‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 207 sur 231 · OL. cxiv, 1] kxcursion sur l'eupurate · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 1] kxcursion sur l'eupurate

Pendant qu'on poussait activement les constructions à Babylone et dans les environs, les travaux dans les chantiers nautiques, le creusement du bassin qui devait servir de port, le déblaiement de la tour de Bel, l'édifice grandiose d'un bûcher pour llcphestion, Alexandre descendit FEuphrate avec quelques navires, pour visiter les grands travaux d'endiguemcnt exécutés sur le Pallacopas \ Ce canal, creusé à une vingtaine de milles en aval de Babylone, sort de FEuphrate dans la direction ouest et se termine dans un lac qui, alimenté d'eau par le fleuve, se continue vers le sud, le long des frontières de FArabie^ en formant une suite de marais, jusque dans le golfe Persique. Le canal est d'une importance incalculable pour la contrée ; lorsqu'au printemps les eaux du fleuve commencent à grossir, et que la neige des montagnes d'Arménie fondant sous le soleil de Fêté se déverse en torrents toujours plus abondants et plus impétueux, toute la contrée serait exposée aux inondations si le fleuve ne pouvait écouler ses eaux par les canaux et particulièrement par le Pallacopas, qui tout à la fois protège alors le bassin de FEuphrate et porte jusque dans des régions très éloignées du fleuve le bienfait d'une abondante irrigation ; mais lorsqu'à l'automne FEuphrate diminue, il est nécessaire de fermer promptement le canal, car autrement le fleuve prendrait cette voie, qui est plus courte, pour déverser ses eaux et abandonnerait son lit. Ce qui rendis travail plus difficile, c'est que, sur le point où commence le canal, le sol delà berge est sans consistance, de sorte que les terrassements demandent une peine infinie et ne présentent pas encore une résistance suffisante à la force du courant ; de plus, lors des crues, les digues du canal sont con-

lémée, le Kouriat ou Ras Akanis moderne, et il semble bien qu'Onésicrits s'est trompé en le prenant pour cette langue de terre (Macéta) que l'on avait aperçue à l'ouest dans la traversée de l'Inde àl'Euphrate.

^) Ce canal, dont Strabon ne donne pas le nom, bien qu'il parle des travaux exécutés sur son parcours^ paraît être signalé par Kdrisi (p. 304) quand il dit : u A partir du château d'Ebn-Hobaira, FEuphrate se déverse sur la région de Koufa, où le trop-plein de ses eaux se rassemble dans un lac ?^. Ce lac de Koumyah, qui n'était pas encore à sec au commencement du xvu* siècle, est indiqué assez exactement sur la carte de Babylonie par Rennell.

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liiniclh'incnl exposées au danger d'cMre emportées loiiL ù fait, et il faut un travail immense pour les rétablir lorsqu'arrive le temps (le fermer le canal. Dix mille hommes étaient occupés à ces (ligues depuis trois mois, sous les ordres du satrape de Babylone : Alexandre descendit le lleuvc pour visiter les travaux ; il désirait trouver quelque remède à ces inconvénients, et il descendit plus avant afm d'explorerla rive. Aune lieue en aval de l'amorce du canal, il trouva une berge solide, qui répondait à tout ce qu'on pouvait espérer : il donna l'ordre de percer un canal sur ce point et de rejoindre, en suivant la direction du nord-ouest, l'ancien lit du Pallacopas, dont l'ouverture devait être pourvue d'une digue fixe et comblée pour toujours ; de cette manière, il espérait qu'il serait aussi facile de fermer la dérivation de l'Euphrate pendant l'automne que de la rouvrir au printemps. Pour mieux s'assurer de la nature de cette contrée du côté de l'ouest, il revint au Pallacopas et le suivit jusque dans le lac et le long des frontières de l'Arabie. La beauté des rives, et plus encore l'importance de la position, le déterminèrent à y fonder une ville \ qui ouvrirait la route de l'Arabie, en même temps qu'elle protégerait la Babylonie contre les surprises des Bédouins puisque plus loin, au sud, le lac et les marais couvrent le bassin du fleuve jusqu'au golfe. La construction de la ville et des fortifications fut aussitôt commencée, et on y établit des mercenaires grecs, partie vétérans et partie volontaires.

Pendant ce temps, on avait achevé à Babylone la construction du bûcher pour Héphestion ; les grands jeux funèbres en sa mémoire allaient commencer : cette circonstance ainsi que l'arrivée des nouvelles troupes rendaient nécessaire le retour du roi dans la capitale. Alexandre hésita d'autant moins à revenir^ nous dit-on, que l'inanité des prédictions chaldéennes semblait avoir été démontrée par le séjour, assez court, il est vrai, qu'il venait de faire à Babylone. On se mit donc en route

*) Cette ville, qui reçut le nom d'Alexandrie, devait se trouver à 'peu près à la place du Mesjid-Ali (Hira) actuel. Mignan, allant de Bagdad aux ruines de Babylone, a trouvé le long d'un canal des ruines qui portaient également le nom d'Iskanderieh : les auteurs anciens ne connaissent pas d'Alexandrie dans cette région.

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