‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 208 sur 231 · OL. cxiv, 1] retour a babylone 72o · texte numérisé non relu

OL. cxiv, 1] retour a babylone 72o

pour le retour ; on devait visiter, en passant, les tombeaux des anciens rois de Babylone, qui étaient construits dans les marais. Alexandre tenait lui-même la barre de son vaisseau et le dirigeait à travers ces eaux dont le peu de profondeur et les roseaux rendaient la navigation difficile. Soudain, un coup de vent enleva de sa tête la causia royale, qu'il portait selon l'usage macédonien ; tandis que le diadème se détachait de la coifTure et qu'emporté par le vent dans les roseaux il restait suspendu à un ancien tombeau royal, la causia elle-même s'enfonça et ne fut pas retrouvée. Un matelot pbénicien, qui se trouvait sur le vaisseau, se jeta à la nage pour aller chercher le diadème et se l'attacha autour des tempes, afm de pouvoir nager plus facilement. Le diadème sur la tête d'un étranger I Quel funeste pronostic I Les devins que le roi avait toujours auprès de lui le supplièrent de conjurer le signe et de faire décapiter le malheureux matelot. Alexandre, dit-on, lit châtier cet homme pour avoir manqué de respect envers le diadème du roi, en le mettant sur son front, et lui fit présent d'un talent pour la promptitude et la hardiesse qu'il avait mise à rapporter le signe de la royauté \

De retour à Babylone, Alexandre trouva les nouvelles troupes qu'il attendait. Peucestas, satrape de Perse, avait amené 20,000 Perses, et de plus un nombre considérable de Cosséens et de Tapuriens, qui comptent parmi les races les plus belliqueuses de ce pays. Philoxénos était arrivé de Carie avec une armée ; Ménandre en avait ramené une seconde de Lydie-; Ménidas était de retour avec les cavaliers de Macé-

*) Tel est le récit d'Aristobule dans Arrien (VII, 22]; d'autres auteurs disent que le matelot fut exécuté ; d'autres encore, que Séleucos était allé chercher le diadème et l'avait noué autour de ses tempes pour le rapporter à la nage, signe évident de la puissance que lui réservait le destin.

2) Ménandre est le satrape mentionné ci-dessus (p. 325) ; l'inscription datée par son nom que donne le C. I. Gr.ec. (II, n° 3561) se trouve maintenant plus correcte et plus complète dans le Bulletin de correspondance hellénique, 1877, I, p. o4r. Le début est rédigé comme suit : 0sôç- --j^yj àya^iy BacT'.AcûovTo; 'A).E|âvopo'J ï-f. ÈvccxocTO), Môvâvopo'J aa-rpaTTS'jovTor, zrX TrpuTâv.o; 'Icrayopo-j, etc. Il s'agit d'un terrain non planté ^yr.v^'./.r.v iypov) voisin d'un terrain planté appartenant à Crateuas, que celui-ci abandonne à Aristomène. La onzième année du règne d'Alexandre fmit en automne 325 ; c'est au moins un an plus tard que le satrape a dû partir pour Babylone avec les troupes qu'il y conduisait.

721) ni^;onr.AMS\Ti(>.N dk f/ahmkI': [IV, ,'j

(luine (ju'il (lovail amcnor'. Le roi reçut les troupes perses surh^ul avec une grande joie ; il félicita le satrape de leur excclleiile tenue, et lessoldiits de l'empressement avec lequel ils avaient répondu à l'appel du satrape.

Une innovation des plus remai'quables, ce sont les nouveaux cadres qu'il donna à son infanterie, ou du moins à une partie do son infanterie, lors de l'arrivée de ces soldats asiatiques. Jusque-là, il n'y avait pas eu dans l'armée macédonienne de corps formé d'armes combinées, rien qui ressemblât à une armée en petit; lorsque l'infanterie et la cavalerie, les troupes légères et pesantes, avaient été employées ensemble et à côté les unes des autres, ainsi que cela s'était vu presque dans cbaque action, elles n'étaient combinées que pour ce cas et restaient des armes séparées. La nouvelle réforme mit de côté ce qui jusqu'alors avait été le caractère de la phalange ; elle créa une combinaison de troupes pesantes, de peltastes et de troupes légères, d'oi^i résulta une forme tactique entièrement nouvelle. Chaque régiment de phalange s'était composé jusqu'alors de seize rangs d'hoplites ; désormais le corps fut formé de telle sorte que le décadm^que qui le commandait, et qui était un Macédonien, fût placé dans le premier rang ; au second rang, un Macédonien à double solde [lv^.z\^^.r^q) ; un vétéran macédonien (osy.aaiaTr^po;) '^ dans le troisième, et un

*) C'est au printemps de 327 qu'Alexandre, étant à Nautaca, a envoyé Ménidas, Epocillos et Sopolis è; Maxeoovîav, Tr,v c-xpaxtàv Tr,v Ix Mav.sôovtaç auTfo àvd^ovTaç (Arrtan., IV, 18, 3. Cf. ci-dessus, p. 475). L'expression d'Arrien (VII, 23, 1) : xa\ Msvîôa; xouç iTiTréa; aytov xoù; a-JTw ^uvi:a-/OsvTaç, fait supposer que JNIénidas rejoint seulement alors l'armée mobilisée.

2) L'opinion que Bôckh {StucUshaushaltung , P, p. 380) expose relativement au ôey-ao-xâTr^poç et au montant de la solde dans l'armée macédonienne se fonde sur une hypothèse peu solide, à savoir qu'au temps d'Alexandre on appelait déjà st'atère le tétradrachme. On arrive à éclaircir un peu la question en combinant les quahficatifs employés par Arrien (oExa^Tâx-zipoç- 6i[xoipÎT-oç, etc.) avec les indications de Diodore (XVII, 64) et de Q. Curce (V, 1, 45). D'après ces auteurs, les gratifications accordées à l'armée après son entrée à Babylone, en automne 331, furent réparties de façon que Ton donna :

à chaque cavalier macédonien. . G mines = 600 drachmes ; au cavalier des contingents alliés. 5 — =500 —

- au phalangitG 2 — ~ 200 —

au ^svo; 2 mois de solde.

Naturellement, cette liste n'est pas complète, car il y avait dans la cavalerie,

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