OL. cxiv, 1] la nouvelu: phalange
autre semblable, en qualité de « cbef de queue » (ojpavcç), dans lo seizième ; les rangs intermédiaires de 4 à 13 étaient formés par des Perses, en partie aconlistes armés du javelot à courroie, et en partie archers \ Ainsi incorporés, ces 20,000 Perses amenés à Babylone constituèrent, avec les Macédoniens parmi
outre les Macédoniens et les alliés, des mercenaires, comme dans l'infanterie il y avait, outre les phalangites et les ^Ivot, des hypaspistes et des alliés, sans compter les Thraces, les Agrianes. les archers. Arrien (VII, 23, 3) dit que les décastatèrcs sont ainsi appelés à cause de leur solde, qui est inférieure à celle des dimœrites et plus élevée que celle des simples soldats (tcôv oOx £v Tt[x-7; aTpaxsuofxÉvœv). Par conséquent, ceux qui touchent la solde de 10 statères sont entre les dimœrites et les phalangites. Peut-être faut-il admettre que, dans le tableau ci-dessus, les chiffres alloués aux trois premières classes correspondent aussi, comme pour la quatrième, à deux mois de solde. D'autre part, on sait qu'à Athènes, en 328, l'orateur Lycurgue acheta de l'or avec de l'argent au taux de 1 : Il i/2 (voy. ci-dessus, p. 155, 1). Les statères d'Alexandre sont établis sur le rapport de 1 : 12. Le statère contient 8 gr. 64 d'or et vaut, au tarif de 1 : 12, 103 gr. 68 d'argent, soit 24 drachmes à 4 gr. 25. D'après ce calcul, la solde mensuelle serait : pour le cavalier macédonien. 300 drachmes = 12 1/2 statères. pour le cavalier allié .... 250 — =10 5/12 —
pourle pézéta^re ou phalangite 100 — = 4 1/6 — et, en appliquant la même proportion que dans la cavalerie,
pour le Efvoç, environ 84 — =3 1/2 —
Mais nous savons qu'ordinairement (et déjà dans Thucydide) on compte autant pour le aXzoç que pour le [xtaOo; : par conséquent,
le cavalier macédonien touche 25 statères;
le cavalier allié — 20 5/6 —
le pézétaere — 8 1/3 —
le ^fvo; — 7 —
La conclusion est que, dans la phalange, le dimœrite touchait 17 statères et que le décastatère, avec ses 10 statères par mois, se trouvait dépasser de 1 2/3 la solde du simple phalangite.
1) D'après Arrien (VII, 23, 1), ce sont 20,000 Perses, plus des Tapuriens et Cosséens, qui sont ainsi enrégimentés, et il ne faut pas les confondre avec les 30,000 Asiatiques i(ARRiA.\., VII, 6, 1) qui sont armés à la façon macédonienne. Les indications d'Arrien sur cette nouvelle organisation sont brèves, mais d'un connaisseur. Il est vrai que bien des questions restent sans réponse. On arrive au chiffre de 26,664 sans compter les Cosséens et Tapuriens. Si, comme on est fondé à le croire, l'unité fondamentale était dans l'infanterie macédonienne, le bataillon (Xo'/o?) de 500 hommes (31 hommes de front), et si quatre de ces bataillons formaient un régiment (lâ^t;), on détermine sans peine les intervalles qui étaient nécessaires pour pouvoir mettre en ligne les rangs du milieu. Seulement, il manque alors un équivalent pour ce que la disposition romaine par manipules permet de faire dans le déploiement « en échelon ». Toute cette question mériterait d'être discutée par des gens du métier.
72S J,A NOCVKI.LK IMIAI.ANC.I-: [IV, 3
Icsijiifls un les (lissrniina, un corps qui montait hirgcmenl à 20, 000 hommes, dédiirtion faite des marujui'ments inévilal)Ies, r'ost-à-dire environ douze régiments de 12') hommes de front chacun. Avec cotte organisation, on conscivait la marche en masse compacte; puis, pour le comhat, la [)halangc se décomposait en trois hataillons : les archers se déployaient, à droite et à gauche, h travers les intervalles pour la première attaque à distance, puis venaient les aconlistes; les trois premiers rangs et le dernier restaient comme triaires, ou plutôt comme soutien, et, lorsque les archers et les acontisles, après leur combat de tirailleurs, se replaçaient à leur rang en rentrant par les intervalles, le tout se précipitait en masse compacte sur l'ennemi déjà ébranlé. La nouvelle tactique réunissait tous les avantages de la légion italique et de son système de manipules avec les avantages essentiels de l'ancienne phalange, l'efTet du choc en masse et la mobilité ; les troupes légères entraient rapidement en ligne pour arrêter l'attaque de l'ennemi et se trouvaient à couvert pendant le combat corps à corps. Quant aux phalanges, elles étaient toujours des forteresses mobiles, mais construites de telle sorte qu'elles permettaient les sorties des troupes légères contenues dans leurs flancs, et par là commandaient un rayon plus vaste, aussi loin que pouvaient porter les traits lancés par ces troupes dans leur mouvement d'expansion.
Cette nouvelle organisation, qui paraît avoir eu pour modèle celle des peuples de l'Italie \ devait déjà par elle-même attirer l'attention; de plus, le bruit courait que l'ordre de préparer d'innombrables vaisseaux avait été envoyé dans les provinces delaMéditerranée ; on parlait de campagnes en Italie, en Sicile, en Ibérie, en Afrique. Pendant que la flotte devait s'avancer par mer vers les côtes de l'Arabie, il semble en effet que l'armée de terre devait marcher vers l'ouest par l'Arabie ou par quelque autre chemin, pour soumettre les Barbares de l'Occi-
*) On peut bien admettre qu'Alexandre a eu connaissance de la légion romaine ; depuis le Spartiate Archidamos et Alexandre le Molosse, l'organisation militaire de l'Italie avait assez d'importance aux yeux des tacticiens du monde hellénique pour être étudiée de près par eux.