‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 212 sur 231 · OL cxiv, IJ maladie d'alkxandke · texte numérisé non relu

OL cxiv, IJ maladie d'alkxandke

fièvre cxtraordiiiairement intense; il dut se faire transporter sur son lit à l'autel, afin d'olFrir le sacrifice du malin, comme il avait coutume de le faire chaque jour. Il s'étendit ensuite sur le lit de repos dans la salle des hommes, fit venir le commandant près de lui et lui donna les ordres nécessaires pour le départ : Farmée de terre devait se mettre en campagne le 22, et la flotte, avec laquelle il comptait lui-même faire la traversée, devait partir le jour suivant. Vers le soir, il se fit porter sur son lit de repos au bord de l'Euphrate, puis sur un vaisseau qui le conduisit aux jardins de la rive opposée : là il prit un bain ; les frissons de la fièvre ne le quittèrent pas de la nuit.

Le matin du 20 Dsesios, après le bain et le sacrifice, le roi fît appeler Néarque et les autres officiers de la flotte, et leur déclara que le départ devait être retardé d'un jour à cause de sa maladie, mais qu'il espérait bien être suffisamment rétabli, d'ici là, pour pouvoir monter sur son vaisseau le 23. Il resta dans la salle de bain ; Néarque dut se mettre à son chevet et lui raconter sa navigation sur l'Océan. Alexandre écoutait avec attention et se réjouissait de pouvoir bientôt affronter lui-même de semblables dangers. Cependant son état s'aggravait; la fièvre devenait plus intense : il convoqua toutefois les officiers de la flotte, le 21 au matin, après le bain et le sacrifice^ et donna Tordre de tenir tout préparé pour le recevoir le 23 sur son vaisseau et pour partir. Après le bain du soir, il fut pris de nouveaux frissons de fièvre encore plus violents; les forces du roi diminuaient visiblement; la nuit suivante fut sans sommeil et pleine de souffrances. Malgré une fièvre des plus ardentes, Alexandre se fit porter le lendemain matin devant le grand bassin et offrit avec peine son sacrifice ; puis il convoqua les officiers, donna encore quelques ordres au sujet du départ de la flotte, s'entretint avec les stratèges sur les nominations à quelques places d'officiers et les chargea de choisir eux-mêmes les titulaires, en leur recommandant d'être sévères dans leur choix.

Le 23 arriva; le roi était étendu sur son lit et fort malade: il se fit cependant porter à l'autel et offrit son sacrifice; il ordonna que les stratèges se réunissent dans le vestibule du

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chAleau cl (]iic los cliiliarques et ponlacosiarqiios ciissoiiL à rester assemblés clans la cour; il s(; (il ensuite reporter des jardins dans le cliAleaii. A chaque instant ses forces diminuaient ; cependant, lorsque les stratèges entrèrent, il les reconnut encore, mais il ne pouvait plus parler. Pendant la nuil, le lendemain et la nuit suivante, la lièvre continua; ie roi avait perdu Tusag-e de la parole.

La nouvelle de la maladie du roi s'était répandue dans l'armée et dans la ville; les rapports qu'on nous fait sur l'impression qu'elle produisit sont assez croyables. Les Macédoniens se pressaient autour du château; ils demandaient à voir le roi; ils craignaient qu'il ne fut déjà mort et qu'on le leur cachât, et n'eurent pas de repos qu'ils n'eussent obtenu par leurs cris, leurs instances et leurs prières, qu'on leur ouvrît les portes. Les uns après les autres, ils défilèrent devant la couche du roi^ qui, soulevant péniblement sa tète, faisait avec les yeux un signe d'adieu à ses vétérans. Ce même jour — c'était le 27 Daesios — Pithon, Peucestas, Séleucos et quelques autres allèrent au temple de Sarapis et demandèrent au dieu si le roi ne se trouverait pas mieux en se faisant porter dans le temple et adressant au dieu sa prière; ils reçurent cette réponse : « Ne l'amenez pas : s'il reste où il est, il sera bientôt mieux». Le lendemain, 28 Dœsios, vers le soir, Alexandre mourait.

Nous avons encore beaucoup d'autres traditions concernant les événements de ces derniers jours, mais elles sont peu dignes de foi, et bon nombre ont été visiblement fabriquées à l'appui d'un parti pris, pour ou contre. Par exemple, aucun rapport authentique n'établit qu'Alexandre, sur son lit de mort, ait décidé la moindre chose, par signe ou par paroles, relativement à la succession au trône, à la forme de gouvernement et aux mesures qu'il serait bientôt nécessaire de prendre. S'il ne le fit pas, c'est qu'il n'avait déjà plus la lucidité et l'énergie d'esprit suffisantes pour comprendre l'effet qu'allait produire sa mort, quand il la sentit approcher. Cet adieu muet qu'il adressa à ses Macédoniens doit avoir été le dernier effort, déjà à demi conscient seulement, de sa connaissance qui s'éteignait, et l'agonie qui suivit dut voiler à ses yeux mourants le

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