerçants riches et industrieux. Alexandre eut l'idée assez bizarre de donner à cette île le nom de cet Icare qui osa diriger son vol hardi jusque dans le voisinage du soleil et fut puni de son audace par une mort prématurée au milieu des flots. Archias annonça encore qu'en s'éloignant de cette île d'Icare, dans la direction du sud-est, il avaittrouvé une seconde île que les habitants appelaient Tylos' ; qu'elle était grande, ni pierreuse ni boisée, propre à l'agriculture, et que c'était une heureuse île ; il aurait pu ajouter qu'elle était située au milieu d'un inépuisable banc de perles dont on avait déjà beaucoup parlé parmi les Macédoniens. Bientôt après arriva le second vaisseau, qu'Androsthène avait commandé ; il avait gouverné tout près de la terre et observé une grande partie de la côte d'Arabie. Le navire que conduisait le pilote Iliéron de Soles était^ parmi les vaisseaux qu'on avait envoyés, celui qui était allé le plus loin ; il avait reçu l'ordre de contourner toute la péninsule d'Arabie, afin de chercher un passage pour pénétrer dans le golfe qui s'avance au nord jusqu'à quelques milles seulement d'Héroonpolis en Egypte ; toutefois, après avoir descendu une grande partie de la côte arabique, Iliéron n'avait pas osé aller plus loin. Il apportait la nouvelle que la grandeur de la presqu'île était extraordinaire et pouvait bien égaler celle de l'Inde, qu'il s'était avancé vers le sud jusqu'à un promontoire qui s'étendait au loin dans la pleine mer, du côté de l'est, et enfin que lescôtes sablonneuses, nues et désertes, pouvaient rendre fort difficile une navigation poussée plus loin^.

*; D'après Strabon (XVI, p. 766), Tylos ou Tyros se trouvait à une journée de marche du promontoire Macéta, à dix jours de Térédon (Diridotis) et de l'embouchure de l'Euphrate : il est vrai qu'il n'y a pas là d'île qu'on puisse appeler grande.

-j Maninert a déjà reconnu ce promontoire dans le Corondanum de Pto-

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